•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un avocat mi’kmaw redécouvre l’histoire de ses ancêtres et la démystifie sur Facebook

La fresque représente des personnages autochtones dans un décor bucolique.

Les artistes Loretta Gould et Peter Steele ont édifié une murale honorant la réconciliation dans le centre-ville de Sydney, en Nouvelle-Écosse.

Photo : Nelson MacDonald, Charles Paul

Radio-Canada

Dans un esprit de partage, le Néo-Écossais Michael McDonald a décidé de publier ses recherches personnelles sur ses racines mi’kmaw sur Facebook. Ses conclusions déboulonnent des perspectives communément transmises sur l'histoire de son peuple.

Cet avocat issu de la Première Nation de Sipekne'katik n’hésite pas à questionner certains faits repris par les historiens, comme la grandeur des populations autochtones à l’arrivée des premiers colons ou encore le sens de la propriété chez les Mi’kmaw.

Il raconte qu'en grandissant, il entendait souvent les gens dire que les Mi'kmaw n'ont jamais cru à la propriété de la terre ou qu'ils ne croyaient pas à la signification du titre [de propriété].

M. McDonald a toutefois découvert, au fil de ses recherches, que ce n'était pas le cas, raconte-t-il entrevue à l’émission de CBC Information Morning Nova Scotia.

Dans toutes les lettres que les chefs ont écrites aux Britanniques à l'époque, ils ont déclaré : C'est notre terre. Si vous venez sur notre terre sans y être invités, nous vous considérerons comme un ennemi et nous vous attaquerons, relaie M. McDonald.

C'était une démonstration de ce concept de droits de propriété, analyse l’avocat. L'essence même du droit de propriété, c'est celui d'exclure d'autres personnes de votre terre et c'est exactement ce que ces chefs ont fait à l'époque.

M. McDonald a également écrit sur la façon dont les Britanniques ont qualifié les Mi’kmaw de semi-nomades dans le but d'affaiblir leurs revendications territoriales.

Replonger dans les archives

Au cours des dernières années, M. McDonald a écrit quelques articles historiques pour le média en ligne Nova Scotia Advocate, mais il s'est récemment tourné vers sa propre page Facebook où il partage son travail dans de longues publications détaillées.

La plupart de ses recherches ont été effectuées au manège militaire d’Halifax, qui possède des documents relatifs à toutes les réunions s’étant tenues à la création de la ville.

L’historien amateur utilise également les archives municipales d'Halifax, qui contiennent des documents de Nicolas Denys, un personnage connu pour avoir passé 50 ans à vivre avec les Mi'kmaq dans la deuxième moitié du XVIIe siècle.

Michael McDonald ajoute que ces documents lui ont permis de mieux comprendre comment ses ancêtres vivaient et ce à quoi ils étaient confrontés en tant que peuple autochtone.

Rupture intergénérationnelle

Adolescent, Michael McDonald a pu discuter avec des aînés mi’kmaw, leur poser des questions sur leur histoire et découvrir des récits remontant jusqu'aux années 1890, raconte-t-il.

Cette précieuse occasion s'est toutefois raréfiée, la tradition orale s’étant perdue lorsque les enfants mi’kmaw ont été arrachés à leur foyer et placés dans des pensionnats pour Autochtones.

La triste réalité, c’est que beaucoup de ces aînés ont fini par décéder et quand ils sont partis, toutes les histoires se sont envolées avec eux.

Cette perte de connaissances a inspiré le Néo-Écossais de partager publiquement ses propres recherches en ligne pour pallier des choses qu'on ne nous dit pas ou qu'on ne nous enseigne pas à l'école.

Il souhaite que les Néo-Écossais [puissent] avoir une meilleure compréhension de qui nous sommes en tant que peuple mi’kmaw et des choses que nous avons endurées et auxquelles nous avons survécu.

D'après les informations de CBC et de Cassidy Chisholm

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !