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Des allégations d’intimidation contre la cheffe de l’Assemblée des Premières Nations

RoseAnne Archibald à Pikogan.

La cheffe nationale de l'Assemblée des Premières Nations RoseAnne Archibald

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

CBC

La cheffe nationale de l'Assemblée des Premières Nations (APN), RoseAnne Archibald, subit des pressions pour se retirer de ses fonctions alors qu'elle fait l'objet d'une enquête externe sur des allégations d'intimidation et de harcèlement de la part de quatre membres de son personnel, a appris CBC News.

Les plaintes ont été déposées en vertu de la politique de dénonciation de l'organisation.

Dans une déclaration publiée jeudi, l'APN a confirmé avoir reçu le mois dernier un certain nombre de plaintes contre Mme Archibald et a déterminé que les conclusions justifiaient une enquête plus approfondie menée par un enquêteur externe.

Dans sa propre déclaration publiée jeudi, Mme Archibald s'est réjouie de l’ouverture de l'investigation, et a demandé un audit judiciaire et une enquête indépendante sur les huit dernières années de fonctionnement de l'APN.

Mme Archibald allègue que les quatre membres du personnel ont porté plainte contre elle après avoir tenté d'obtenir des paiements de contrats d’une valeur d'un million de dollars.

« Les ententes tacites, les versements importants au personnel et d'autres incidents documentés de corruption et de collusion nous ont fait perdre de vue notre objectif commun : lutter pour les droits collectifs de plus de 900 000 Autochtones vivant dans plus de 600 communautés, villes et villages des Premières Nations de Turtle Island. »

— Une citation de  Extrait de la déclaration de RoseAnne Archibald

Le mécanisme de dénonciation utilisé par le personnel pour déposer des plaintes contre Mme Archibald a été mis en place l'année dernière à la suite d'une enquête distincte d'intimidation et de harcèlement dont elle avait fait l'objet lorsqu'elle était cheffe régionale de l'Ontario.

Des pratiques contestées

Les nouvelles plaintes portent notamment sur l'introduction présumée par Mme Archibald d'une pratique culturelle hawaïenne appelée ho'oponopono lors des réunions hebdomadaires. Les plaignants soutiennent que, dans le cadre de cette pratique, Mme Archibald récite des prières pour la guérison des membres du personnel ou pour corriger leurs erreurs, et qu'elle leur demande de partager leurs traumatismes d'enfance.

Plusieurs sources qui ont parlé à CBC News ont déclaré que certains membres du personnel avaient raconté que cette pratique les avait traumatisés à nouveau. Ces sources ont témoigné sous le couvert de l’anonymat, par crainte de représailles.

L'avocat de Mme Archibald, Aaron Detlor, a déclaré à CBC News qu'il n'était pas au courant de pratiques culturelles hawaïennes employées par la cheffe nationale ni du fait qu'elle demandait aux gens de révéler des traumatismes d'enfance. Il a ajouté qu'il savait que Mme Archibald croyait fermement aux pratiques de guérison autochtones.

Les quatre membres du personnel qui ont déposé les plaintes sont en congé payé. Mme Archibald conserve son poste de cheffe nationale.

Selon les sources de CBC, les problèmes au bureau de l'APN à Ottawa ont commencé peu après l’entrée en fonction de Mme Archibald, l'été dernier.

Ces sources qualifient le lieu de travail de toxique et affirment que le personnel redoute de se rendre au travail chaque jour.

Les mêmes sources, rompues aux rouages du bureau de Mme Archibald, affirment que les employés ont été réprimandés par la cheffe nationale et ont été poussés aux larmes en raison de critiques quant à leur travail.

Pressions internes

Une femme autochtone debout devant les personnes qui l'ont élue.

RoseAnne Archibald a été la première femme à occuper le poste de chef nationale de l'Assemblée des Premières Nations.

Photo : Laura Barrios

Selon trois sources, Mme Archibald n'a toujours pas signé son contrat de travail et a demandé à recevoir le même salaire que le premier ministre. Dans un enregistrement d'une réunion tenue mercredi avec les chefs régionaux de l'Ontario – examiné par CBC News – on entend Mme Archibald nier avoir demandé un tel salaire.

M. Detlor a déclaré que l'allégation est tout simplement incorrecte.

Cela soulèverait franchement des questions plus larges liées à certains problèmes sous-jacents où les violations de la confidentialité et la tentative de résoudre les problèmes par la presse sapent les efforts de la cheffe nationale à s'engager sur la voie de la guérison, a-t-il dit.

Lors de la même réunion avec les chefs de l'Ontario, ont indiqué les sources, Mme Archibald aurait demandé un soutien pour dissoudre le secrétariat de l'APN, la branche administrative et opérationnelle de l'organisation, qui emploie environ 200 personnes.

Par ailleurs, Mme Archibald fait également l'objet de pressions de la part de certains chefs des Premières Nations pour qu'elle démissionne.

Le chef de la bande indienne de McLeod Lake, Harley Chingee, dont la bande se trouve en Colombie-Britannique, a rédigé une résolution qui sera déposée lors de l'assemblée des chefs de l'APN le mois prochain pour forcer l'éviction de RoseAnne Archibald. Cette résolution a été appuyée par le chef de la Première Nation de Long Plain, Kyra Wilson, dont la communauté se trouve au Manitoba.

Avec les informations d'Olivia Stefanovich de CBC News

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