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PCU : les Autochtones sont-ils dans la mire de l’Agence du revenu?

Un homme devant son ordinateur.

À la fin de l’année 2020, 441 599 bénéficiaires de la PCU ont reçu des lettres de l’Agence du revenu du Canada qui remettaient en question leur admissibilité à ce programme d'aide.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La Presse canadienne

Les membres des Premières Nations sont nombreux à avoir reçu des lettres de l’Agence du revenu qui remettent en question leur admissibilité à la Prestation canadienne d’urgence (PCU) et qui laissent planer une éventuelle demande de remboursement.

Selon les données gouvernementales obtenues par La Presse canadienne en vertu de la Loi sur l’accès à l’information, 441 599 bénéficiaires ont reçu des lettres de l’Agence du revenu du Canada qui remettent en question leur admissibilité à la PCU à la fin de l’année 2020.

Par le truchement de ces missives, les prestataires étaient également avertis qu’ils pourraient avoir à rembourser une partie des sommes touchées.

L’étude des codes postaux révèle qu’un nombre disproportionné de ces lettres auraient été envoyées dans des communautés autochtones, entre autres au Manitoba et en Saskatchewan.

Deux régions du nord du Manitoba, où vivent deux des plus grandes communautés autochtones de la province, ont reçu un nombre particulièrement élevé de ces lettres éducatives, comme les présente l’Agence du revenu.

Une de ces deux communautés, particulièrement pauvre avec un revenu annuel par habitant de moins de 12 000 $, a reçu près 5000 avis à propos de la PCU.

La députée néo-démocrate Niki Ashton, qui représente cette région manitobaine à la Chambre des communes, a indiqué avoir reçu plusieurs appels de résidents inquiets de devoir rembourser la PCU.

Niki Ashton.

Niki Ashton

Photo : La Presse canadienne / Liam Richards

Ça cause beaucoup d’anxiété et de préoccupations chez les gens de notre communauté, a expliqué Mme Ashton.

Ça démontre le manque d’équité du gouvernement fédéral, qui déploie des ressources considérables pour pourchasser des gens dans un des endroits les plus pauvres au Canada.

Les secteurs qui comptent le plus de bénéficiaires de la PCU, y compris la grande région de Toronto, ont reçu une proportion moins grande d’avis écrits, selon les informations obtenues par La Presse canadienne.

L’Agence du revenu du Canada a réagi en disant que personne n’a été forcé de rembourser les prestations, qu’aucune date limite de remboursement n’a été fixée et qu’aucun effort n’a été déployé pour récupérer de l’argent auprès de certains groupes, y compris les communautés autochtones.

Des milliers d’autres avis ont été envoyés aux bénéficiaires de la prestation afin de vérifier leur admissibilité à ce programme d'aide qui leur donnait droit à 500 $ par semaine. Les bénéficiaires devaient avoir gagné au moins 5000 $ au cours des 12 mois qui avaient précédé leur demande pour toucher la PCU.

Trois chèques de la Prestation canadienne d'urgence.

Des chèques de la PCU du gouvernement du Canada

Photo : Radio-Canada

Cette opération de vérification, qui avait été promise par le gouvernement libéral, est facilitée par les déclarations de revenu.

Le plus faible taux de déclaration de revenus par les familles autochtones explique en partie la quantité d’avis reçus dans leurs communautés.

L’Agence du revenu encourage sur son site Internet les bénéficiaires autochtones de la PCU à faire leur déclaration pour les années 2019 et 2020 afin de démontrer leur admissibilité au programme.

Toutefois, certains bénéficiaires autochtones ont des exemptions de taxes pour les revenus obtenus sur leur réserve, comme le prescrit la Loi sur les Indiens.

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