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Coupes à Manawan : une responsabilité partagée, se défend le ministre des Forêts

Le ministre entend rencontrer bientôt la famille Dubé, mais aussi les industriels.

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Le ministre québécois des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, s'est défendu dans le dossier des coupes forestières à Manawan

Photo : Radio-Canada

Les responsabilités sont partagées, s'est défendu le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) après avoir été interpellé par la Fédération de l’industrie manufacturière et la Scierie St-Michel, mais aussi par les Atikamekw de Manawan, dans le dossier sensible de coupes dans une érablière sans le consentement de la famille.

Le président-directeur général de la Scierie St-Michel, Jean-François Champoux, avait déjà expliqué qu'il ne pouvait pas lui aussi être tenu responsable, car si ces coupes n'étaient pas conformes, le ministère n'aurait pas dû les autoriser.

De plus, la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN) avait accusé le MFFP d'avoir fait une bourde dans ce dossier et mis en péril 400 emplois. La FIM-CSN a accusé le ministre Dufour de gérer la forêt à la petite semaine.

Mais le cabinet du ministre Dufour, dans une déclaration envoyée à Espaces autochtones, s'est défendu rappelant que l'enquête parle de responsabilités partagées pour expliquer la série de manquements successifs observés sur le terrain.

En février, la famille d’Henri Dubé de la communauté atikamekw de Manawan a établi un barrage vers le kilomètre 60 entre Saint-Michel-des-Saints et Manawan pour empêcher une forestière de continuer ses activités dans le territoire. Elle reprochait à la Scierie St-Michel des coupes non autorisées dans son érablière.

L’enquête du ministère des Forêts de la Faune et des Parcs a conclu à une responsabilité partagée entre le ministère, qui a autorisé les coupes, et la Scierie St-Michel, qui a décidé d’aller de l’avant sans l’aval de la famille.

Une rencontre avec la famille

Le cabinet ne répond pas à l'incompréhension totale de la famille Dubé ni du Conseil des Atikamekw de Manawan quant à l'absence de sanctions ni de compensation dans ce dossier.

Le cabinet a juste précisé, dans sa déclaration, que le MFFP entendait, en collaboration avec la nation atikamekw et les entreprises, initier les actions dans les meilleurs délais afin d'éviter ce genre de situation dans l'avenir. Mais sans préciser lesquelles.

Il évoque des pistes d'amélioration identifiées dans le rapport d'enquête. Le ministre compte sur son ministère pour proposer des solutions appropriées, précise le cabinet.

Le ministre dit être toujours en contact avec la nation à travers des échanges avec le grand chef Constant Awashish.

Il aussi l'intention de rencontrer les représentants de la famille Dubé dans les prochains jours.

Lundi, la famille lui avait fait parvenir une lettre de quatre pages dans laquelle elle faisait part de son indignation. Elle lui demandait aussi une rencontre rapidement.

Nous jugeons le rapport scandaleux, a-t-elle écrit. Il est parfaitement symptomatique de pratiques favorables au fait accompli ⎯ tant de la part du gouvernement que de l’industrie forestière ⎯ une tendance malheureusement fréquente lorsqu’il s’agit de prendre en considération les droits inhérents des Premières Nations.

Trouver une vision commune

Un comité de travail entre le MFFP, le Conseil des Atikamekw de Manawan et le Conseil de la Nation Atikamekw finit actuellement ses travaux pour mieux redéfinir les règles du jeu et trouver un terrain d’entente visant à respecter le mode de vie atikamekw dans l’aménagement et la gestion du territoire.

Selon la déclaration du cabinet du ministre Dufour, plusieurs rencontres, dans un contexte de relation de nation à nation, se sont tenues.

Le ministre rappelle l'importance de dégager une vision commune des enjeux afin de pouvoir trouver des solutions constructives pour toutes les parties prenantes, ce qui doit inclure l’industrie, a indiqué le cabinet.

Toutefois, plusieurs forestiers ont indiqué qu'ils auraient aimé avoir leur mot à dire pendant les travaux du comité, même s'ils indiquaient que les discussions devaient se faire de nation à nation.

Selon son cabinet, le ministre compte également s’entretenir avec les industriels forestiers.

Le moratoire sur les coupes forestières sur le territoire ancestral de Manawan est maintenu jusqu'à nouvel ordre, tout comme le barrage au km 60.

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