•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Envoyée spéciale

Les Métis et le pape ont parlé de vérité, de réconciliation et de guérison

La première délégation à rencontrer le pape était menée par la présidente du Ralliement national des Métis, Cassidy Caron. Cette délégation était composée d'une vingtaine de représentants, mais seulement neuf personnes ont rencontré le souverain pontife.

Des Métis du Canada, certains vêtus de vêtements traditionnels, sur la place Saint-Pierre au Vatican.

Des membres de la délégation des Métis se sont réunis sur la place Saint-Pierre, au Vatican, peu avant d'être rencontrés par le pape pour discuter des pensionnats pour Autochtones au Canada.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

« Nous sommes venus pour la vérité, la réconciliation et la guérison […] et le pape a répété vérité, réconciliation et guérison. Je prends cela comme un engagement. » C'est le résumé qu'a fait la présidente du Ralliement national des Métis, Cassidy Caron, de la première rencontre entre des survivants de pensionnats pour Autochtones et le pape François, au Vatican.

À plusieurs reprises, la présidente du Ralliement national des Métis, Cassidy Caron, a expliqué : Nous sommes venus pour la vérité, la justice, la réconciliation, et la guérison.

Et si le pape a répondu pendant 10 minutes en italien, les seuls mots qu’il a dits en anglais sonnent comme un engagement aux oreilles de Cassidy Caron.

Quand on l’a invité sur notre chemin pour la vérité, la réconciliation, la justice et la guérison, les seuls mots qu’il nous a répétés en anglais étaient vérité, justice et guérison. Je prends cela comme un engagement personnel de sa part pour ces trois actions, a expliqué Cassidy Caron sur la place Saint-Pierre juste après la rencontre.

Une femme se tient debout sur la place Saint-Pierre, au Vatican.

La présidente du Ralliement national des Métis, Cassidy Caron, sur la place Saint-Pierre, lors de la visite d'une délégation autochtone au Vatican en 2022.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Pendant une heure, le pape a écouté les 10 délégués de la nation métisse. Trois survivants des pensionnats pour Autochtones : Angie Crerar, 85 ans, Aînée Anne LeFleaur, 79 ans, et Émile Janiver, 74 ans, ont raconté au pape leurs histoires, mais tant d'autres sont restées inconnues, tant de peines sont restées sous silence, a précisé Mme Caron.

Selon elle, le pape était très attentif, à l’écoute, et on pouvait voir la tristesse sur son visage lors des récits des survivants.

Elle espère d’ailleurs que d’ici vendredi, lors de l’audience finale avec tous les Autochtones, le pape aura eu le temps de digérer ses mots et de les traduire de sa tête à son cœur.

On a fait le travail difficile de nous préparer pour ce voyage, pour nos conversations avec le pape. On a fait le travail de traduire nos mots pour qu’il les comprenne, c’est son tour de nous rejoindre dans ce travail, a-t-elle poursuivi, invitant par la même occasion tous les catholiques du monde à prendre conscience des drames vécus par les enfants autochtones dans les pensionnats.

Il n’est jamais trop tard pour faire la bonne chose.

La présidente métisse souhaite néanmoins des actions concrètes. Le pape n’a pas formulé d’excuses. Les Métis, comme de nombreux autres Autochtones, espèrent plutôt que si des excuses sont formulées, qu’elles le soient au Canada, là où les traumatismes et les horreurs se sont produits.

Des Métis du Canada, certains vêtus de vêtements traditionnels ou jouant du violon, sur la place Saint-Pierre au Vatican.

Des membres de la délégation des Métis se sont réunis sur la place Saint-Pierre, au Vatican, peu avant d'être rencontrés par le pape pour discuter des pensionnats pour Autochtones au Canada. À l'avant-plan, Brianna Lizotte et Alexander Kusturok jouent du violon.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

À la sortie de l'audience qui a duré une heure, lundi matin, Mme Caron était accompagnée par des joueurs de violons traditionnels métis, de survivants des pensionnats et par d’autres Métis du Canada. La musique est très importante dans leur culture, ont expliqué plusieurs Métis.

C’est notre culture et nous sommes fiers d’être Métis, fiers de toujours être là et de célébrer qui nous sommes, a ajouté Cassidy Caron.

Elle a précisé ne pas célébrer la rencontre avec le pape, mais le fait d’être au Vatican, comme une seule nation, avec les Inuit et les Premières Nations.

On célèbre la résilience.

Un cadeau spécial

La délégation n’est pas venue les mains vides. L’historien et artisan métis Mitch Case, de Sault Ste. Marie, en Ontario a fabriqué des mocassins brodés traditionnels rouges qui ont été offerts au pape.

Des mains tiennent deux souliers rouges brodés

La délégation des Métis a offert au pape ces mocassins traditionnels, symbole du long chemin qu'il reste encore à faire, selon eux.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Faits en peau d’élan, ces Niwiida’adoomaa ont été teintés de rouge pour représenter les souliers que portent traditionnellement les papes. Le pape François a néanmoins décidé de ne pas porter de souliers rouges, mais plutôt de très classiques chaussures noires.

Pour Mitch Case, même si le pape François ne porte pas de chaussures rouges traditionnelles, il porte tout de même le legs de ceux qui étaient en place avant lui. Les mocassins ont une forte signification dans la culture métisse, car ils représentent la connexion à la terre, mais aussi le fait qu’ils marchent sur les pas de leurs ancêtres.

Ils sont symboliques pour nous que l’Église a un long chemin à faire avant qu’on puisse possiblement lui pardonner pour ce qu’elle a fait. Mais si [le pape] est prêt à marcher avec nous, alors on est prêts à marcher avec lui, a lancé Mitch Case.

Une femme tout sourire avec une veste brodée et un homme qui tient des mocassins rouges brodés

La présidente du Ralliement national des Métis, Cassidy Caron, porte fièrement la veste fabriquée par le Métis Mitch Case juste avant d'aller rencontrer le pape.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Pour la rencontre avec le pape, la présidente Cassidy Caron a revêtu une veste traditionnelle Giiweyendam brodée.

Mitch Case a délibérément choisi de faire les motifs floraux de la veste avec des perles antiques qui ont plus de 100 ans.

Elles viennent d’un temps avant les pensionnats pour Autochtones, avant ces crimes contre l’humanité qui ont été faits contre notre peuple, a précisé l’artisan métis.

Avec cette veste et ces perles surtout, la délégation souhaitait retourner dans le temps à ce qu’ils étaient avant les horreurs, la douleur et les traumatismes des pensionnats. Une manière de mettre en avant les valeurs et les perspectives des Métis pour aller de l’avant et guérir.

Selon Cassidy Caron, le pape s’est dit très reconnaissant de recevoir ce cadeau.

Une rencontre aussi avec les Inuit

Le pape a aussi rencontré la délégation Inuit Tapiriit Kanatami. Sept personnes étaient présentes, selon le Vatican, dont le président de l'Inuit Tapiriit Kanatami, Natan Obed.

Plus de détails sur cette rencontre seront donnés à l’occasion d’une conférence de presse qui se tiendra plus tard lundi.

Des évêques canadiens ont assisté aux rencontres.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !