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Les Premières Nations du Québec mettent en place un « Bureau de l’autodétermination »

Ghislain Picard parle au micro devant en lutrin en compagnie d'autres membres de Premières Nations.

Le chef de l'APNQL, Ghislain Picard, s'est adressé aux médias en fin d'après-midi jeudi au Centre Sheraton, à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Gabrielle Paul

Face au « manque de volonté et d'écoute » des gouvernements, les chefs de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) réaffirment leur droit à l'autodétermination et à l'autonomie gouvernementale en implantant un « Bureau » qui y sera consacré.

Cet organe servira à appuyer les gouvernements des Premières Nations dans la mise en œuvre de leur droit à l'autodétermination, a expliqué le chef de l'APNQL, Ghislain Picard, en conférence de presse jeudi à Montréal.

Le « Bureau de l'autodétermination et de l'autonomie gouvernementale » pourra notamment mener des études [et] des recherches dans les domaines d’intérêt pour l’autodétermination, assurer une veille stratégique et médiatique sur les enjeux liés à l’autodétermination et à l’autonomie gouvernementale et accroître les capacités des Premières Nations à élaborer leurs propres lois, adaptées à leurs réalités.

Le droit à l'autodétermination reconnu par l'ONU

Selon la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, les peuples autochtones ont le droit à l’autodétermination. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel. De plus, ils ont le droit d’être autonomes et de s’administrer eux-mêmes pour tout ce qui touche à leurs affaires intérieures et locales.

Selon les chefs membres de l'APNQL, les gouvernements provincial et fédéral font preuve d'un manque flagrant de volonté à développer des relations saines et égalitaires avec les Premières Nations.

Gros plan sur le visage de Ghislain Picard.

Ghislain Picard, chef de l'APNQL, a prononcé un discours sur l'importance du droit à l'autodétermination pour les Premières Nations du Québec, jeudi.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Je veux rappeler à François Legault et à son gouvernement que nous sommes bien vivants, les Premières Nations sont bien vivantes [et] sont engagées envers leur avenir, a lancé M. Picard lors de l'annonce. Nous sommes des peuples distincts avec des droits inhérents, dont celui à l'autodétermination et à l'autonomie gouvernementale.

« L’exercice de ce droit à l'autodétermination n’est pas une action contre les Québécois et les Canadiens. C’est plutôt une action prise par et pour nous, pour nos nations et nos communautés. »

— Une citation de  Ghislain Picard, chef de l'APNQL

Que la population générale ne connaisse pas l'existence de ces droits, je le comprends, a-t-il poursuivi. Mais les gouvernements du Québec et du Canada n'ont aucune excuse.

Une relation frustrante avec le gouvernement québécois

Avec les élections provinciales qui approchent au Québec, Ghislain Picard est revenu sur les frustrations qui ont ponctué les relations entre le gouvernement Legault et les Premières Nations au cours des dernières années.

[Des points de rupture], il y en a plusieurs, a-t-il souligné. Ce n'est pas une relation qui est prise au sérieux.

« On n'est pas l'UPA [Union des producteurs agricoles], on n'est pas la société civile, on est des gouvernements qui se reconnaissent ainsi avec les responsabilités qui nous incombent et on s'attend à être traités comme tels. »

— Une citation de  Ghislain Picard, chef de l'APNQL

On va de compromis en compromis, on se prête à un exercice de consultation et aux mécanismes existants comme les commissions parlementaires, on avance des solutions, mais si de l'autre côté il n'y a personne pour écouter, on en vient à des constats frustrants et irrespectueux, a-t-il conclu.

Pour M. Picard, l'approche du gouvernement Legault est ainsi totalement opposée à ce que veulent les communautés des Premières Nations, a-t-il affirmé en entrevue à l'émission de radio Midi Info d'ICI Première, vendredi.

Au cours des trois dernières années, le gouvernement a réussi à contourner certaines questions fondamentales, a-t-il souligné.

Par exemple, a-t-il poursuivi, lors du Grand cercle économique [des peuples autochtones], en novembre dernier, M. Legault était présent et a évacué toutes les questions liées au territoire [et à la gouvernance]. […] Et c'est là où on se bute à des murs constamment.

Ghislain Picard a aussi cité en exemple les enjeux liés à la protection de la jeunesse et le fait que le gouvernement Legault conteste en Cour suprême la loi fédérale C-92, soit la Loi concernant les enfants, les jeunes et les familles des Premières Nations, des Inuit et des Métis.

Le gouvernement du Québec prétend être ouvert à plus d'autonomie pour les communautés, alors que la loi fédérale C-92 parle bien plus d'une véritable autonomie, a-t-il dit. C'est complètement différent.

Gros plan sur le visage de Kahsennenhawe Sky-Deer, qui parle au micro.

Kahsennenhawe Sky-Deer, grande cheffe de Kahnawake, a elle aussi participé à la conférence de presse jeudi.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

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