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Protection de la jeunesse : les Autochtones disent « perdre espoir » envers Legault

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Le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), Ghislain Picard.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Des représentants autochtones disent « perdre espoir » d’être entendus par le gouvernement Legault en ce qui a trait à leurs revendications en matière de protection de la jeunesse.

Dans un communiqué publié lundi, l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) se dit préoccupée et consternée par le peu d'échos que semblent avoir eu ses nombreuses démarches lors des travaux de la commission parlementaire qui étudie le projet de loi 15.

L’APNQL souligne que la commission Viens en 2019 et la commission Laurent en 2021 ont toutes deux recommandé une révision de la Loi sur la protection de la jeunesse pour mieux refléter les particularités des Autochtones. Pour cette organisation qui représente 10 des Premières Nations du Québec, cela passe notamment par une plus grande autonomie des communautés, voire par l'autonomie complète en matière de protection de la jeunesse.

D'après l'APNQL, qui dit avoir suivi attentivement les travaux de la commission, le gouvernement Legault fait plutôt le choix d’imposer ce qu’il juge être bon pour les communautés.

« L'acharnement du ministre Carmant [ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux] et de son gouvernement à limiter la capacité de gouvernance de nos dirigeants est du colonialisme à son meilleur. »

— Une citation de  Ghislain Picard, chef de l'APNQL

Selon Ghislain Picard, il y a ici un abus flagrant de notre bonne foi et surtout de celle de nos experts, qui n'ont pas ménagé les efforts pour soutenir les travaux des différentes commissions qui ont eu à se pencher sur ces questions.

Il n’avait pas été possible de parler à M. Picard lundi pour en savoir plus sur les arguments qui sous-tendent ces affirmations.

Du côté du cabinet du ministre Carmant, on indique respecter entièrement les propos du chef Picard. Le cabinet souligne toutefois que le projet de loi 15 comporte de nombreuses avancées concernant les communautés autochtones et que l'approche privilégiée est de conclure des ententes avec celles-ci en toute bonne foi.

Notre but est le même, soit la protection et le bien-être de tous les enfants du Québec, conclut le courriel acheminé à Espaces Autochtones.

Soutien de Québec solidaire

Lundi, la sortie publique de l’APNQL a trouvé écho auprès du parti d’opposition Québec solidaire, qui déplore l’attitude paternaliste envers les peuples autochtones de la Coalition avenir Québec (CAQ).

« Le projet de loi 15 est l’occasion ou jamais de tendre la main aux Autochtones et de s’engager concrètement dans la voie de la réconciliation. La CAQ ne peut pas manquer ce rendez-vous important. »

— Une citation de  Manon Massé, porte-parole de Québec solidaire

En décembre dernier, le ministre Carmant a présenté le projet de loi 15, qui vise notamment la primauté de l'intérêt de l'enfant dans toutes les décisions le concernant. Il s’agit d'éviter, entre autres, que les enfants ne soient trop souvent déplacés d’une famille à l’autre.

Les représentants autochtones avaient à l’époque salué certaines avancées, notamment la reconnaissance du concept de famille élargie, afin de garder le plus possible les enfants au sein des communautés.

Les enfants autochtones surreprésentés à la DPJ

Toutefois, l’APNQL déplorait déjà que le gouvernement Legault était fermé à l’idée selon laquelle les Nations autochtones pourraient voter leurs propres lois en matière de protection de la jeunesse.

Arguant que cela empiétait sur ses domaines de compétence, le gouvernement Legault a aussi décidé, en mars dernier, de contester en Cour d’appel la loi fédérale C-92, qui permet l'autonomisation des peuples autochtones en matière de services à l’enfance.

Au Québec, environ 15 % des enfants de moins de 14 ans en famille d’accueil sont autochtones (50 % au Canada), alors qu’ils ne représentent qu’environ 3 % de cette population, selon les données de Statistique Canada issues du recensement de 2016.

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