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Protection du caribou : les Innus soutiennent Ottawa face à Québec

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L'habitat du caribou forestier est perturbé à plus de 70 % dans plusieurs secteurs névralgiques du sud du Québec.

Photo : Gracieuseté : Jean-Simon Bégin

Radio-Canada

Les Innus d’Essipit et de Mashteuiatsh soutiennent le gouvernement fédéral qui fait pression sur Québec, l’accusant de ne pas agir suffisamment pour protéger le caribou.

Une récente lettre de Steven Guilbeault, ministre fédéral de l’Environnement, à l’attention de Pierre Dufour, ministre québécois des Forêts, indique qu’Ottawa est prêt à imposer un décret pour protéger l’habitat essentiel du caribou au Québec.

Steven Guilbeault justifie sa décision par le manque d’action concrète de la part de Québec, sur qui repose la tâche de protéger le caribou forestier.

Dans un communiqué de presse publié mercredi, les Innus d’Essipit (Côte-Nord) et de Mashteuiatsh (Lac-Saint-Jean) font part de leur soutien au ministre Guilbeault.

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Le ministre Steven Guilbeault souhaite obliger à Québec à faire plus pour protéger le caribou.

Photo : The Canadian Press / Adrian Wyld

Pour les Premières Nations, il est satisfaisant de constater qu’Ottawa partage la même vision qu’elles de l’urgence de la situation et de la nécessité de mettre en place des mesures touchant cette espèce en péril au Canada, par un potentiel décret pour protéger son habitat essentiel, peut-on lire.

Il s’agit d’une espèce fondamentale au point de vue culturel et essentielle pour nous et pour plusieurs autres Premières Nations. Une intervention du fédéral pourrait permettre de pallier l’absence de mesures efficaces venant du Québec et ainsi protéger des zones essentielles à la survie et au rétablissement d’Atiku [caribou en langue innue], disent conjointement le chef d’Essipit, Martin Dufour, et le chef de Mashteuiatsh, Gilbert Dominique.

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Martin Dufour, le chef d'Essipit, explique que cela fait longtemps que sa communauté met tout en oeuvre pour protéger le caribou dans le Nitassinan.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Ce serait légitime pour le gouvernement fédéral d’intervenir dans ce dossier, indique le chef d’Essipit dans une entrevue téléphonique.

Il soulève également le fait que ce système de double compétence, provincial et fédéral, met parfois les Autochtones dans une fâcheuse position lorsque ces deux ordres de gouvernement ne s’entendent pas.

Ces questions de juridictions nous placent entre l’arbre et l’écorce, et on ne sait plus quel chemin prendre, poursuit le chef Dufour.

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Le chef Gilbert Dominique, de la communauté de Mashteuiatsh (Pekuakamiulnuatsh Takuhikan)

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Il explique aussi que sa communauté a vu le caribou disparaître et qu’il est normal que les Autochtones tentent de le protéger.

Le ministre Pierre Dufour devrait réagir à la dernière lettre du ministre Guilbeault jeudi.

Ce dossier est un contentieux entre les deux communautés et le gouvernement du Québec.

Le 24 février dernier, les deux communautés ont officiellement déposé un recours en Cour supérieure pour manquement à l’obligation du gouvernement québécois de consultation entourant les questions liées à la protection du caribou.

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La harde de caribous de Val-d’Or est désormais dans un enclos.

Photo : Ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs

Selon les derniers relevés, il y aurait 16 caribous en enclos de protection dans Charlevoix, 7 dans l'enclos de Val-d’Or et un peu plus d’une trentaine en Gaspésie, où des coupes forestières sont encore autorisées.

Les experts estiment à moins de 20 % les chances de survie de ces populations isolées de caribous.

En 2002, le caribou forestier a été désigné au Canada comme espèce menacée. Trois ans plus tard, c’était au tour du Québec de le reconnaître en tant qu’espèce vulnérable.

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