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Coupes forestières : les Atikamekw bloquent la route vers Manawan

Un groupe de personnes discutent.

Une vingtaine de membres de la communauté atikamekw, dont la famille Dubé, sont allés à la rencontre des employés de la Scierie St-Michel au début du mois de février pour leur remettre une lettre dans laquelle ils exigeaient la fin des coupes d'arbres. Puisque les travaux forestiers ont repris, les Atikamekw ont entrepris de bloquer la route le 17 février.

Photo : Gracieuseté : Sylva Ottawa

Radio-Canada

Les Atikamekw de Manawan ne décolèrent pas : les coupes forestières sur leur territoire doivent cesser. Ils ont érigé un « campement de sensibilisation » au kilomètre 60 de la route qui relie leur communauté à la municipalité de Saint-Michel-des-Saints. Et d’autres barrages routiers pourraient aussi être établis sous peu si les coupes ne cessent pas.

Le blocage au kilomètre 60 est en place depuis deux semaines. Il a pour but de sensibiliser les gens qui passent par là, fait valoir le chef de territoire Henri Dubé. Si les membres de sa famille empêchent le passage, c’est pour dénoncer les coupes forestières effectuées par certaines compagnies. Beaucoup de coupes, insiste-t-il.

La famille d’Henri Dubé s’est installée au kilomètre 60 de la route en espérant faire respecter le moratoire sur les coupes forestières imposé par le Conseil de bande de Manawan en novembre dernier et par la suite complété par un règlement destiné à en assurer la mise en œuvre le 18 janvier.

Nous avons rencontré l’ingénieur forestier [qui supervise les opérations] pour arrêter les travaux, mais trois jours plus tard, les coupes continuaient, poursuit Henri Dubé. Selon lui, la compagnie qui effectue les travaux de bûchage ne respecte pas les ententes conclues avec la communauté et avec les chefs de territoire, ce qui constitue le cœur du litige.

Toutefois, les membres de la communauté pestent surtout contre ce qu'ils considèrent comme un abus de la part du groupe Champoux, dont les employés auraient aménagé un chemin forestier au milieu d’une érablière considérée par les Atikamekw comme un territoire qui devait être préservé. Ils ont fait un chemin non autorisé, indique Henri Dubé, et [la compagnie] nous disait qu’elle pouvait faire le chemin n’importe où. Selon lui, en vertu des ententes conclues, le groupe Champoux devait s’abstenir de le faire.

Des ententes stipulent que le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs [MFFP] et les entreprises [nous] consultent avant, rappelle Henri Dubé. Cependant, en ce qui concerne le chemin qui parcourt l’érablière, nous n’avons pas été consultés, affirme-t-il.

Tant que l’État ne nous dit pas d’arrêter, on continue, avait indiqué le 19 février le président-directeur général de la Scierie St-Michel, Jean-François Champoux.

M. Champoux avait alors réfuté l’idée selon laquelle l’entente d’harmonisation n’aurait pas été respectée dans ce cas, car, selon lui, l'aménagement de ce chemin était prévu, contrairement à ce qu’affirme la famille Dubé.

Tout a été entendu avec la communauté de Manawan, je ne sais pas où l’information ne s’est pas rendue, avait dit M. Champoux. On est un client de l’État. Tant qu’il ne nous dit pas qu’on n’a pas respecté l’entente, on continue. On n’est pas là pour dire si [les Atikamekw] ont raison ou tort, mais on a un engagement contractuel avec le gouvernement et on le respecte.

Plusieurs Atikamekw se relaient au campement érigé au kilomètre 60, où montent la garde une dizaine, une quinzaine de personnes, mentionne Henri Dubé. Et ils soutiennent qu'ils ne quitteront le campement que lorsque les coupes forestières cesseront.

Une zone à protéger

L’érablière sur le territoire d’Henri Dubé était une zone à protéger, déclare Glenn Dubé, délégué principal au développement économique au centre de ressources territorial du Conseil des Atikamekw de Manawan.

Le gouvernement et les chefs de territoire ont des ententes d’harmonisation [...] et tout était fait d’un commun accord, relate Glenn Dubé. Ces ententes d’harmonisation consistent en des aménagements destinés à répondre aux besoins et aux préoccupations des membres de la communauté quant à la gestion de leur territoire.

M. Dubé affirme que malgré l’entente qui portait sur l’érablière située sur le territoire de Jean-Jacques et Henri Dubé, le groupe Champoux est allé de l’avant. C’était clair qu’il ne fallait pas couper là, tranche Glenn Dubé, clair et précis qu’ils devaient contourner le territoire.

Ce non-respect de l’entente a amené la famille Dubé à mettre sur pied le campement de sensibilisation, où des dépliants ont été distribués, confirme Glenn Dubé. La famille s’est mobilisée, de même que des gens de la communauté, ajoute-t-il, pour que le règlement du Conseil des Atikamekw de Manawan du 18 janvier soit appliqué et pour que cessent les coupes forestières dans le secteur.

La famille [Dubé] attend le résultat de l’enquête du ministère [des Forêts, de la Faune et des Parcs] pour amener des solutions et pour que les opérations forestières cessent, précise Glenn Dubé. Il ajoute que les dommages causés par les activités d'exploitation forestière dans l’érablière sont considérables.

« Ça va prendre 140 ans avant que ça repousse. »

— Une citation de  Glenn Dubé, conseiller de la communauté atikamekw de Manawan

Et d’autres chefs de territoire atikamekw pourraient leur emboîter le pas et établir d’autres barrages, notamment à l’entrée pour les travailleurs [forestiers] au kilomètre 30, conclut Henri Dubé.

Avec les informations de Marie-Laure Josselin

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