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Une Première Nation du Manitoba est plus isolée que jamais

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Une explosion survenue à bord de la barge MV Poplar River a rendu le bateau inutilisable pour la communauté établie au bord du lac Winnipeg.

Photo : Pêches et Océans Canada / Facebook

Radio-Canada

Les liaisons avec Poplar River sont considérablement réduites à la suite de la perte d’une barge qui servait à faire une grande partie des livraisons pour la communauté autochtone. Cette situation crée de l’anxiété au sein de cette Première Nation du nord-est du Manitoba.

Cette communauté ne dispose pas d’un réseau routier qui permette la livraison par camion en tout temps. De plus, seuls les petits avions peuvent se rendre à Poplar River en raison de l’étroitesse de la piste d'atterrissage.

Une explosion survenue à bord de la barge MV Poplar River au début de mai laisse donc passablement isolée cette communauté établie au bord du lac Winnipeg, plus précisément à 350 kilomètres de la capitale manitobaine. Elle n’a maintenant plus aucun moyen de transporter des objets lourds et volumineux à l’intérieur ou à l’extérieur de la réserve.

C’est une véritable épreuve pour notre communauté, a indiqué la cheffe Vera Mitchell à CBC News.

Le meilleur moyen de transport vers cette communauté est l’avion, mais on utilisation demeure très limitée puisque la piste d'atterrissage ne convient qu’aux appareils qui peuvent accueillir neuf passagers.

Nous ne pouvons pas recevoir les meubles, les appareils, le bois de construction, l’essence et les cargaisons de nourriture par la voie des airs, a précisé Mme Mitchell.

Une route est ouverte l’hiver, de janvier à mars, mais elle n’est pas toujours praticable en raison des intempéries. Par conséquent, elle n’offre qu’une petite fenêtre pour ravitailler la communauté en essence, en nourriture non périssable et en produits pour la maison, a expliqué Vera Mitchell.

À la recherche de solutions

Pendant l’été, la province fournit toujours une forme de transport sur l’eau, une barge ou un bateau de service que la communauté peut utiliser pour les livraisons, précise-t-elle.

Depuis l’explosion sur le MV Poplar River, la communauté est à la recherche de solutions. Elle espère en trouver du côté de l’Office de commercialisation du poisson d'eau douce (OCPED), l’organisme fédéral responsable du commerce interprovincial et extérieur des produits de la pêche.

L’OCPED était propriétaire de la barge et en assurait l'exploitation. C’est également cet organisme qui, par le passé, achetait le poisson de la communauté de Poplar River à des fins commerciales. Pour l’instant, la Première Nation est sans nouvelles des autorités non seulement fédérales mais aussi provinciales.

On est vraiment inquiets et on espère une intervention gouvernementale. On a besoin de solutions de rechange pour recevoir les livraisons et pour expédier nos produits de la pêche, a expliqué Vera Mitchell.

La communauté craint pour ses membres qui travaillent dans le secteur de la pêche. Parmi les 1200 personnes qui habitent dans la réserve, 10 % vivent de cette activité. La prochaine saison, qui doit débuter en juin, s’annonce particulièrement difficile dans les circonstances actuelles.

C’est notre moyen de subsistance, a dit Mme Mitchell. C’est la crise.

Solution à long terme

Selon la cheffe Vera Mitchell, cette situation démontre bien le besoin de trouver une solution à long terme aux problèmes de transport de sa communauté.

Cette communauté demande donc la relocalisation de sa piste d'atterrissage, l'aménagement d’une route utilisable à longueur d’année et la mise en œuvre d'un système de transport par bateau sur le lac Winnipeg.

La relocalisation de la piste d'atterrissage fait l’objet de discussions depuis plus de 20 ans, a précisé la cheffe Mitchell. Dans son état actuel, la piste ne serait pas en mesure de permettre l'atterrissage d'un avion-ambulance en cas d’urgence. Les lacunes de cette piste avaient été mentionnées dès 1998 dans un rapport provincial sur la sécurité aérienne.

Un porte-parole provincial a indiqué à CBC News que la relocalisation de la piste d'atterrissage pourrait se faire en 2025-2026. Les travaux pour assurer une meilleure liaison aérienne avec la nation Poplar River devraient prendre environ cinq ans.

C’est décevant parce que nous devons toujours attendre, se désole Vera Mitchell. Nous ne sommes pas une priorité.

Avec les informations de CBC News

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