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L’APNQL dresse un bilan « décevant » de la CAQ

Les relations entre les Premières Nations et la CAQ n'ont jamais été très cordiales.

Ghislain Picard, qui semble mécontent au micro lors d'une conférence de presse.

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Il fallait s'y attendre : les Premières Nations sont déçues du bilan de la Coalition avenir Québec (CAQ) en ce qui concerne les enjeux autochtones et elles comptent bien se faire entendre durant la prochaine campagne électorale pour changer les choses.

Refus de reconnaître le racisme systémique, silence sur la loi 96 sur la protection des langues autochtones, contestation de la loi fédérale qui permet aux communautés de prendre la responsabilité de la protection de l'enfance : ce sont tous des enjeux qui amènent l'Assemblée des Premières Nations du Québec-Labrador (APNQL) à conclure que le bilan de la CAQ est une énorme déception.

Le ministre [responsable des Affaires autochtones] Ian Lafrenière va sûrement baser son bilan sur le nombre de visites dans les communautés, les financements accordés, mais ça, c'est la partie la plus facile, souligne le chef de l'APNQL, Ghislain Picard, en entrevue téléphonique.

Là où c'est difficile et là où le gouvernement accuse un retard, c'est lorsqu'il est question des enjeux fondamentaux comme la gouvernance, l'autonomie et le territoire, ajoute-t-il.

La mort de Joyce Echaquan après avoir reçu des insultes racistes à l'Hôpital de Joliette a particulièrement heurté les Premières Nations. Pour l'APNQL, le gouvernement Legault, qui refuse de reconnaître le racisme systémique, est en partie responsable.

Dans la foulée du décès tragique de Joyce Echaquan, le ministre Ian Lafrenière s’était engagé au minimum requis par les circonstances : inclure la notion de sécurisation culturelle dans la Loi sur les services de santé et les services sociaux (LSSS). Ce printemps, le gouvernement a renié sa parole en renonçant à amender la LSSS en ce sens, peut-on lire dans un communiqué publié tôt jeudi matin.

Le bât blesse aussi dans le dossier de la langue, selon l'APNQL. On rappelle que la loi 101, en 1977, exemptait les premiers peuples de l'application de la Charte de la langue française. Pas cette fois avec la loi 96.

La contestation judiciaire par Québec de la loi C-92 sur le transfert par le fédéral de la protection de l'enfance aux nations autochtones ajoute une couche de mécontentement.

L'acharnement du gouvernement caquiste contre C-92 démontre son incapacité à reconnaître que les gouvernements des Premières Nations peuvent se doter de leurs propres lois, constate M. Picard.

L'idée qu'il puisse y avoir un autre ordre de gouvernement autre que le provincial et le fédéral, ça dérange, dit-il.

Enfin, l'APNQL reproche au gouvernement de la CAQ d'avoir manqué à sa parole envers les Autochtones tout au long de son mandat.

« Ce bilan est une énorme déception. Les bottines du gouvernement Legault n’ont jamais suivi les babines. Notre approche a toujours été celle de la bonne foi et de la main tendue. »

« Face à tant de rebuffades, nous nous assurerons d’être entendus au cours des prochains mois et de la campagne électorale. Le respect de nos droits fondamentaux en dépend. »

— Une citation de  Ghislain Picard, chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador

À l'approche des élections, l'APNQL compte se faire entendre au cours de la campagne électorale.

Nous sommes en réflexion là-dessus en ce moment, mais il est clair que nous allons devoir parler des enjeux autochtones sur la place publique, confirme Ghislain Picard. Il n'est pas impossible qu'on demande, par exemple, la tenue d'un débat où seraient invités tous les partis.

Les relations entre l'APNQL et le gouvernement Legault ont pour la plupart du temps été tendues. Une situation qui a même fait perdre à Sylvie D'Amours son poste de ministre responsable des Affaires autochtones, une fonction qu'elle a occupée du 18 octobre 2018 au 9 octobre 2020.

Sylvie D'Amours a été remplacée depuis par Ian Lafrenière, un ancien responsable des relations publiques au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM); les relations sont demeurées polies, mais difficiles. Cette dernière sortie de l'APNQL, qui a bien l'intention de se mêler des prochaines élections québécoises, le démontre très bien.

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