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La cheffe Archibald persiste et signe : « L’APN est corrompue »

Des personnes en habits traditionnels.

Le comité exécutif et le conseil d'administration de l'Assemblée des Premières Nations ont suspendu Mme Archibald le mois dernier en attendant les résultats des enquêtes sur les quatre plaintes déposées contre elle.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

La cheffe en exercice RoseAnne Archibald a repris mardi à l’ouverture de l’assemblée générale de l’Assemblée des Premières Nations les accusations de corruption qu’elle avait lancées le 16 juin, une journée avant son expulsion.

La cheffe Archibald résume son action au sein de l’APN comme un combat pour la vérité, la responsabilité, l'honnêteté et la transparence.

La cheffe suspendue depuis le 17 juin avait affirmé dans une mêlée de presse improvisée, juste avant d’entrer dans la salle qui réunit les délégués, que la corruption est un réel danger pour cette organisation. La toxicité aussi est un réel danger. Quand vous devez appuyer des survivants des Premières Nations, c’est aussi un danger. Et je dis cela depuis longtemps.

La cheffe Archibald était à la tête de la cérémonie spirituelle qui a précédé l’ouverture de l’assemblée, habillée d’un costume traditionnel de sa nation Taykwa Tagamou de l’Ontario.

Rappelons que la cheffe fait l’objet d’une plainte de quatre employés de l’APN qui, selon elle, ont demandé ensemble 1 million de dollars de compensation. Une demande à laquelle elle s'est opposée.

Donner 1 million de dollars à quatre personnes, c’est contraire à tout ce pour quoi je me suis battue. Les Premières Nations manquent de tout. Elles ont besoin de ces ressources. C’est un mauvais usage à faire des ressources.

« Il s’est dépensé des millions de dollars de cette façon à l’APN, voilà pourquoi on a besoin d’un audit indépendant pour se rendre compte de tout ce qui a été gaspillé. Des fonds qui ne sont jamais allés aux Premières Nations. »

— Une citation de  RoseAnne Archibald, cheffe en exercice à l'Assemblée des Premières Nations

Dans le discours formel qui a suivi, la cheffe est d'abord revenue sur sa suspension.

Je ne suis pas suspendue, parce que le comité exécutif n’a pas le pouvoir de me suspendre.

Puis, elle a poursuivi ses attaques contre l'Assemblée des Premières Nations dont elle est toujours officiellement la cheffe. Selon elle, l'APN est une structure coloniale génératrice de violence.

Lorsqu’il y a de la violence envers moi, c’est aussi de la violence envers vous. Une attaque contre moi est une attaque contre vous. Quand mon autorité est attaquée, c’est votre autorité qui est attaquée. Vous m’avez élue.

Et cette violence exercée contre elle, pense la cheffe Archibald, est une violence exercée aussi contre toutes les femmes autochtones. Vous devez penser à moi comme à vos filles, vos femmes, vos petites-filles qui elles aussi subissent de la violence.

Le visage d'une femme portant des symboles traditionnels.

La cheffe RoseAnne Archibald était à la tête de la cérémonie spirituelle qui a précédé l’ouverture de l’assemblée générale de l’Assemblée des Premières Nations.

Photo : (CBC/Ben Nelms)

À la croisée des chemins

Pour la cheffe Archibald, les Premières Nations sont à la croisée des chemins. Et c’est celui de la guérison qu’il faut prendre, selon elle.

La guérison c’est du travail. La guérison, c’est de l’eau, des écoles, des maisons, a-t-elle ajouté.

Toujours sur le thème de la guérison, elle soutient que son organisation n’est pas en crise. La cheffe Archibald y voit plutôt une opportunité de nettoyer l’APN et de guérir l’APN.

L’Assemblée des Premières Nations (APN) est la principale organisation politique autochtone du Canada. Elle représente environ 900 000 citoyens des Premières Nations. L’APN défend les intérêts des Premières Nations dans le cadre d’enjeux tels que les traités, les droits des Autochtones ainsi que les terres et les ressources. L’organisation a vu le jour en 1982 dans le but de donner aux chefs l’occasion de faire valoir les voix des Premières Nations du pays au sein d'une assemblée délibérante.

Source : Encyclopédie canadienne

RoseAnne Archibald avance qu’il faut imaginer un nouveau modèle d'organisation ancré dans l’histoire des Premières Nations, une nouvelle entité, basée sur nos traditions, nos cultures, où le personnel sera en sécurité.

Un espace national qui s’assure de la participation des nations, pas des bandes qui sont des héritages coloniaux […]. Nous sommes des nations, ce sont les nations qui signent des traités, a-t-elle affirmé.

Elle a conclu son discours par un appel : Soutenez-moi contre la corruption [et dites] non à la violence latérale et oui à la guérison […]. Je suis une guerrière, pour la paix, pour l’amour.

Trois propositions débattues

Ce sont trois propositions qui seront finalement débattues par l’assemblée générale en ce qui concerne le sort qui attend la cheffe Archibald.

La première a été soumise par la cheffe Wendy Jocko, de la Première Nation de Pikwakanagan (Ontario), qui demande la fin immédiate de cette suspension non fondée et illégale, ainsi qu'une vérification judiciaire indépendante des activités financières de l'APN au cours des huit dernières années et une enquête par un tiers sur le climat de toxicité, de corruption, de discrimination sexuelle et de violence latérale à l'APN. Il s’agit finalement de la position de la cheffe Archibald.

La seconde proposition est avancée par le chef Rod Travers, de la Première Nation de Kinonjeoshtegon du Manitoba, qui propose carrément le renvoi d'Archibald. On l’accuse d’avoir violé la confidentialité liée à l’enquête sur les plaintes déposées par des employés de l’APN.

Dans ce contexte, la troisième proposition semble celle du compromis. C’est la position du comité exécutif. On propose que l’enquête indépendante sur la plainte de harcèlement se poursuive et qu’à l’issue de celle-ci, en fonction des conclusions, on décide si la cheffe mérite de conserver ou non son poste.

Avec des informations de CBC

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