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Les femmes autochtones plus souvent malmenées par la GRC, confirme un nouveau rapport

Le bureau de la GRC de Prince Albert

La GRC est dans la ligne de mire depuis plusieurs années.

Photo : Radio-Canada / CBC/Neil Cochrane

Radio-Canada

Un nouveau rapport d'une coalition de défense des droits de la personne demande à Ottawa de mener un examen externe indépendant sur l'attitude de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) vis-à-vis des femmes.

Publié le 9 mai, le rapport de l'Alliance canadienne féministe pour l'action internationale (Nouvelle fenêtre) (AFAI) constate que les preuves de harcèlement et de violence faite aux femmes par la GRC sont choquantes, et leur nombre ne cesse de croître. Selon le document de 56 pages, les femmes autochtones sont touchées de manière disproportionnée.

« Les femmes et les filles autochtones sont depuis longtemps la cible de violences sexuelles et d'exploitation de la part d'acteurs étatiques, y compris la police. »

— Une citation de  Pamela Palmater, titulaire de la chaire de gouvernance autochtone à l'Université métropolitaine de Toronto

Mme Palmater est co-auteure du rapport avec Sivangi Misra, Ashley Major et Shelagh Day de l’AFAI. Celui-ci a été financé en partie par le ministère fédéral des Femmes et de l'Égalité des genres.

Une femme pose pour la photo.

L'avocate mik'maw Pamela Palmater est co-auteure du rapport.

Photo : Gracieuseté Lisa MacIntosh

L'association, qui est composée d'organisations de défense des droits de la personne concernant les femmes à travers le Canada, a compilé et analysé des reportages, des enquêtes publiques et des documents publiés au cours de la dernière décennie.

Discrimination systémique

Le rapport indique que ceux-ci montrent des preuves d'un schéma de discrimination, de harcèlement et d'agression contre les femmes par des agents de la GRC.

L'AFAI demande qu’un examen soit mené pour déterminer comment la GRC traite les femmes à la fois en tant qu'employeur et fournisseur de services.

Dans une déclaration envoyée par courriel à CBC News, un porte-parole de la GRC a déclaré que son organisation était au courant du rapport. La GRC est assujettie à des examens de la part d'un certain nombre d'organismes externes, poursuit le communiqué.

« Comme nous l'avons démontré par le passé sur une variété de sujets, nous accueillons favorablement tout examen qui pourrait améliorer nos opérations. Tout en reconnaissant qu'il reste beaucoup à faire, la GRC a été active afin de faciliter le changement. »

— Une citation de  Extrait de la déclaration de la GRC

Le rapport a été remis au ministre fédéral de la Sécurité publique Marco Mendicino et à Marci Ien, ministre des Femmes et de l'Égalité des genres.

Dans une déclaration envoyée par courriel, le ministre de la Sécurité publique a écrit : Il n'y a absolument pas de place pour la misogynie, le harcèlement ou la violence au sein de la GRC ou dans la société canadienne.

Marco Mendicino parle au Parlement.

Marco Mendicino est le ministre fédéral de la Sécurité publique.

Photo : Radio-Canada / Adrian Wyld

« Pendant trop longtemps, il y a eu une culture au sein de la GRC qui tolère les inégalités systémiques et qui a conduit à la misogynie, à la discrimination, au harcèlement et à la violence au travail. »

— Une citation de  Marco Mendicino, ministre fédéral de la Sécurité publique

Le communiqué indique que le ministère a démarré des réformes en créant notamment le Centre indépendant de résolution du harcèlement, en renforçant la surveillance du Conseil consultatif de gestion de la GRC et en veillant à ce que l'effectif de la GRC reflète davantage la diversité au pays.

Au moment de publier, le ministère de la Femme et de l'Égalité des genres n'avait pas répondu à une demande de commentaire.

Selon Mme Palmater, la culture de misogynie et de racisme au sein de la GRC a été mise en évidence par les conclusions de l'ancien juge de la Cour suprême Michel Bastarache en 2020, dans son rapport sur la mise en œuvre du règlement Merlo-Davidson, sur le harcèlement sexuel des employés de la GRC.

Si les policières de la GRC ne sont pas à l'abri des agressions sexuelles commises par des policiers masculins, il n'est pas surprenant que les femmes et les filles autochtones marginalisées soient dans la même situation, a déclaré Mme Palmater.

Diffamés, surveillés, criminalisés

L'étude cite également d'autres rapports, y compris le rapport final de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, comme preuve de l'échec de la GRC à prévenir la violence contre les femmes et les filles autochtones et à enquêter de manière approfondie sur leurs disparitions et leurs décès.

Le rapport publié lundi indique également que les défenseurs des territoires ancestraux autochtones, dont beaucoup sont des femmes, sont diffamés, surveillés, criminalisés et soumis à la violence par laGRC en étant arrêtés et expulsés de force de leurs territoires.

Ces actes violent le droit des femmes à l'égalité et à la non-discrimination, a déclaré Shelagh Day, présidente du comité des droits de la personne de l’AFAI.

« Le Canada ne peut pas avoir de plan d'action national crédible sur la violence faite aux femmes ni de plan d'action national crédible sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées tant que la culture de la misogynie et du racisme à la GRC n'est pas éradiquée. »

— Une citation de  Shelagh Day, présidente du comité des droits de la personne de l’AFAI

Selon la sénatrice Kim Pate, qui était présente à la conférence de presse, de tels agissements sont aussi observables au sein de l’armée et des prisons fédérales.

Bien qu'il y ait eu beaucoup d'efforts pour essayer de résoudre ces problèmes, nous voyons le besoin très réel des types d'appels à la responsabilité et à la surveillance que l’AFAI a lancés.

D'après un texte de Ka’nhehsí:io Deer, CBC

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