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Au Maine, un film reconnaît que des Autochtones ont été scalpés

Dawn Neptune Adams se tient sur un rocher, près d'une rivière, à Indian Island, au Maine.

Dawn Neptune Adams est coréalisatrice du film Bounty, qui relate un pan sombre de l'histoire américaine et de la colonisation, lors duquel des Autochtones ont été scalpés.

Photo : Associated Press / Robert F. Bukaty

Associated Press

Les Autochtones ont subi de nombreuses atrocités de la part des colons européens. En plus des maladies qui ont été introduites et des territoires qui ont été volés. Ce qui est moins connu, c’est que les autorités britanniques ont autorisé des chasseurs de primes à scalper des Autochtones durant la période coloniale.

Des membres de la nation des Penobscots, au Maine, ont produit un film éducatif racontant cette sombre période de l’histoire américaine.

C'était un génocide, accuse Dawn Neptune Adams, de la nation des Penobscots, une des réalisatrices du film intitulé Bounty.

Le film ne vise pas à placer les Américains sur la défensive ou à les blâmer. Les réalisateurs disent vouloir s'assurer que cette histoire ne soit pas oubliée, en promouvant une plus grande compréhension du passé.

En novembre 1755, le lieutenant-gouverneur de la province de Massachusetts Bay, Spencer Phips, a accordé aux citoyens de Sa Majesté l'autorisation de tuer des Penobscots pendant tout le mois. Chaque scalp d'homme ramené valait une récompense d'une somme équivalant à 12 000 $. Celui d'une femme valait la moitié moins. Des scalps d'enfant valaient aussi une récompense.

Certains colons recevaient parfois des terres.

Cette déclaration est connue de plusieurs Penobscots, car une copie du document est exposée dans les bureaux de la tribu, à Indian Island, au Maine.

Si chaque Américain connaissait toute l'histoire de ce pays, même les côtés les plus sombres, les plus malaisants, cela nous aiderait à mieux nous entendre et à mieux nous comprendre, soutient Maulian Dana, autre coréalisatrice.

À un autre niveau

Les Européens et les Autochtones ont scalpé leurs ennemis, mais les autorités britanniques ont porté cette pratique à un autre niveau en la récompensant, soulignent les réalisatrices.

Le premier décret autorisant le scalpage remonte à 1675, à peine quelques décennies après la première fête de l'Action de grâce, quand les premiers colons européens se sont rassemblés avec des Wampanoag, raconte l'auteur Chris Newell.

Il existe plus de 70 proclamations encourageant les colons européens à tuer des Autochtones en Nouvelle-Angleterre. On en compte 50 autres dans les autres colonies britanniques.

Emerson Baker, un professeur d'histoire à l'Université d'État de Salem, dit que ce film propose une forte correction.

Les gens réalisent que les Autochtones sont arrivés ici les premiers, et que les colons ont fait de leur mieux pour leur voler leurs terres. On ne sait pas jusqu'à quelle extrémité ces colons sont allés, dit le professeur Baker. Tous les hommes, femmes et enfants autochtones étaient considérés comme des cibles, et parfois même, par les gouvernements.

Un livre de 200 pages accompagnant le film a été publié pour les enseignants. Plusieurs commissions scolaires ont acheté les droits de reproduction de la vidéo et songent à utiliser le livre dans les salles de classe.

À Portland, la prime aux scalps sera un des éléments du contenu des cours afin de permettre à la commission scolaire de respecter une loi de 2001 ordonnant que les élèves apprennent l'histoire des peuples autochtones au Maine, dit Fiona Hopper, coordonnatrice des Études wabanakies.

Les élèves et les enseignants pourront constater dans Bounty la résistance perpétuelle des citoyens de la Nation des Penobscots.

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