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Élections à la tête de l’APNQL : deux candidats, deux visions

Une composition de portraits des deux hommes politiques autochtones.

Qui de Serge Otsi Simon ou de Ghislain Picard sera le prochain chef de l'APNQL?

Photo : Radio-Canada

Pandémie, relations avec les gouvernements, protection de la jeunesse... À la veille de l'élection du prochain chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), les deux candidats ont discuté des grands enjeux qui les attendaient à l'émission 24|60, présentée par Anne-Marie Dussault sur ICI RDI.

Les 43 chefs des Premières Nations du Québec et du Labrador membres de l'APNQL vont choisir ce 25 janvier entre le chef sortant, Ghislain Picard, et l'ex-grand chef de Kanesatake, Serge Otsi Simon.

Ghislain Picard convoite son onzième mandat avec une conviction et une énergie toujours au rendez-vous pour relever les défis des nombreux enjeux concernant les Autochtones.

Quant à Serge Otsi Simon, il dit avoir encore beaucoup à offrir. Sa candidature n'est pas une opposition à son ami Ghislain, mais il estime bon pour la santé d'une démocratie d'avoir un peu de compétition de temps en temps.

Priorités

Ghislain Picard veut continuer sur les acquis tout en ayant pour priorité la pandémie, qui a de nombreux impacts sur les communautés autochtones, plus vulnérables.

Il compte bien, s'il est réélu, mettre de l'avant l'arrivée massive du leadership féminin chez les Premières Nations.

En effet, l'année 2021 a été marquée par l’élection de plusieurs femmes autochtones à la tête d’organisations importantes, notamment RoseAnne Archibald à l'Assemblée des Premières Nations, Mandy Gull-Masty au Grand Conseil des Cris et Kahsennenhawe Sky-Deer au Conseil mohawk de Kahnawake.

On doit vraiment mettre à profit cette nouvelle réalité, qui reprend sa place au sein du leadership tous genres confondus, en incluant la communauté s'identifiant comme bispirituelle, c'est important d'y attacher une importance, indique Ghislain Picard.

Les dirigeants de 43 Premières Nations devront choisir le 25 janvier entre le chef sortant, Ghislain Picard, et l’ex-grand chef de la Nation mohawk de Kanesatake, Serge Otsi-Simon. Pandémie, racisme systémique, protection de la jeunesse, territoire, le candidat victorieux sera confronté à une multitude d’enjeux. Débat.

Sans préciser lesquels, Serge Otsi Simon veut, lui, de la continuité dans les succès que les Premières Nations connaissent, mais il souhaite porter ces réalisations à l'international.

Selon lui, les nations autochtones ne doivent pas seulement aller à l'ONU pour parler de leurs difficultés, mais elles devraient davantage partager leurs succès. Il est convaincu qu'outre éduquer les gouvernements, cela apporterait des partenariats économiques à l'international.

Relations avec les gouvernements

Les relations avec les gouvernements ont été l'un des sujets les plus abordés pendant la dizaine de minutes de discussions. L'ex-grand chef de Kanesatake qualifie ces relations de très difficiles.

Serge Otsi Simon a parfois l'impression qu'il y a une main tendue d'un côté, et de l'autre, une claque dans la face, faisant référence au projet de loi 96 qui vise à actualiser la Charte de la langue française.

La communauté mohawk a d'ailleurs fait des interventions pour exprimer son inquiétude lors des audiences publiques.

Il prône donc le dialogue, la diplomatie, mais quand c'est requis un durcissement de ton.

« Il faut essayer de trouver les buts communs entre nous et les Québécois. Comment vivre côte à côte en paix, mais en "équitabilité" juste. C'est ça le truc. »

— Une citation de  Serge Otsi Simon

Ghislain Picard réitère qu'il mise aussi sur le dialogue. Et s'il estime important de continuer de faire des représentations auprès des gouvernements, il mise aussi sur les alliances avec la population.

Cela prend une vague humaine pour essayer de faire changer le cap de ces gouvernements qui refusent systématiquement de reconnaître quelque chose d'aussi évident, précise-t-il en faisant référence au racisme systémique, que le gouvernement québécois ne reconnaît pas.

Rappelant que le Principe de Joyce, qui vise à garantir à tous les peuples autochtones le droit à un accès équitable aux services sociaux et de santé, a été adopté par les tous chefs membres de l'APNQL et qu'il est soutenu par Ottawa, Ghislain Picard assure qu'il est loin de baisser les bras, bien que Québec refuse de l'adopter.

Poser des gestes

Selon lui, en plus de dialoguer au niveau politique, il faut aussi poser des gestes, comme celui fait, mentionne-t-il, par la communauté atikamekw d'Opitciwan qui a créé sa propre loi de protection sociale, grâce à la loi fédérale C-92.

« Il faut poser ce type de geste pour démontrer la volonté très très claire des Premières Nations d'occuper la place. C'est ce qu'il faut faire actuellement et c'est ça que les gouvernements doivent comprendre. »

— Une citation de  Ghislain Picard

Serge Otsi Simon a d'ailleurs renchéri en lançant que la contestation par Québec de la loi fédérale C-92 est comme un autre symptôme de la deuxième colonisation de nos peuples autochtones du Québec.

Il a d'ailleurs parlé à nouveau d'économie. Car, selon lui, il faut régler les problèmes économiques dans les communautés, surtout isolées. Les malaises sociaux dans une communauté sont souvent reliés à l'économie ou au manque d'économie. Pour qu'on puisse gérer nos propres systèmes sociaux, ça prend des ressources!, a-t-il affirmé.

Enfin, le chef sortant Ghislain Picard dit vouloir plus d'ententes de nation à nation, prenant exemple sur celle signée le 24  janvier 2022 entre les Cris et les Innus sur la gestion du caribou, afin de maintenir la santé des populations de ces animaux.

C'est la démonstration, selon lui, que les nations autochtones sont en mesure d'exercer ce qu'elles considèrent comme étant de leur responsabilité, relevant de leur autorité.

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