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Ottawa veut réduire la surreprésentation des Autochtones en milieu carcéral au Nunavik

Une porte de cellule ouverte.

Le gouvernement fédéral investira 2,2 millions de dollars sur cinq ans.

Photo : Radio-Canada / Olivier Plante

Radio-Canada

Le gouvernement fédéral a annoncé conjointement avec la société Makivik des investissements pour diminuer la surreprésentation des Autochtones dans le système carcéral au Nunavik.

Le ministère de la Justice du Canada versera 2,22 millions de dollars sur cinq ans. Cet investissement doit servir à bonifier le programme Makivik, qui fournit des services de justice communautaire aux Inuit du Nunavik.

Le budget accordé vise également à assurer une plus grande accessibilité des services d'assistance postpénale.

Cette surreprésentation est alarmante, selon le ministre de la Justice du Canada David Lametti.

Des données du ministère canadien de la Justice indiquent que bien qu’ils représentent seulement environ 3 % de la population adulte au Canada, les adultes autochtones sont surreprésentés en ce qui concerne les admissions dans les services correctionnels provinciaux et territoriaux au Canada; en 2015-2016, ils comptaient pour 26 % des admissions.

En plus des sommes injectées dans le système judiciaire, Ottawa octroiera du financement pour la mobilisation de la société Makivik en vue d'élaborer une stratégie en matière de justice autochtone en collaboration avec les acteurs de la région.

En soutenant les services de justice autochtones, tels que l'assistance postpénale de Gladue ainsi qu'un processus de mobilisation mené par les Autochtones en vue de l'élaboration d'une Stratégie en matière de justice autochtone, nous contribuons à des changements systémiques qui permettront d'en finir avec cette réalité inacceptable, dit David Lametti.

Le président de la société Makivik Pita Aatami se réjouit de cette annonce de financement du gouvernement fédéral. Depuis longtemps, la prestation de services relatifs à la justice au Nunavik est difficile pour tous les gouvernements étant donné que le système imposé aux Inuit nous est étranger et qu'il n'est pas adapté à la culture. Grâce à ce financement du Canada, la Société Makivik jouera un rôle plus efficace dans le domaine de la justice, dit-il.

La société Makivik, créée en 1975, représente les Inuit du Nunavik dans le Nord-du-Québec. Sur le plan de l'aide juridique, dix comités de justice locaux offrent des services à la population à divers stades du processus judiciaire.

Une annonce dans un contexte de tension

Rappelons qu'un début d'année, un recours collectif de 294 millions $ a été intenté contre l'État québécois. Québec est accusé d'avoir brimé les droits de près de 1500 individus en prolongeant dans 97,55 % des cas les détentions préventives au delà de la période légale de trois jours entre 2015 et 2019.

La question de l'efficacité du système judiciaire dans le Nord-du-Québec n'est pas récente. En 1975, la Convention de la Baie-James et du Nord québécois prévoyait la construction d'un centre de détention pour éviter les longs déplacements de détenus vers le sud du Québec. Cette mesure n'a toutefois jamais vu le jour.

Ce n'est que depuis 2019 que les enquêtes sur remise en liberté se déroulent au Nunavik et qu'un système de visioconférence a été mis sur pied.

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