•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le chef héréditaire Na’moks des Wet’suwet’en prend la parole à Montréal

Chargement de l’image

Le chef héréditaire Na'moks de la Nation Wet'suwet'en, en Colombie-Britannique, a pris la parole lors de l'assemblée générale annuelle d'Amnistie internationale, qui a eu lieu samedi à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Charles-Émile L'Italien-Marcotte

Radio-Canada

En marge de son assemblée générale annuelle, organisée samedi à Montréal, Amnistie internationale a invité le chef héréditaire wet’suwet’en Na’moks pour discuter de l’exploitation des énergies fossiles sur son territoire. Des représentants de certaines Premières Nations du Québec, notamment des Atikamekw, ont assisté à cette rencontre.

Le chef Na’moks a rappelé que l’exploitation des ressources naturelles sur les territoires autochtones ne concerne pas seulement les Wet’suwet’en. Il a ajouté que sa nation n’a jamais signé de document qui autorise l’industrie à couper le territoire [des Wet’suwet’en] en deux.

Son intervention s’inscrit dans le dossier de la construction du gazoduc Costal GasLink, auquel les chefs héréditaires wet’suwet’en s’opposent. De nombreux Autochtones ont été arrêtés par la GRC lors de manifestations contre ce projet.

Il a demandé que soit appliquée la loi [wet’suwet’en] sur son territoire et [que cela se fasse] dans le respect de tous les êtres vivants : c’est notre devoir.

Le chef Na’moks a en outre exigé que l’État canadien et l’industrie respectent, reconnaissent et prennent en compte les droits des Wet’suwet’en dans un effort pour parvenir au développement durable du territoire. De plus, il a dit souhaiter que le gouvernement canadien reconnaisse le système de gouvernance de sa nation. Nous sommes chez nous, a-t-il noté.

Selon lui, l’exploitation des ressources sur le territoire wet’suwet’en nécessiterait notamment des consultations significatives, le partage de l’information et des discussions avec les chefs sur tous les aspects des projets. Il doit s’agir de négociations de gouvernement à gouvernement qui soient équitables, a-t-il plaidé.

Pour le chef Na’moks, aucune mesure sérieuse n’a été prise pour s’assurer que les droits de la Nation Wet’suwet’en soient respectés dans le dossier du gazoduc Costal GasLink, et les intervenants dans le dossier n’écoutent pas le peuple.

Dire la vérité

La participation du chef Na’moks à l’assemblée générale d’Amnistie internationale visait à sensibiliser les participants à la violence et à tout ce qui arrive à tous les Autochtones au pays, a-t-il indiqué en entrevue.

Il n’y a aucune raison pour [justifier] la violence [des autorités] sur notre territoire, envers notre peuple et nos partisans, [car] nous sommes non violents, a-t-il indiqué. Durant sa conférence, une vidéo qui montrait plusieurs interventions musclées de la GRC contre des membres de la Nation Wet’suwet’en a d’ailleurs été présentée.

« Les gens mettent leur vie en jeu et cela ne devrait pas arriver au Canada. »

— Une citation de  Le chef héréditaire Na'moks de la Nation Wet'suwet'en

Cependant, [nous] pouvons prendre la parole, et peu importe ce que les élus ou l’industrie peuvent dire, la vérité éclatera, a-t-il poursuivi.

Le chef Na’moks a pour objectif de revenir à ce que le [gouvernement du] Canada a affirmé qu’il ferait pour les Autochtones au pays. C’est une démocratie et ce n’est pas de cette manière qu’elle est gérée : dans une démocratie, le peuple a une voix, et le peuple entend la voix du gouvernement, mais ici, [on entend seulement] la voix de l’industrie, s’est-il indigné.

Le dollar devient plus important que les êtres humains, s’est désolé le chef Na’moks.

« Nous avons besoin d’un gouvernement et d’une industrie qui reconnaissent le bien-être, qui protègent la planète, parce que la planète connaît la manière dont nous [devrions agir], mais elle est en dernier sur la liste [des priorités], et ce n’est pas ça, le progrès. »

— Une citation de  Le chef héréditaire Na'moks de la Nation Wet'suwet'en

Il a expliqué que l’existence des êtres humains ne devrait pas être notre priorité : nous devrions [plutôt] protéger la terre, l’eau et l’air, [ce qui] serait le vrai progrès.

Ce que [le gouvernement et l’industrie] font en ce moment avec la militarisation [du territoire wet’suwet’en] consiste à renforcer l’idée selon laquelle peu importe ce que les gens vont dire, l’exploitation du territoire va se produire, a affirmé le chef Na’moks, même si cela se fait au détriment de la nature, et pas seulement du territoire des Wet’suwet’en, contrairement à ce qu’affirment les élus et les représentants de l’industrie.

Et ce n’est pas la vérité, [car] tout le monde peut contribuer à changer les choses, et ce que j’espère, c’est que les gens prennent la parole et posent des gestes qui soient en harmonie avec l’endroit où nous vivons, a-t-il enchaîné.

Nous pouvons dire la vérité et cela va sauver cette planète, contrairement à l’argent, parce que l’avidité est ce qui détruit la Terre, a-t-il conclu.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !