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La médaille d’honneur de l’Assemblée nationale pour Joyce Echaquan

La famille demande qu'au-delà de la médaille, des actions soient entreprises.

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La famille de Joyce Echaquan reçoit cette médaille, mais aurait préféré avoir encore la femme atikamekw à ses côtés.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Joyce Echaquan reçoit la médaille d'honneur de l'Assemblée nationale du Québec à titre posthume. Une médaille qu'accepte la famille tout en demandant que des gestes concrets suivent, tels que l'adoption du Principe de Joyce.

Selon le site de l'Assemblée nationale, Joyce Echaquan, femme de coeur, de conviction et d'humanité, est honorée à titre posthume pour l’héritage considérable que [la] femme atikamekw lègue à la société et à toutes les communautés autochtones.

Dans un communiqué, la famille de Joyce Echaquan a expliqué accepter pour plusieurs raisons cette distinction, en soulignant toutefois que si une médaille n'est que métal, elle ne vaut rien.

Elle se questionne sur les raisons pour lesquelles les membres de l'Assemblée nationale ont décidé de lui remettre cette médaille si son décès n'amène pas de réels changements.

« Pour nous, elle mérite toutes les médailles du monde. Elle mérite la vie. Mais pour vous, membres de l'Assemblée nationale, pourquoi cette médaille? »

— Une citation de  La famille de Joyce Echaquan

La famille a rappelé son souhait que des actions concrètes telles que l'adoption du Principe de Joyce accompagnent cette distinction. Le Principe de Joyce, élaboré par les communautés atikamekw, vise à faire valoir les droits des Autochtones en matière de services de santé et de services sociaux.

En mars dernier, on apprenait que le gouvernement de la CAQ n'avait plus l'intention d'inclure la notion de sécurisation culturelle dans la modification de la Loi sur la santé et les services sociaux, malgré la promesse du ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière.

Il faut faire vivre [le Principe de Joyce], lui donner les ressources nécessaires afin que notre héritage soit, grâce à Joyce, une évolution sans précédent dans les relations entre Allochtones et Autochtones au Québec, déclare la famille.

Elle demande aussi aux membres du comité de sélection pour les médailles de l'Assemblée nationale de continuer à travailler ensemble, malgré les allégeances politiques différentes, pour faire changer les choses, pour de bon. Elle espère que les changements tant attendus dans les relations entre les Premières Nations et l'Assemblée nationale s'opèrent au Québec.

« Nous acceptons [cette médaille] afin que cette forme particulière de racisme qui est présente au Québec comme ailleurs au Canada ne soit plus ignorée par les gens en position de faire changer les choses. »

— Une citation de  La famille de Joyce Echaquan
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Carol Dubé, conjoint de Joyce Echaquan, devant l'hôpital de Joliette, en compagnie d'une photo de la mère de famille, un an après la mort de celle-ci.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le décès de Joyce Echaquan, bien qu'accidentel, était évitable et le racisme et les préjugés auxquels Mme Echaquan a fait face ont certainement été contributifs à son décès, avait conclu la coroner Géhane Kamel après son enquête.

La coroner avait alors recommandé au gouvernement québécois de reconnaître l’existence du racisme systémique au sein des institutions et de prendre l’engagement de contribuer à son élimination. Mais le gouvernement Legault refuse toujours de le reconnaître.

La famille espère donc que la médaille reçue par Joyce Echaquan ait un jour la même valeur que celle reçue par Janette Bertrand, c'est-à-dire le symbole d'une contribution exceptionnelle à l'évolution des mentalités au Québec. En effet, Mme Bertrand est l'une des cinq personnalités marquantes honorées par l'Assemblée nationale.

Luc Dionne, Benoît Pelletier et, à titre posthume, Guy Lafleur, reçoivent aussi la médaille d'honneur de l'Assemblée nationale à Québec.

Le conjoint de Joyce Echaquan, Carol Dubé, sa fille Marie Wasianna Echaquan Dubé ainsi que ses parents, Diane Dubé et Michel Echaquan, ont participé à la cérémonie. Le chef du Conseil des Atikamekw de Manawan, Paul-Émille Ottawa, ainsi que le grand chef de la Nation Atikamekw, Constant Awashish, étaient aussi présents.

La famille a précisé dans le communiqué qu'elle aurait préféré ne pas être là, mais plutôt avoir encore Joyce à ses côtés. Aucune médaille ne pourra jamais remplacer sa vie, écrit-elle. Par sa présence, elle veut dédier ce moment au courage des femmes atikamekw, aux femmes autochtones d'ici et d'ailleurs.

Au cours de la cérémonie, des représentants de chacun des partis ont rendu hommage à Joyce Echaquan et ont souhaité que sa mort injuste mène à des changements. Le député Gabriel Nadeau-Dubois a quant à lui choisi de lire le communiqué de la famille Echaquan.

Il y a un an se tenaient les audiences publiques sur le décès de Joyce Echaquan, une femme atikamekw décédée à Joliette fin septembre 2020.

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