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L’ombudsman de Montréal somme la Ville d’agir au sujet de l’itinérance autochtone

Une itinérante couchée dans la rue.

Une itinérante dans le secteur Milton-Parc à Montréal

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

L'ombudsman de Montréal, dans un rapport (Nouvelle fenêtre) paru mercredi, fait état de la crise humanitaire qui touche les itinérants autochtones dans le secteur Milton-Parc et somme la Ville de Montréal de passer à l'action.

L’heure est à l’action rapide et concertée, énonce, en ouverture du rapport, l'ombudsman de Montréal, Nadine Mailloux.

Le rapport nommé Ne pas détourner le regard est le fruit d'une enquête qui met en lumière le manque de planification et de collaboration entre les différents intervenants qui agissent auprès des itinérants autochtones dans la métropole.

L'itinérance, il faut le dire, est un problème réel et connu, mais nous avons vite réalisé que la situation portée à notre attention était critique, écrit d'ailleurs Mme Mailloux.

Les intervenants opèrent à l'intérieur de structures étatiques ou communautaires quelquefois difficilement compatibles, d'où un vide d'imputabilité (chacun se renvoie la balle). Il faut absolument apprendre à mieux se concerter, établit le rapport.

Des mesures saisonnières insuffisantes

L'ombudsman montre également du doigt le fonctionnement de la Ville de Montréal dans l'établissement des services offerts en période hivernale et de la mise en place de dernière minute de ceux-ci.

Les tentes et les refuges d'urgence hivernaux sont des palliatifs dispendieux qui ne résoudront pas le problème, peut-on lire. [...] Répondre aux besoins d'hébergement existants toute l'année représenterait une stratégie plus efficace pour appréhender l'itinérance et donnerait vie aux actions et objectifs réitérés moult fois par la Ville de Montréal.

Une population itinérante grandissante et une diminution des ressources

L'ombudsman de Montréal constate que la population d'itinérants autochtones est en croissance, mais que les ressources disponibles ont diminué.

Cette diminution peut s'expliquer par les restrictions sanitaires engendrant, entre autres, une pénurie de lits.

Cependant, les conditions de vie dans Milton-Parc décrites dans ce rapport ne semblent pas être uniquement le produit de la pandémie, bien que celle-ci ait pu les exacerber, note Nadine Mailloux.

Cinq recommandations et une enquête du Protecteur du citoyen

Face à ces constats, Nadine Mailloux et son équipe ont formulé cinq recommandations qui visent la Ville de Montréal.

L'ombudsman de Montréal a par ailleurs transmis ses préoccupations au Protecteur du citoyen, qui a accepté lui aussi de mener une enquête sur la situation de l'itinérance autochtone.

Recommandation 1

Que la Ville de Montréal rende la réglementation d'urbanisme plus flexible pour favoriser l'implantation de ressources d'hébergement.

Recommandation 2

Que la Ville de Montréal ait comme priorité d'assurer la concertation entre ses services et les partenaires externes dans l'élaboration de projets d'hébergement, de désigner un porteur de dossier et de garantir une reddition de compte formelle.

Recommandation 3

Que l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal et la Ville de Montréal incluent des citoyens dans le comité responsable de la sécurité du secteur Milton-Parc et dans la recherche de solutions pour la gestion de l'itinérance.

Recommandation 4

Que la Ville de Montréal révise son mode de financement des organismes communautaires.

Recommandation 5

Que la Ville de Montréal développe une approche préventive face à l'itinérance en créant notamment des programmes d'accueil et d'accompagnement pour les Inuit arrivant dans la métropole.

Il importe de passer de la parole aux actes, écrit Nadine Mailloux dans la conclusion du rapport. Il est fondamental de ne pas gérer cette situation par de simples cases à cocher dans un plan.

Il faut agir avec préméditation et s'assurer que les mesures planifiées produisent concrètement des résultats, que les entités de tous azimuts soient imputables des responsabilités qui leur incombent et que cette imputabilité ne soit pas mesurée par tâches isolées, mais plutôt par des impacts décisifs sur le terrain, ajoute-t-elle.

Une plainte citoyenne à l'origine de l'enquête

L'enquête a été déclenchée par une plainte de citoyens habitant près de l'avenue du Parc et de la rue Milton.

Ces citoyens dénoncent la dégradation, l'insalubrité ainsi que la dangerosité de ce quartier où cohabite une communauté de personnes en situation d'itinérance d'origine autochtone et inuit. Les résidents se plaignent de l'absence de prise en charge adéquate de ces problématiques par les autorités compétentes, apprend-on dans le rapport.

La plainte mentionne également que le local où se situe l'organisme The Open Door serait inapproprié et qu'il devrait être relocalisé.

Auparavant installé près du square Cabot, l'organisme avait dû déménager sur le Plateau-Mont-Royal en 2018 lorsque les locaux qu'il occupait ont été achetés dans le but d'en faire des condos. À ce moment-là, les résidents du secteur avaient déjà émis certaines inquiétudes.

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