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Se préparer au pow-wow en famille

L'artiste Eruoma Awashish et sa fille entourés d'objets de pow-wow.

L'artiste Eruoma Awashish et sa fille se préparent à la saison des pow-wow.

Photo : Jean-Simon Gagné-Nepton

L'artiste atikamekw Eruoma Awashish fréquente les pow-wow depuis son plus jeune âge. Aujourd'hui, elle transmet ses savoirs à sa fille, Onimskiw, âgée de cinq ans.

C'est quand même un engagement quand on décide de danser dans les pow-wow […] Ce n'est pas seulement de faire les habits, c'est aussi une posture que tu prends dans la vie, d'être en équilibre, explique d'emblée Eruoma Awashish.

L'artiste qui vit aujourd'hui au Lac-Saint-Jean souhaite transmettre à sa fille les valeurs inhérentes au pow-wow notamment le respect. Il faut respecter son habit, on met beaucoup d'amour, on travaille fort pour le fabriquer. Quand tu danses, tu ne peux pas faire n'importe quoi. Tu représentes un mode de vie et il faut prendre une attitude respectueuse envers les autres et soi-même, dit-elle.

Une autre valeur d'importance est la fierté. On enseigne aux enfants à être fiers, à savoir d'où on vient, à connaître l'histoire de notre peuple et de nos ancêtres. C'est comme un arbre qui est bien enraciné, il va grandir et étendre ses branches, dit-elle.

Un éventail en plumes d'aigle.

Eruoma Awashish fréquente les pow-wow depuis son enfance.

Photo : Jean-Simon Gagné-Nepton

Des habits porteurs de significations

Le processus de création d'un habit traditionnel est graduel et minutieusement réfléchi. Chaque élément de regalia (nom donné aux habits traditionnels) possède un sens fort s'inscrivant dans des histoires familiales et personnelles.

Eruoma Awashish prend en exemple le nouvel habit qu'elle fabrique pour sa fille qui est initiée au pow-wow depuis qu'elle sait marcher. Ma fille danse avec une robe composée de clochettes. Chaque clochette représente une prière par jour pendant 365 jours, explique-t-elle. Bien que sa fille connaisse la signification des clochettes, sa mère demeure flexible sur les prières. Elle est en apprentissage, le but n'est pas que ça devienne trop gros pour les enfants, dit-elle.

Un habit de pow-wow pour enfant.

Les danseuses clochettes dansent pour la guérison des malades et des esprits.

Photo : Jean-Simon Gagné-Nepton

Les habits traditionnels de pow-wow sont fabriqués d'après de multiples influences. Pour ce qui est de son propre habit, Eruoma arbore des motifs traditionnels comme l'ours et sa nourriture, les bleuets.

Un habit traditionnel de pow-wow.

La regalia d'Eruoma faite en peau d'orignal et arborant les symboles de l'ours et du bleuet

Photo : Jean-Simon Gagné-Nepton

La variété de symboles s'explique par l'historique familial. Chaque communauté et chaque famille développent souvent leurs propres motifs. On reconnaît les motifs différents d'une nation à l'autre. C'est beau de voir que chacun a son patrimoine iconographique, dit Eruoma.

Une préparation continuelle

La préparation à la saison des pow-wow est un processus continuel si bien qu'on ne peut le calculer en heures, explique Eruoma. Les regalia sont continuellement améliorées par l'ajout d'objets et nécessitent divers types de soin.

Au début de la saison des pow-wow, on sort nos regalia, on invite des amis et on nourrit les habits avec des fruits et de la banique. Ce ne sont pas des costumes, ce sont des habits. Comme on utilise des fourrures et des plumes d'animaux [pour les fabriquer], ils sont comme vivants et animés, dit l'artiste.

Eruoma souhaite que sa fille perpétue à son tour les savoirs sur le pow-wow. Toutefois, elle sait que cette transmission se fera naturellement sans être forcée. Chez les Premières Nations, on ne force pas ces choses-là. Elles viennent naturellement. Je ne force pas ma fille à venir m'aider. Elle me voit travailler et je me dis qu'un jour elle va s'impliquer pour ses enfants, car elle m'aura vue faire, dit Eruoma.

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