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Une marche émouvante en hommage aux femmes autochtones disparues et assassinées

Des personnes, habillées pour affronter le froid, marchent dans une rue. Certaines tiennent des tambours traditionnels et d'autres tiennent des pancartes.

Des centaines de personnes ont marché le long de la rue Sainte-Catherine, à Montréal, à la mémoire des femmes autochtones disparues et assassinées.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Paul

Des centaines de personnes ont bravé le froid lundi soir afin de prendre part à une marche en l'honneur des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées à Montréal.

Les gens étaient d'abord invités à se rassembler au square Cabot, au coin des rues Sainte-Catherine et Atwater.

Peu après 18 h, le cortège a entamé son itinéraire, escorté par des véhicules du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), jusqu'au coin de la rue Mansfield.

L'émotion était palpable d'autant plus que cette marche, normalement annuelle, n'avait pas pu avoir lieu dans les dernières années en raison de la pandémie.

Plus de sœurs volées ont notamment scandé les nombreux participants entre des chants traditionnels et des cris de ralliement.

De la colère et de la fatigue

Tout au long de la marche, plusieurs femmes se sont adressées à la foule et ont témoigné de la colère et de la fatigue qui les habitent face à la violence vécue par les femmes autochtones.

L'Enquête nationale [sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées] a émis 231 recommandations et je n'en vois pas les impacts sur le terrain. Les organisations qui y travaillent vraiment ont besoin de soutien, dit Nakuset, la directrice du Foyer pour femmes autochtones de Montréal et codirectrice de Résilience Montréal, qui a participé à l'organisation de la marche.

Selon les chiffres de la [Gendarmerie royale du Canada], au Québec, il y aurait une quarantaine de femmes autochtones disparues, mais selon nos recherches ce serait davantage autour de 200, ajoute-t-elle.

Une femme parle dans un micro sur la rue Sainte-Catherine.

Nakuset est la directrice du Foyer pour femmes autochtones de Montréal et la codirectrice de Résilience Montréal.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Paul

C'est triste que nous devions encore nous rassembler pour tenir ce genre de marche, affirme de son côté Jessica Quijano, la coordonnatrice du projet Iskweu du Foyer pour femmes autochtones.

Ça ne fait aucun sens d'avoir 231 recommandations et que rien ne bouge, poursuit-elle. Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas d'argent, ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de solutions, c'est parce qu'il y a un grand manque de volonté politique.

Une femme parle dans un micro devant de la signalisation routière.

Jessica Quijano est la coordonnatrice du projet Iskweu du Foyer pour femmes autochtones de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Paul

Nous n'avons pas besoin de plus de police, nous n'avons pas besoin de plus de prisons, soutient Mme Quijano. Nous avons besoin de guérison, de justice réparatrice, de services et de logement.

La présidente de Femmes autochtones du Québec (FAQ), Marjolaine Étienne, récemment élue, a aussi prononcé quelques mots.

Il ne faut jamais, jamais oublier ce qui est arrivé à nos sœurs, affirme-t-elle. Quand on blesse une femme, on blesse un enfant, des enfants. Quand on blesse des enfants, on blesse une communauté, et ça doit changer.

Deux femmes tiennent un drapeau de Femmes autochtones du Québec.

Marjolaine Étienne (à gauche) est la nouvelle présidente de Femmes autochtones du Québec (FAQ).

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Paul

Le ministre québécois responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, a par ailleurs participé à la marche.

Le 14 février, c’est aussi la grande marche pour les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées, a-t-il écrit sur Twitter. Nous avons ce devoir de mémoire afin de les honorer, mais surtout, de ne jamais les oublier.

Plus tôt dans la journée, le ministre des Relations Couronne-Autochtones, Marc Miller, a publié un communiqué afin de souligner les différents événements organisés pour les femmes autochtones le jour de la Saint-Valentin.

En rendant hommage aux familles et aux survivantes d'actes de violence odieux et absurdes, il est important que nous réfléchissions à ce qui reste à faire pour empêcher de tels actes et aux moyens de mieux soutenir les survivantes, écrit le ministre Miller.

En nous écoutant mutuellement et en travaillant ensemble, nous pouvons agir pour mettre fin à la violence contre les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQQIA+ autochtones, peut-on aussi lire dans ce communiqué.

À Vancouver, en Colombie-Britannique, des centaines de personnes ont aussi marché dans les rues du quartier Downtown Eastside à la mémoire des femmes autochtones disparues et assassinées.

C'est à Vancouver d'ailleurs que les veillées et les marches de la Saint-Valentin pour les femmes autochtones ont débuté, en 1992, après le meurtre de Cheryl Ann Joe, une Salish de la côte. Le 14 février correspond au jour où son corps a été retrouvé.

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