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Coup d’envoi de la marche de la guérison à Mashteuiatsh

Des gens défilant dans la rue.

La marche de la guérison de 275 km entre Mashteuiatsh et Québec a débuté dans les rues de Mashteuiatsh.

Photo : Jean-Simon Gagné-Nepton

La marche de la guérison de 275 km entre Mashteuiatsh et Québec a fait ses premiers pas jeudi matin à Mashteuiatsh. Le cortège composé de 13 personnes arrivera à destination le 27 juillet en prévision de la visite du pape François dans la Vieille Capitale.

Ce n'est pas un hasard si la marche débute à Mashteuiatsh, selon Jay Launière-Mathias (qui est également chroniqueur à Espaces autochtones, NDLR), instigateur de la marche et directeur général de l'organisme Puamun Meshkenu (le chemin des mille rêves en français).

Mashteuiatsh a accueilli le dernier pensionnat à avoir fermé ses portes au Québec en 1991. Il y a pour nous une grande signification entre partir du dernier pensionnat et se rendre à la rencontre du pape lorsqu'il arrivera sur nos terres, dit Jay Launière-Mathias.

La conférence de presse de la marche de la guérison.

Jay Launière-Mathias (à gauche) en compagnie du chef de Pekuakamiulnuatsh Takuhikan, Gilbert Dominique (à droite)

Photo : Jean-Simon Gagné-Nepton

Le chef de la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh Gilbert Dominique, qui est lui-même un survivant du pensionnat de Fort George à la baie James, constate que le pensionnat qui a existé dans la communauté a engendré avec les années beaucoup de détresse à Mashteuiatsh et chez les familles d'autres communautés qui ont fréquenté cet établissement. Le choix de notre communauté comme lieu de départ de la marche est intéressant, voire important pour nous [étant donné notre passé], explique le chef Dominique.

Après la présentation des marcheurs et une cérémonie de guérison qui se sont tenues au site de transmission culturelle uashassihtsh, les Pekuakamiulnuatsh étaient conviés à prendre part à la marche jusqu'aux limites de la communauté en compagnie des treize participants.

Thelesh Bégin, grand-mère de Jay Launière-Mathias, a souhaité entamer la marche avec son petit-fils. La principale inspiration de cette marche est la guérison et le pardon. La visite du pape est pour elle un évènement important sur la voie de la guérison.

C'est très important pour nous et pour les autres peuples autochtones qui ont été pensionnaires. Le pardon du pape, ça me touche beaucoup. Entendre un pardon de notre Saint-Père, c'est très significatif pour guérir, pour aller de l'avant et pour garder notre culture, notre langue et notre spiritualité. Les gens des communautés sont des gens croyants, dit Thelesh Bégin.

Thelesh Bégin devant le Pekuakami (lac Saint-Jean).

Thelesh Bégin, Ilnue de Mashteuiatsh et survivante des pensionnats pour Autochtones

Photo : Jean-Simon Gagné-Nepton

Les slogans scandés rappelaient que les survivants des pensionnats pour Autochtones sont la raison de cette marche de 275 km.

Il y a beaucoup d'engouement pour la visite du pape. Il y a toutefois très peu de visibilité pour les initiatives autochtones. Avec la marche, on veut ramener à l'essentiel les raisons de la venue du pape. Il vient pour présenter ses excuses aux anciens pensionnaires et reconnaître les gestes posés par le passé, explique Jay Launière-Mathias.

Avec la visite du pape, ce sont des temps qui sont émotionnellement très forts pour les survivants. Ça ravive des blessures pas complètement fermées. Nous voulons nous rassembler autour d'eux pour leur faire savoir qu'on est avec eux, qu'on les épaule dans un esprit collectif, ajoute Jay Launière-Mathias.

Réunir les communautés

Avant d'entamer la dernière étape vers les plaines d'Abraham à Québec, le cortège fera une halte à Wendake. C'est important pour nous de passer par Wendake, puisqu'il s'agit de la seule communauté située sur notre parcours, explique M. Launière-Mathias. Ça leur fait plaisir de nous accueillir, dit-il.

Les récents évènements liés au conflit territorial entre la Nation Huronne-Wendat et les Pekuakamiulnuatsh ne changent en rien la nature de cette marche qui se veut rassembleuse.

Je laisse la politique aux politiciens. Les guerres politiques, c'est une chose. Ce que les gens pensent dans les communautés, ça peut être différent du message politique qui est envoyé. Là, c'est une belle opportunité de démontrer que, pour des projets rassembleurs comme notre marche, on peut travailler ensemble et se serrer les coudes. Il y a peut-être des conflits au niveau du politique, mais les gens dans les communautés sont capables de s'entendre, comme en ce moment, explique le directeur général de Puamun Meshkenu.

Des gens manifestant sur la rue à Mashteuiatsh.

Des membres de la Première Nation se sont joints aux 13 marcheurs jusqu'aux limites de la communauté.

Photo : Jean-Simon Gagné-Nepton

La marche réunit par ailleurs des personnes de profils, d'âges et d'origines divers. On a une représentation d'environ cinq nations différentes. Le plus jeune marcheur est âgé de 17 ans, tandis que la plus âgée est dans la cinquantaine, dit M. Launière-Mathias.

Pour le chef de Mashteuiatsh Gilbert Dominique, cette initiative met en lumière les effets des pensionnats dans l'histoire des Premières Nations. Il existe en ce sens une grande solidarité entre l'ensemble des Premières Nations, selon Gilbert Dominique.

On ne peut pas être opposé à ce genre d'initiative humaine, dit le chef Dominique.

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