•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

StartUP Nation Ikwe, une formation pour femmes d’affaires autochtones en herbe

Dave Laveau et Josée Leblanc.

Josée Leblanc, une entrepreneure autochtone, a reçu le prix de l'entreprise de l'année lors du Grand Cercle économique des Premières Nations et inspire d'autres femmes qui veulent se lancer en affaires.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Un carrefour pour femmes autochtones entrepreneures, une maison d’hébergement pour des patients autochtones hospitalisés, un centre de villégiature sur la Côte-Nord : proposés par des femmes autochtones, ces projets pourraient un jour devenir réalité grâce à la formation StartUP Nation Ikwe, qui vise à soutenir la création d'entreprises gérées par des Premières Nations.

Laura Pinette-Audette est une artiste qui s’adonne au perlage. Cette Innue de Maliotenam fabrique des boucles d’oreilles et rêve un jour d’ouvrir son petit magasin. Elle fait partie des quelques participants au séminaire organisé dans le cadre du projet StartUP Nation Ikwe.

Portée par l'organisme Femmes autochtones du Québec (FAQ) et par la Commission de développement économique des Premières Nations du Québec et du Labrador (CDEPNQL), cette initiative vise à offrir des conseils et des formations aux femmes qui désirent se lancer en affaires grâce aux conseils avisés d’experts.

Laura Pinette-Audette.

Laura Pinette-Audette a fait partie d'une des cohortes de StartUP Nation Ikwe.

Photo : Laura Pinette-Audette

Parmi ces experts figure Serge McKenzie, de la Société de développement économique Uashat mak Mani-Utenam (SDÉUM).

J’ai participé pour faire bénéficier aux participants de ma connaissance du milieu des affaires et de mon expérience en matière de développement économique, explique-t-il.

Selon lui, ce genre d’initiative permet aux communautés de faire la promotion de l’entrepreneuriat autochtone, de mettre au point de nouveaux modèles d’affaires et de repérer ceux qui ont pu persévérer.

Une série de boucles d'oreilles faites en perles.

Laura Pinette-Audette économise depuis cinq ans pour pouvoir, un jour, se lancer pleinement en affaires.

Photo : Laura Pinette-Audette

Les projets proposés par les cohortes précédentes s’inscrivaient essentiellement dans un modèle d’économie sociale.

L’économie sociale devient un moyen de développement privilégié pour les femmes, car elle vise à conjuguer la finalité sociale et la viabilité économique des projets par une démarche misant sur la démocratie, la coopération [partenariat], l’autonomie et la prise en charge par les collectivités locales, indique Marie Hanquez, conseillère en économie sociale à la CDEPNQL.

Les participantes ont articulé leurs projets pour combler des besoins et pour offrir des services destinés à une clientèle plus féminine, ajoute M. McKenzie. Ainsi, l’équipe de Uashat mak Mani-utenam dont faisait partie Laura Pinette-Audette voulait lancer Le Carrefour Innu, un lieu de rassemblement pour les femmes entrepreneures de leur communauté.

Des perles de plusieurs couleurs emballées dans de petits sacs en plastique.

Laura Pinette-Audette souhaite ouvrir sa propre boutique.

Photo : Laura PInette-Audette

Ce carrefour aurait compris des locaux à louer pour les femmes entrepreneures et les étudiantes, des espaces de réunion, un café-bistro, une halte-garderie, un atelier et une boutique d’artisanat.

Du côté de Trois-Rivières, l’équipe menée par Gabrielle Vachon-Laurent, une Innue de Pessamit, a élaboré un projet de centre d’hébergement pour les patients autochtones qui doivent s'éloigner de leur communauté pour recevoir des soins.

Aperçu du bas du corps d'une dame qui utilise une marchette pour se déplacer dans le stationnement du Centre hospitalier affilié universitaire régional (CHAUR) à Trois-Rivières.

Plusieurs Autochtones et leur famille doivent faire de nombreuses heures de route afin de se rendre à l'hôpital de Trois-Rivières. Ils ont donc besoin d'un logement sur place.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Nous avons réfléchi à l’infrastructure, au nombre de ressources dont on aurait besoin, à un accueil, à des chambres pour accueillir les familles des patients…, explique-t-elle.

En ce moment, beaucoup de ces gens logent chez des particuliers ou à l’hôtel lorsqu’ils viennent de communautés éloignées, par exemple Opitciwan ou celles de la Côte-Nord.

Soulignons aussi qu’un homme a fait partie de cette équipe.

Les hommes étaient les bienvenus à se joindre à une équipe, pourvu que celle-ci soit majoritairement féminine, précise Mme Hanquez. C’est d’ailleurs cet homme, Jean-Baptiste Biroté, un Atikamekw de Wemotaci, qui a lancé l’idée du centre d’hébergement.

Conseils et formations

Afin d'offrir à tous ces projets la possibilité de se concrétiser, l’équipe de formation et d'accompagnement de StartUP Nation Ikwe a donné des conseils aux participants pour tenir une comptabilité, maintenir une administration à jour, chercher des partenaires, trouver du financement et présenter un plan d’affaires.

Capture d'écran d'une réunion sur une plateforme en ligne avec le visage de plusieurs participants.

À cause de la pandémie, les formations se sont faites virtuellement.

Photo : Commission de développement économique des Premières Nations du Québec et du Labrador

J’ai une meilleure idée des portes auxquelles je dois cogner maintenant. Cette expérience m’a donné la chance de réaliser que je suis une femme d’affaires, illustre Mme Pinette-Audette, qui met de l’argent de côté depuis cinq ans dans l’espoir de trouver un local pour son magasin d’artisanat.

Des embûches à ne pas négliger

Les Autochtones et spécialement les femmes autochtones doivent faire face à des difficultés plus lourdes lorsqu’elles veulent se lancer en affaires. Le financement, c’est vraiment ce qu’il y a de plus contraignant, explique M. McKenzie.

Quand c’est administratif, les Autochtones bloquent, ils paniquent. Mais il faut dépasser ça, il ne faut pas abandonner même si ça nous fait peur, ajoute Mme Pinette-Audette.

Ce n'est pas la seule embûche pour les femmes entrepreneures. C’est encore plus difficile pour celles qui ont des enfants, renchérit M. McKenzie.

Il est toutefois très optimiste : Les jeunes générations sont plus structurées, plus motivées à se lancer dans de tels projets. On est dans un contexte où le pouvoir économique autochtone s’installe. Ça prend des femmes engagées, passionnées, conclut-il.

La section Commentaires est fermée

Les commentaires sont modérés et publiés du lundi au vendredi entre 6 h et 23 h 30 (heure de l’est).

Vous souhaitez signaler une erreur?Écrivez-nous (Nouvelle fenêtre)

Vous voulez signaler un événement dont vous êtes témoin?Écrivez-nous en toute confidentialité (Nouvelle fenêtre)

Vous aimeriez en savoir plus sur le travail de journaliste?Consultez nos normes et pratiques journalistiques (Nouvelle fenêtre)

Chargement en cours

Infolettre Espaces autochtones

Chaque semaine, suivez l’essentiel de l’actualité autochtone au Canada.

Formulaire pour s’abonner à l’infolettre Espaces autochtones.

Espaces autochtones

Un travail journalistique sérieux, constant et curieux est le meilleur moyen de dévoiler et expliquer des réalités que beaucoup ne soupçonnent peut-être pas. Et donc de comprendre. C'est ce que nous nous proposons de faire. Découvrir, informer, comprendre, expliquer.

— Soleïman Mellali, rédacteur en chef