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Les mines d’or illégales en hausse sur un territoire autochtone au Brésil

Des orpailleurs, souvent reliés au crime organisé, se livreraient à des exactions contre les membres de la communauté yanomami, en particulier des jeunes filles.

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Des Autochtones de la nation yanomami à l'extérieur de leur cabane de la jungle amazonienne située dans l'État de Roraima, au nord du Brésil

Photo : Reuters / Gregg Newton

Agence France-Presse

L'orpaillage illégal a connu une avancée record l'an dernier dans la plus grande communauté autochtone du Brésil, dans un « climat de terreur permanente », selon un rapport publié lundi.

La zone touchée par le garimpo – terme brésilien utilisé pour ces mines d'or exploitées de façon artisanale – a augmenté de 46 % l'an dernier par rapport à 2020 en territoire yanomami, pour atteindre 3272 hectares au total.

Il s’agit de la plus forte augmentation annuelle depuis le début des relevés en 2018, selon le rapport de l'association Hutukara Yanomami (HAY).

Nous vivons le pire moment depuis que [le territoire de] cette communauté autochtone a été délimité et homologué, il y a 30 ans, dénonce cette association dans son document de plus de 100 pages basé sur des images par satellite et des entretiens avec les populations autochtones.

Le territoire des Yanomami s'étend sur 9,7 millions d'hectares dans le nord du Brésil, près de la frontière avec le Venezuela, et abriterait plus de 29 000 Autochtones de ce groupe ethnique.

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Une vue aérienne montrant un village de la communauté autochtone yanomami d'Irotatheri situé au cœur de l'Amazonie à la frontière du Brésil et du Venezuela

Photo : Reuters / Carlos Garcia Rawlins

Au-delà de la déforestation et de la pollution des rivières, l'orpaillage en territoire yanomami a provoqué une explosion des cas de malaria et d'autres maladies infectieuses, ajoute le rapport, évoquant également une augmentation effrayante de la violence envers les Autochtones, y compris des viols.

Des témoignages cités par le document évoquent les difficultés rencontrées par les populations autochtones à se nourrir en raison de la destruction de la forêt tropicale, où ils trouvent normalement leurs moyens de subsistance. Certains se retrouvent donc forcés à travailler dans les mines d'or illégales en échange de repas.

Les témoignages racontent également que des orpailleurs, souvent liés au crime organisé, demandent à des familles de leur livrer de jeunes filles pour des relations sexuelles contre de la nourriture.

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Chez les Yanomami, les familles vivent généralement dans des maisons communes.

Photo : Getty Images / UniversalImagesGroup

Les femmes yanomami voient les orpailleurs comme de terribles menaces, insiste l'association HAY, qui dénonce un climat de terreur permanente.

Les autorités gouvernementales brésiliennes n'ont pas répondu aux demandes de l'Agence France-Presse (AFP) pour commenter ce rapport.

Les procureurs fédéraux ont de leur côté déclaré qu'ils enquêteraient sur les allégations du rapport en vue de déposer d'éventuelles accusations criminelles. Ils ont également indiqué avoir déjà déposé un recours, le mois dernier, afin de contraindre le gouvernement à reprendre les actions de protection et les opérations de police contre les orpailleurs illégaux dans le territoire des Yanomami.

L'orpaillage illégal s'est intensifié ces dernières années en Amazonie avec l'envolée du cours de l'or. Cette activité a causé la déforestation de 125 km2 en 2021.

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Le président du Brésil, Jair Bolsonaro

Photo : Reuters / BERNADETT SZABO

Le président d'extrême droite Jair Bolsonaro est accusé par les associations de défense des Autochtones de vouloir rapidement faire approuver au Parlement des lois visant à autoriser les activités minières dans les territoires autochtones.

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