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La conservation autochtone des terres est l’avenir du pays, estime Steven Guilbeault

Edéhzhíe, dans les Territoires du Nord-Ouest, s'étend à perte de vue.

Edéhzhíe, dans les Territoires du Nord-Ouest, est la première aire protégée et de conservation autochtone au Canada.

Photo : Gouvernement des Territoires du Nord-Ouest

La Presse canadienne

Les peuples autochtones joueront dorénavant un rôle fondamental dans la conservation de la nature. La plupart des aires protégées au Canada sont maintenant proposées par des groupes autochtones, qui souhaitent s'en occuper eux-mêmes.

On compte environ 80 aires protégées au Canada qui sont surveillées par les personnes à qui ces terres appartenaient à l'origine. Certaines sont désignées uniquement par la Première Nation locale; quelques-unes font partie du réseau des parcs nationaux. Mais d'autres – beaucoup plus – sont à venir.

Le récent budget fédéral prévoit des fonds pour au moins 27 autres aires protégées et de conservation autochtones. Ottawa vient de signer un protocole d'entente avec le gouvernement du Nunatsiavut, au Labrador, pour évaluer la faisabilité de l'établissement d'une nouvelle aire protégée le long de la côte nord du Labrador.

C'est la seule façon pour le Canada de tenir sa promesse internationale de protéger 30 % de son territoire terrestre, a déclaré Sandra Schwartz, de la Société pour la nature et les parcs du Canada.

« Il est réaliste d'atteindre ces objectifs de protection pour le Canada. Beaucoup de ces endroits se trouvent sur des terres autochtones. »

— Une citation de  Sandra Schwartz, Société pour la nature et les parcs du Canada

Les Autochtones ont un attachement culturel historique à la terre et une volonté politique d'avoir une base territoriale, a déclaré Val Courtois, de l'Indigenous Leadership Initiative. L'affirmation des droits territoriaux au Canada a toujours porté sur cette relation au lieu. C'est tout simplement une nouvelle façon de décrire cette responsabilité.

Les aires protégées et de conservation autochtones ont été créées en fonction de structures fédérales, provinciales et d'autres groupes. Leur fonctionnement et leurs activités varient considérablement. Certaines ne respectent pas les normes internationales relatives aux aires de conservation et ne compteront pas dans l'objectif de 30 % du Canada.

Or, elles impliquent toutes un certain degré de cogestion autochtone, notamment la planification de l'utilisation des terres et des gardiens, ces membres des Premières Nations locales chargés de gérer les terres et formés à cet effet.

Élément crucial de la réconciliation

Tanya Ball a commencé sa carrière comme travailleuse sociale pour la Première Nation Kaska Dena. Maintenant, elle dirige un programme de gardiens des terres, où elle travaille à surveiller et à protéger une vaste étendue de nature sauvage du nord de la Colombie-Britannique.

Elle se considère toujours comme une assistante sociale, en quelque sorte.

« Les gardiens de la terre peuvent aider la terre à guérir. Et la terre peut aider les gardiens à guérir. »

— Une citation de  Tanya Ball, directrice d'un programme de gardiens des terres

Mme Ball est à l'avant-garde de la nouvelle façon dont le Canada protège ses rivières, lacs, forêts, montagnes et plaines encore sains. Les gouvernements de la Couronne délimitaient autrefois une zone jugée particulièrement pittoresque ou propice aux loisirs de plein air et l'appelaient un parc. Plus maintenant.

Il n'y a pas d'avenir en matière de conservation où le gouvernement fédéral est impliqué [et] où les peuples autochtones ne sont pas impliqués dès le départ, a déclaré le ministre fédéral de l'Environnement, Steven Guilbeault. Ce modèle traditionnel appartient au passé.

Steven Guilbeault lors de la période de questions à la Chambre des communes.

Le ministre de l'Environnement et du Changement climatique, Steven Guilbeault, estime que les Autochtones doivent être impliqués dès le départ dans la conservation de la nature (Archives).

Photo : La Presse canadienne / PATRICK DOYLE

Mme Ball a expliqué que son équipe de huit personnes prélève des échantillons d'eau, dresse des cartes, surveille la chasse, délimite les sites archéologiques, suit les impacts des visiteurs, surveille les mouvements des animaux, assiste les agents de conservation et dirige des projets de recherche. Ils sont très occupés, souligne-t-elle.

Une chose qu'ils ne font pas, c'est de dresser des clôtures. Les aires protégées autochtones ne sont pas censées empêcher quiconque d'entrer, a déclaré Mme Courtois.

Je tomberais de ma chaise si j'entendais parler d'un groupe autochtone qui dit : "Excluons tout le monde", a-t-elle déclaré. Il peut y avoir de petites portions particulièrement sacrées, mais l'idée d'exclusion des personnes est à l'opposé de la façon dont nous concevons ces lieux.

Tara Shea, de l'Association minière du Canada, a indiqué que son groupe appuie généralement la protection des terres autochtones, et ce, tant que le processus est transparent et que les concessions minières potentielles sont envisagées à l'avance.

« Nous croyons fermement que le développement minier et la conservation de la biodiversité peuvent aller de pair. »

— Une citation de  Tara Shea, Association minière du Canada

Recherche de financement permanent

Il y a des défis : alors que le gouvernement fédéral a réservé plus de 300 millions de dollars depuis 2018 pour la conservation autochtone, M. Guilbeault reconnaît qu'une source de financement permanent pour de tels programmes est toujours recherchée.

« Nous ne faisons pas de programmes permanents. Le monde philanthropique a joué un rôle énorme dans la conservation et continuera à le faire. Nous saluons leur implication. »

— Une citation de  Steven Guilbeault, ministre de l'Environnement et du Changement climatique

Ottawa, les Territoires du Nord-Ouest, les Premières Nations de la région et les organisations à but non lucratif Pew Charitable Trusts, basées aux États-Unis, négocient actuellement un moyen de financer le programme de gardiens du parc national et de la zone protégée autochtone d'Edéhzhie.

Un autre obstacle est le degré variable de soutien des gouvernements provinciaux, qui contrôlent la plupart des terres de la Couronne du Canada.

Le degré d'enthousiasme varie, soutient M. Guilbeault, qui a refusé de donner plus de détails. Certains gouvernements provinciaux ne croient pas aux relations de gouvernement à gouvernement.

C'est difficile pour les provinces, a mentionné Mme Courtois. Elles ont l'habitude de mener les choses à leur façon.

Mme Ball croit que la conservation autochtone est importante pour tout le pays en tant qu'élément crucial de la réconciliation. Elle voit d'un bon œil ce qui se passera si des membres de sa Première Nation vont sur des terres qu'ils aident à gérer.

Parfois, les gens veulent tout simplement sortir pour la journée. Je vois déjà une différence chez les gens à la fin de la journée. Leur comportement change, leur humeur s'est améliorée, a déclaré Mme Ball. Elle pense que cela va beaucoup aider à résoudre les problèmes sociaux.

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