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Questions autochtones en éducation : Québec annonce un financement de 19,4 millions

Gros plan de Ian Lafrenière et la tête de Ghislain Picard floue et en avant-plan.

Ghislain Picard, le chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec et Labrador (APNQL) et Ian Lafrenière, ministre responsable des Affaires autochtones lors de la mise en place d'une table conjointe entre Québec et l'APNQL.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Un financement de 19,4 millions de dollars a été annoncé par le gouvernement du Québec ce mardi pour améliorer à la fois les services éducatifs aux enfants autochtones et les contenus du cursus scolaire québécois. Il s’agit de l’une des mesures prises pour donner suite aux recommandations du rapport de la commission Viens et de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA).

L’objectif de ce financement est non seulement de soutenir les élèves autochtones tout au long de leur parcours scolaire à l’intérieur et à l’extérieur des communautés autochtones, mais également d’améliorer les contenus qui traitent des autochtones dans le cursus scolaire québécois.

Présentement, il n'y a pas suffisamment de matériel scolaire qui est développé pour tenir en compte des réalités autochtones. Du matériel additionnel sera conçu en collaboration avec les communautés autochtones, a souligné le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, en conférence de presse.

Un plan d’action en trois mesures

Trois mesures seront mises en place, soit le matériel pédagogique, le soutien direct aux élèves et la révision des programmes. Le ministre Roberge explique qu’il est tout d’abord important de mettre à la disposition du personnel enseignant des ressources et des formations qui aident à mieux comprendre les réalités des Premières Nations et des Inuit.

Ces ressources seront développées avec des maisons d’édition en partenariat avec plusieurs organisations autochtones qui œuvrent dans le milieu éducatif. Le Conseil en éducation des Premières Nations, le Cree School Board, Kativik et l’Institut Tshakapesh ont été consultés à cet égard lundi.

Ensuite, le ministre Roberge mentionne l’importance de créer des milieux scolaires culturellement sécurisants pour les élèves autochtones. En améliorant le soutien pédagogique autant à l’intérieur qu’à l’extérieur des communautés, les élèves autochtones seront dans des conditions davantage favorables et adaptées à leur réussite.

« On veut que les Autochtones s’épanouissent et réussissent dans les communautés et partout au Québec. »

— Une citation de  Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation

Cette mesure vise notamment à permettre l'accès à des formations pour l'ensemble du personnel scolaire, à améliorer les outils et l'offre de services d'accueil et d'accompagnement, à améliorer les transitions entre les milieux scolaires, la mise à niveau des acquis scolaires, la mise en place de services culturellement sécurisants et l'amélioration du lien entre l'école et le milieu familial de l'élève, mentionne-t-on dans le communiqué de presse.

On sent une volonté des gens d’en apprendre davantage sur les 11 nations au Québec et il faut en profiter. C’est un projet de société qui se réalisera si tout le monde, pas seulement le gouvernement, y met du sien, affirme le ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière.

« Nous voulons former une génération de leaders pour nos entreprises et nos communautés. »

— Une citation de  Denis Gros-Louis, directeur général du CEPN

Pour le directeur général du Conseil en éducation des Premières Nations, Denis Gros-Louis, la troisième mesure qui consiste à réviser les programmes est essentielle. Il explique que ça permettra d’autochtoniser les contenus pédagogiques et de valoriser les différences culturelles et linguistiques.

Les contenus présentés en ce moment sont dépassés et ils dépeignent nos communautés comme n’ayant pas évolué. Ces clichés favorisent les préjugés et les stéréotypes, ce qui crée une barrière et une difficulté pour les jeunes Autochtones et allochtones de se rapprocher, ajoute Denis Gros-Louis.

Les investissements permettront à nos organisations respectives de travailler ensemble sur les contenus et faire connaître la réalité contemporaine de nos communautés. C’est uniquement en travaillant ensemble que nous réussirons à atteindre cet objectif de taille, poursuit-il.

En effet, la plupart des programmes d'études ont été rédigés au début des années 2000. Le ministre Roberge souligne que c’était avant les prises de conscience ainsi que les différents rapports et qu’il est maintenant temps de travailler avec les communautés afin de réviser les différents programmes d’études.

Recommandations de la commission Viens

Le 30 septembre 2019, le rapport de la commission proposait 142 mesures dans le but d’établir un nouvel équilibre des forces entre les Autochtones et les allochtones.

Une enveloppe de 200 millions de dollars est d’ailleurs allouée pour la mise en œuvre de ces recommandations et l’une des priorités est l’éducation.

Notre gouvernement a pris les recommandations de la commission Viens très à cœur, et l'éducation est l'un des volets les plus importants du travail que nous entreprenons pour permettre la réconciliation et le développement d'une confiance mutuelle, souligne le ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière.

Le ministre de l’Éducation spécifie, de son côté, que de tels rapports ne doivent pas être mis sur des tablettes, mais doivent servir à mieux comprendre des questions et agir. Il ajoute également que l’éducation n’est pas seulement une priorité de la commission Viens, mais aussi de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

En effet, l’une des recommandations principales de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées est de tendre vers une meilleure compréhension des réalités autochtones dans la société québécoise.

L'éducation a un rôle majeur à jouer pour accompagner la réussite des élèves autochtones et permettre à l'ensemble des élèves du Québec d'être informés et sensibilisés sur les réalités autochtones, ajoute le ministre Lafrenière.

« J'ai espoir que, grâce à nos efforts, nous assisterons à une évolution des approches pédagogiques dans les établissements scolaires du Québec. »

— Une citation de  Ian Lafrenière, ministre responsable des Affaires autochtones

Je ne veux pas qu’on ait une approche mathématique, c'est-à-dire compter les recommandations et les cocher les unes après les autres pour dire que le travail est terminé, tient à mentionner le ministre Lafrenière.

Pour lui, la mise en place des recommandations de la commission Viens doit se faire dans une approche de long terme. Il compte faire d’autres annonces dans les prochaines années qui tiendront compte des constats et des apprentissages qui auront été faits dans la mise en œuvre des mesures annoncées aujourd’hui.

Le ministre de l’Éducation assure qu’il a un plan de révision des programmes en éducation et que les partenaires autochtones seront appelés à participer tout au long du processus de révision des nouveaux contenus. Le premier cours qui sera revu est celui d’Éthique et culture religieuse, qui deviendra le cours Culture et citoyenneté québécoise en 2022.

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