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Air Creebec célèbre ses 40 ans

Un homme, les bras ouverts, sourit devant un petit avion orange.

Le grand chef cri Billy Diamond devant un des premiers avions d'Air Creebec, un Twin Otter, le 13 avril 1989.

Photo : Getty Images / Colin McConnell

Radio-Canada

« Les Indiens ne dirigent pas des compagnies aériennes, Billy. »

La légende veut que ce soit dans ces mots que le premier ministre du Québec René Lévesque a accueilli l’idée selon laquelle les Cris développent leur propre compagnie aérienne.

L’instigateur de ce projet, le grand chef cri Billy Diamond, semble avoir fait fi des commentaires du premier ministre. Il a profité du capital tiré de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois — signé par les Cris en 1975 — afin de mettre en place son entreprise.

Plan rapproché de deux hommes en costume lors d'une soirée.

Le grand chef Billy Diamond en compagnie du premier ministre du Québec René Lévesque lors d'une soirée en mars 1982.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Nadeau

Aujourd’hui, 40 ans plus tard, cette entreprise a 350 employés, 16 avions civils et deux avions-cargos. Elle a en moyenne 100 000 passagers annuellement, les reliant du nord du Québec au nord de l’Ontario, en passant par Montréal, Val-d’Or, Chibougamau et Timmins.

De nombreux pays ont leur propre compagnie aérienne. La France a Air France. Le Canada a Air Canada. Je ne vois pas pourquoi la nation crie ne pourrait pas avoir sa propre compagnie aérienne, a lancé Matthew Happyjack, actuel président d’Air Creebec.

Un service essentiel

Matthew Happyjack est présentement en tournée dans le cadre de ces célébrations, accompagné d’autres cadres de l’entreprise. Ensemble, ils font le tour des destinations desservies par la compagnie, afin de remercier les employés et les clients.

Parmi ces cadres se trouve Tanya Pash, directrice aux opérations à Air Creebec.

C’est remarquable d’être capables de célébrer un si bel accomplissement… Nous avons commencé avec rien. Regardez maintenant : nous grandissons et nous avons survécu à la pandémie, lance Tanya Pash.

Selon les archives, le vol 101, tout premier vol d’Air Creebec, a décollé le 5 juillet 1982 de Val-d’Or pour se rendre à Great Whale (désormais Whapmagoostui), s’arrêtant à Matagami, Rupert House (désormais Waskaganish), Eastmain, Wemindji et Fort George (désormais Chisasibi).

Trois hommes et une femme se tiennent debout devant une table.

De gauche à droite : Kenneth Gilpin, membre du conseil d'Air Creebec; Derrick Neeposh, président de Creeco; Matthew Happyjack, président d'Air Creebec; Tanya Pash, directrice aux opérations d'Air Creebec.

Photo : Susan Bell/CBC

À cette époque, certaines communautés cries n’étaient pas connectées au réseau routier. Une compagnie aérienne s’avérait donc essentielle. La communauté la plus au nord du Québec, Whapmagoostui, est encore aujourd'hui une communauté isolée, qui, à l'instar de nombreuses autres communautés de l’ouest de la baie James, a besoin d'un réseau aérien.

À l'origine, Air Creebec était le fruit d’une collaboration avec Austin Airways, une compagnie familiale qui offrait des services au nord de l’Ontario depuis les années 1930. La nation crie du Québec détenait 51 % des parts de l’entreprise, avant de s’emparer de la totalité des parts d'Austin Airways.

Depuis, Air Creebec appartient à 100 % aux Cris.

Une célébration à la mémoire de Billy Diamond

Kenneth Gilpin avait 16 ans à l’époque où le projet a été lancé.

Selon ce membre du conseil d’Air Creebec, Billy Diamond aurait rétorqué au premier ministre René Lévesque : Eh bien, cet Autochtone aura sa compagnie aérienne.

Cet éternel passionné de politique se rappelle de l’effet qu’a eu ce projet.

Ça a presque explosé… les gens se sont dit "wow, c’est une bonne idée", confie celui qui se dit aujourd’hui très fier.

« Ça n’a pas été facile, mais voilà où nous en sommes! 40 ans, il y a de quoi célébrer. »

— Une citation de  Kenneth Gilpin

Derrick Neeposh, président de la compagnie d'investissement Creeco, partage le même sentiment. Celui qui considérait Billy Diamond comme un mentor participe lui aussi aux célébrations, et a tenu notamment à souligner la mémoire de Diamond et à remercier la famille du grand chef.

J’ai beaucoup pensé à lui dernièrement. Il aurait été tellement fier de faire partie de tout ça, assure Derrick Neeposh.

Les dirigeants actuels d’Air Creebec entendent aujourd’hui perpétuer la mémoire de Billy Diamond, notamment le succès de la compagnie aérienne, même après deux années de pandémie.

D'après un texte de Susan Bell, de CBC.

Espaces autochtones

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