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Coupes forestières à Manawan : une « bourde » qui risque de coûter cher selon la CSN

La Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN) estime que 400 emplois en foresterie sont en jeu.

Un camion plein de bois coupé sur un pont.

Un camion chargé de bois sort d'un chemin forestier.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

La Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN) demande au gouvernement d’agir rapidement dans le dossier des coupes forestières à Manawan pour rattraper ce qu’elle qualifie de « bourde de Québec » qui pourrait coûter 400 emplois dans Lanaudière.

En février, la famille d’Henri Dubé de la communauté atikamekw de Manawan a établi un barrage vers le kilomètre 60 entre Saint-Michel-des-Saints et Manawan pour empêcher une forestière de continuer ses activités dans le territoire. Elle reprochait à la Scierie St-Michel des coupes non autorisées dans son érablière.

L’enquête du ministère des Forêts de la Faune et des Parcs conclut à une responsabilité partagée entre le ministère, qui a autorisé les coupes, et la Scierie St-Michel, qui a décidé d’aller de l’avant sans l’aval de la famille.

Pourtant aucune pénalité ni compensation ne sont prévues. Ce qui a provoqué l’ire et la déception de la famille et du Conseil des Atikamekw de Manawan.

La Fédération de l’industrie manufacturière déplore un manque de rigueur du gouvernement québécois et qualifie cette décision de bourde [qui] n’est pas sans conséquences. Les Atikamekw de Manawan ont décidé à l’unanimité, la semaine dernière, de maintenir le barrage et le moratoire sur les coupes forestières.

Selon la FIM-CSN, environ 400 emplois sont menacés. Une centaine pour la scierie et les autres parmi les travailleurs forestiers et les fournisseurs.

C’est un dossier explosif, indique Louis Bégin, président de la FIM–CSN. Pour ne pas envenimer le conflit ni mettre de l’huile sur le feu et permettre aux discussions d’avancer, ni la Fédération ni les employés ne souhaitaient s’exprimer sur le dossier avant le dépôt officiel du rapport. Mais la lecture de ce dernier les a fâchés et outrés, selon Louis Bégin.

Ce qui nous inquiète vraiment, c’est que [le ministère] a joué à l’apprenti sorcier dans ce dossier. On a un ministère qui ne prend pas sérieusement en compte cet énorme enjeu et qui n’a pas ramassé le dossier quand c’était le temps ni fait les choses comme il aurait dû. Qui va payer la note au final? Les employés, s’indigne le président de la FIM-CSN. Car, rappelle-t-il, si les Atikamekw maintiennent le barrage, c’est pour faire valoir leurs droits.

Le président-directeur de la Scierie St-Michel, Jean-François Champoux, a déjà indiqué vouloir commencer ses activités le 6 juin, mais sans mettre de pression autour du kilomètre 60. Il n’est pas très confiant pour les mois à venir.

 Les membres du syndicat sont très inquiets, selon le président du Syndicat des employé-es de la Scierie, Marcel Hogue. On ne comprend pas que le gouvernement n’intervienne pas déjà pour réparer son erreur, dit-il. Il craint même que des heures de travail soient retranchées dès le mois de juin si rien ne bouge.

La Fédération de l’industrie manufacturière craint que d’autres Premières Nations ne leur emboîtent le pas et ne fassent les mêmes revendications. On a une énorme crainte que ça se radicalise et qu’on se retrouve avec un dossier plus complexe, indique-t-il.

Ce genre de faux pas peut nous faire reculer de plusieurs années dans nos relations avec les Atikamekw. Il faut trouver le moyen de se réconcilier avant qu’il ne soit trop tard, indique de son côté la présidente du Conseil central de Lanaudière, Patricia Rivest, dans un communiqué.

Un comité de travail entre le MFFP, le Conseil des Atikamekw de Manawan et le Conseil de la Nation Atikamekw finit actuellement ses travaux pour mieux redéfinir les règles du jeu et trouver un terrain d’entente visant à respecter le mode de vie atikamekw dans l’aménagement et la gestion territoriaux.

Louis Bégin estime qu’avec les résultats de l’enquête sur l’érablière de la famille Dubé, le gouvernement a perdu sa crédibilité. Selon lui, c’est un comité pour réparer les pots cassés.

Il interpelle le ministre Pierre Dufour : Il est temps de cesser de gérer la forêt à la petite semaine et d’accumuler les mauvaises nouvelles.

Le ministère n’a pas encore répondu à une demande de réaction sur le dossier.

De son côté, Produits forestiers Résolu indique que le barrage ne les a pas touchés directement jusqu'à présent et la compagnie n'a pas de craintes additionnelles. Elle dit maintenir le dialogue et les échanges avec les parties.

Néanmoins, le directeur principal, affaires publiques et relations gouvernementales du groupe Louis Bouchard espère néanmoins qu'une solution durable à cette situation puisse intervenir le plus tôt possible pour le bien de tous.

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