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Les Premières Nations sont submergées par la vague Omicron au Québec

Une femme malade tousse dans le pli de son bras, un thermomètre à la main.

Les communautés autochtones recensent un nombre sans précédent de cas de COVID-19.

Photo : Getty Images / South_agency

Radio-Canada

Le nombre de cas d'infection à la COVID-19 monte en flèche dans de nombreuses communautés autochtones du Québec qui avaient été épargnées par la première vague de la pandémie.

C'est un tsunami de cas qui a presque triplé depuis le début de l'année, résume le Dr André Corriveau, conseiller en santé publique pour la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador (CSSSPNQL).

Selon le Dr Stanley Vollant, un Innu de Pessamit connu notamment pour être le premier chirurgien autochtone né au Québec, des personnes asymptomatiques ont probablement propagé le virus au sein des communautés éloignées.

[C'est] quatre fois, cinq fois plus que lors de la première et de la deuxième vague de la COVID, évalue le Dr Vollant. Nous devons être très prudents et conscients pour protéger nos aînés.

Stanley Vollant est chirurgien à l'hôpital Notre-Dame de Montréal.

Le Dr Stanley Vollant affirme que les communautés innues de la Côte-Nord ont vu le nombre de cas de COVID-19 exploser chez elles au cours des deux derniers mois.

Photo : Julia Page / CBC

La contagiosité du variant Omicron se répercute dans des secteurs clés comme la police, les pompiers et les services de santé, où l’absentéisme du personnel augmente, déplore-t-il. Cette conséquence est très lourde, car les ressources sont déjà maigres dans certaines communautés.

Nombre de cas sous-estimé

La CSSSPNQL affirme qu'il y avait un total de 1414 cas actifs dans 29 communautés des Premières Nations en date de vendredi, et cela ne tient pas compte des résultats positifs aux tests rapides réalisés à domicile.

De mercredi à vendredi seulement, 575 cas actifs ont été recensés dans les communautés autochtones avec lesquelles la Commission travaille.

Le territoire inuit du Nunavik a signalé 39 nouveaux cas jeudi, ce qui porte à 349 le nombre de cas actifs dans la région.

Vendredi, le Conseil cri de la santé et des services sociaux de la Baie-James a recensé 355 cas actifs dans les dix communautés cries et annoncé l’hospitalisation de sept malades.

Bertie Wapachee à son bureau.

Bertie Wapachee, président du Conseil cri de la santé et des services sociaux de la Baie-James

Photo : Christopher Herodier / CBC

Bertie Wapachee, président du Conseil cri de la santé et des services sociaux de la Baie-James, confirme que le variant Omicron a particulièrement touché la Nation crie du Québec.

« Il nous a assommés. Il a mis fin à beaucoup de choses pour nous. La façon dont il s'est propagé ne ressemblait à aucune autre [vague] : celle-ci était très différente. »

— Une citation de  Bertie Wapachee, chef du Conseil cri de la santé et des services sociaux de la Baie-James

M. Wapachee indique que les cas de COVID parmi les travailleurs de la santé ont causé des problèmes de personnel dans sa région, qui ne compte qu'un seul hôpital dans la communauté de Chisasibi. Les malades gravement infectés qui nécessitent une hospitalisation doivent être envoyés à Val-d'Or ou à Montréal.

Le Dr Corriveau, qui a été embauché comme conseiller en santé publique à la CSSSPNQL au début de la pandémie, affirme que certaines communautés ont connu leurs premiers cas avec la vague provoquée par Omicron.

Bien que les symptômes semblent être moins graves, la transmissibilité demeure inquiétante, prévient le Dr Corriveau, en particulier dans les communautés où les maisons sont plus petites et surpeuplées, ce qui laisse peu de place pour l'isolement.

Les taux plus élevés de maladies chroniques – notamment le diabète, les maladies cardiaques et le cancer – sont également des facteurs préoccupants, ajoute-t-il.

« On peut rapidement arriver à une situation où l'accès aux services de soins de santé, même de base, est affecté pour la communauté. »

— Une citation de  Le Dr Corriveau, conseiller en santé publique à la CSSSPNQL

La collaboration, clé du succès

Dès le début de la pandémie, les chefs innus ont créé une cellule de crise. Ils se sont réunis deux fois par semaine avec le Dr Vollant et d'autres médecins des autorités sanitaires provinciales et fédérales pour échanger des informations et pour coordonner les efforts régionaux.

Nous pouvons agir rapidement, nous pouvons avoir une action meilleure et concertée, assure Stanley Vollant. Je pense que cela a été une grande clé du succès de la lutte des communautés innues contre la COVID.

Comme l'a décrit M. Corriveau, la CSSSPNQL sert de pont entre les communautés autochtones et les autorités régionales de la santé publique du Québec. Il fait remarquer que la pandémie a forcé la province à collaborer davantage avec les dirigeants des Premières Nations, des efforts qu'il espère voir se poursuivre.

Les Premières Nations du Nunavik et de la Côte-Nord ont instauré des restrictions de voyage strictes et des mesures de santé publique qui se sont ajoutées à celles déjà imposées par la province.

Et ce n'est pas terminé, prévoit le Dr Vollant. Cette vague va durer quelques semaines, peut-être deux mois.

De son côté, le Dr Corriveau se veut plus optimiste devant une situation qui évolue très rapidement : Nous espérons que nous atteindrons un pic d'ici une ou deux semaines et que les choses commenceront à s'améliorer progressivement.

D'après les informations de Josh Grant, de CBC News

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