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Pensionnats pour Autochtones : une enquête sur le rôle du Canada réclamée à l’ONU

Mme Archibald répond aux questions des journalistes.

La cheffe de l'Assemblée des Premières Nations, RoseAnne Archibald.

Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov

Radio-Canada

La cheffe de l’Assemblée des Premières Nations (APN), RoseAnne Archibald, demande aux Nations unies d’ouvrir une enquête sur le possible rôle du Canada dans les violations des droits de la personne liées aux pensionnats pour Autochtones.

Mme Archibald a interpellé l’ONU lundi, lors d’un point de presse tenu dans le cadre de la 21e session de l'Instance permanente sur les questions autochtones, à New York.

Elle a demandé que le rapporteur spécial des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, en collaboration avec d’autres représentants de l’instance internationale, examine le rôle du gouvernement canadien dans le système des pensionnats. Cette requête fait suite à la découverte de centaines de tombes anonymes sur les sites d’anciens pensionnats pour enfants autochtones au Canada.

Je ne les appelle plus des écoles, car aucune école que j’ai fréquentée n’enterrait des enfants dans des tombes anonymes, a lancé Mme Archibald. Le Canada et les États membres des Nations unies ne doivent pas détourner le regard.

La cheffe de l’Assemblée des Premières Nations demande que l’affaire fasse l’objet d’une procédure judiciaire complète, avec poursuites criminelles, sanctions et réparations.

Elle a également envoyé une requête écrite au Haut-Commissariat des Nations unies pour les droits de la personne.

Plusieurs sites où sont enterrés des enfants autochtones morts dans des pensionnats fédéraux ont été découverts au pays depuis un an, dont à Marieval, en Saskatchewan. Jusqu'à 751 dépouilles anonymes se trouveraient sur le terrain de l'ancien pensionnat.

Plusieurs sites où sont enterrés des enfants autochtones morts dans des pensionnats fédéraux ont été découverts au pays depuis un an, dont à Marieval, en Saskatchewan.

Photo : Radio-Canada

Lors de son point de presse, RoseAnne Archibald a évoqué la découverte de plus de 200 tombes anonymes près de l’ancien pensionnat autochtone de Tk'emlúps te Secwépemc, à Kamloops, en Colombie-Britannique, et de 700 autres près de celui de Marieval, dans la communauté Cowessess, en Saskatchewan.

Le Canada ne devrait pas avoir le droit d’enquêter lui-même, a soutenu la cheffe autochtone.

S’il vous plaît, aidez-nous à faire en sorte que de telles choses ne puissent jamais se reproduire. Pas juste pour nous, mais pour tout le monde.

Le Canada coopérera

Dans son dernier budget fédéral, Ottawa a prévu 10,4 millions de dollars sur deux ans pour que le ministère de la Justice nomme un interlocuteur spécial, dont le mandat sera de travailler avec les populations autochtones pour protéger et préserver les sites de tombes anonymes.

Le ministre canadien de la Justice, David Lametti, a indiqué qu’une éventuelle enquête des Nations unies n’affectera pas le travail de cet interlocuteur.

Nous n’entraverons pas ce genre de procédure si les Nations unies décident d’aller de l’avant, a-t-il indiqué. Nous coopérerons toujours avec les Nations unies.

David Lametti regarde l'objectif d'un photographe en conférence de presse.

Le ministre de la Justice et procureur général du Canada, David Lametti.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Mme Archibald souhaite aussi que la Cour pénale internationale fasse sa propre enquête sur les violations des droits de la personne liées aux pensionnats pour Autochtones au Canada.

Elle insiste sur la nécessité que toute enquête sur le rôle du Canada dans cette affaire soit impartiale et indépendante.

Elle estime que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ne peut être impliquée dans l'investigation, puisqu’elle a elle-même retiré des enfants de leurs familles pour les amener dans les pensionnats.

Plus de 150 000 enfants autochtones ont fréquenté des pensionnats au Canada à partir de 1830 jusqu’à la fermeture de la dernière école, en 1997.

RoseAnne Archibald explique que ce traumatisme intergénérationnel affecte toujours les survivants et leurs descendants. D’ailleurs, plusieurs d’entre eux maîtrisent mal leur langue maternelle.

Ces institutions étaient conçues pour tuer l’Autochtone dans chaque enfant, a souligné Mme Archibald.

La 21e session de l’Instance permanente des Nations unies sur les questions autochtones se poursuivra jusqu’au vendredi 6 mai.

Avec les informations de CBC

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