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Un pas vers la réconciliation, estime la nouvelle chancelière de l’Université d’Ottawa

Une femme pose devant un pont.

La nouvelle chancelière de l'Université d'Ottawa, Claudette Commanda, voit sa nomination comme un pas de plus vers la réconciliation avec les Premières Nations (Archives).

Photo : Radio-Canada / David Richard

Charles-Émile L'Italien-Marcotte

L’Université d’Ottawa a annoncé que Claudette Commanda sera la première femme anishinabe à occuper le poste de chancelière de l’institution. Son mandat est clair : poursuivre les efforts de l’université sur le chemin de la réconciliation avec les Premières Nations.

L’aînée de la communauté anishinabe de Kitigan Zibi sera la 15e personne à occuper la fonction de chancelière. Elle va entrer en fonction le 9 novembre prochain.

En entrevue, Mme Commanda indique qu’elle souhaite représenter les communautés [Autochtones] et bâtir des relations entre tous les acteurs du milieu universitaire, notamment les Anishinabeg – sur les terres desquels se trouve l'Université d’Ottawa, rappelle-t-elle.

J’ai hâte de travailler avec des leaders comme [le recteur et vice-chancelier] Jacques Frémont, qui s’est engagé dans la réconciliation avec les Premières Nations et a développé des relations avec les [Anishinabeg], poursuit Mme Commanda. Nous allons travailler ensemble pour les étudiants, nous avons une vision, et je suis très fière de faire [ce] travail avec les leaders à l’Université d’Ottawa, note-t-elle.

Le mandat de chancelière de Mme Commanda va s’échelonner sur quatre ans, et elle est convaincue de pouvoir mener à bien les dossiers, quels qu’ils soient. Oui, c’est possible de changer les choses en quatre ans, insiste-t-elle.

Et pour y parvenir, elle mise sur des ateliers sur l’histoire et les contributions des Premières Nations. Elle souhaite établir un dialogue entre tous les membres de la communauté universitaire, et mettre à l’avant-plan la culture et l’histoire des peuples autochtones.

Elle croit que sa nomination va ainsi permettre de souligner l’histoire des Premières Nations, [mais] nous allons le faire d’une nouvelle manière. Selon Mme Commanda, il faut aborder l’héritage de la colonisation, sinon, il n’y aura pas de réconciliation.

Mme Commanda cite au passage son grand-père, William, qui affirmait qu’il est nécessaire de montrer la vérité sur l’histoire des Premières Nations. Et pour parvenir à la vérité, il faut d’abord commencer avec l’histoire régionale des terres [anishinabeg] et du peuple qui y est intimement lié.

Les étudiants [autochtones] doivent avoir leur place dans tout le Canada, assure Mme Commanda, puisqu’ils ont tant à partager. Pour elle, leurs expériences, leurs liens familiaux et l’assimilation vécue par les Premières Nations sont en somme une richesse. Il faut en faire la promotion, note-t-elle.

Importance des langues autochtones

Les langues autochtones sont très importantes, et je veux en faire la promotion, déclare Mme Commanda. Bien que pour elle toutes les langues soient importantes, pour les Autochtones, elles sont au cœur de notre culture et de notre identité, et il faut les célébrer.

Il est essentiel de partager nos langues avec tout le Canada, [parce qu’avec elles] nous apportons nos connaissances, explique Mme Commanda.

Elle avoue que le fait de ne pas parler quotidiennement la langue anishinabe ou le français lui fait perdre quelques mots, mais elle est déterminée à parler couramment ces langues.

Mme Commanda a amorcé ses études à l’Université d’Ottawa en 1987, et je suis toujours là, lance-t-elle. Elle est diplômée de la Faculté des arts en 1993, puis de la Faculté de droit en 1997.

Durant ses études, elle a fondé une association étudiante des Premières Nations pour améliorer la représentation des étudiants autochtones à l'Université d’Ottawa, et elle a créé un centre de ressources autochtones.

Depuis la fin de ses études, Mme Commanda a contribué à de nombreuses initiatives mises de l’avant par l’Université d’Ottawa pour la réconciliation avec les Premières Nations, notamment en participant au Conseil de l’éducation autochtone et au programme d’études autochtones.

Outre son travail à l’Université d’Ottawa, Mme Commanda est aussi directrice générale de la Confédération des centres éducatifs et culturels des Premières Nations.

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