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Kanesatake aura finalement le droit d’avoir une ambulance de secours

Un homme pose pour la photo.

Robert Bonspiel, président de Paramédics des Premières Nations

Photo : Gracieuseté

Kanesatake aura finalement le droit d’avoir une ambulance de secours; la communauté mohawk attend désormais que Québec légifère pour corriger « l'iniquité » en ce qui concerne les horaires des ambulanciers.

Samedi, le ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, avait une bonne nouvelle pour cette communauté autochtone des Basses-Laurentides : il est intervenu auprès du ministère de la Santé et des Services sociaux afin que la firme Paramédics des Premières Nations (PPN) puisse finalement posséder une ambulance de secours (aussi appelée mulet).

Le Secrétariat aux Affaires autochtones a en outre offert 35 000 $ pour permettre à cette entreprise de Kanesatake d’acquérir un véhicule d’occasion auprès d’Urgences-santé.

Je me réjouis de voir que tous les partenaires ont mis la main à la pâte pour trouver une solution créative. Ensemble, on peut tout faire, a déclaré le ministre Lafrenière par la voie d'un communiqué de presse. Il se réjouit qu’une éventuelle rupture de services puisse ainsi être évitée.

La seule ambulance de PPN est immobilisée depuis le 30 avril à la suite d’un accident. Le seul service d’ambulance autochtone au Québec a donc dû solliciter d’autres entreprises pour louer un véhicule de remplacement. Il s'agit en effet du seul service ambulancier du Québec à ne pas être autorisé à posséder un mulet, ce que certains ont assimilé à une forme de racisme systémique.

L'avant du véhicule est cabossé au point où le capot ne peut plus fermer correctement.

L'unique ambulance de la communauté de Kanesatake a été accidentée le 30 avril dernier.

Photo : Gracieuseté

Du côté de Paramédics des Premières Nations, le président Robert Bonspiel se félicite de cette nouvelle.

« On est contents de l’annonce, que le ministre soit intervenu et qu’un dialogue soit entamé afin de tenter de régler la problématique dans un futur proche. »

— Une citation de  Robert Bonspiel, président de Paramédics des Premières Nations

La subvention d'environ 35 000 $ permettra d’acquérir un véhicule d’occasion pour continuer à mener des interventions. Cela permettra d’avoir un véhicule de secours quand l'autre ambulance sera en réparation. PPN prévoit investir environ 26 000 $ pour que l'ambulance soit équipée et opérationnelle.

L'épineuse question des horaires

Désormais, Robert Bonspiel attend avec impatience que Québec se prononce sur la question des horaires des ambulanciers partout au Québec afin de mettre fin à une situation qu’il juge inéquitable.

Comme bien des ambulanciers en région éloignée, les ambulanciers mohawks travaillent selon un horaire sept jours sur quatorze pendant lesquels ils sont considérés comme étant de garde. Comme ils peuvent être chez eux tout en étant disponibles en cas d’urgence, le système de répartition calcule automatiquement un temps de réponse supplémentaire de 10 minutes pour leur laisser le temps de s'habiller et de se rendre à l'ambulance.

Néanmoins, dans un secteur où les entreprises privées de services ambulanciers se font concurrence et où chaque appel est automatiquement dirigé vers l’ambulance qui peut se rendre sur les lieux le plus rapidement, ces 10 minutes de pénalité créent une concurrence déloyale, selon le chef d’entreprise mohawk.

Il souligne l’absurdité du système actuel, qui fait en sorte que l’appel d’un habitant de Kanesatake au 911 pourrait être transmis à une ambulance stationnée à Oka, à neuf minutes de là, alors que les ambulanciers de Kanesatake pourraient probablement intervenir plus rapidement. Cela crée une forme d’iniquité en matière de santé, selon M. Bonspiel.

Des négociations sont actuellement en cours à l'échelle de la province, mais impossible de savoir pour l'instant quand elles aboutiront.

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