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[Lettre ouverte] Droits territoriaux et économie durable des Premières Nations sont liés

Les chefs de l'APNQL rappellent qu'il existe un « énorme fossé » entre les conditions de vie des Autochtones et celles du reste de la population québécoise

Le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), Ghislain Picard, et le premier ministre du Québec, François Legault.

Le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), Ghislain Picard, et le premier ministre du Québec, François Legault.

Photo : Montage

Lettre ouverte

À la veille de la tenue du Grand cercle économique des Peuples autochtones et du Québec, il nous apparaît essentiel de rappeler que les perspectives d’une économie durable pour nos nations devront aussi laisser place à une discussion inévitable sur les enjeux territoriaux. La participation réelle des Premières Nations à l’économie québécoise devra franchir ce pont.

Dans une lettre adressée aux médias, les chefs de L'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, soulignent le lien entre l'économie, l'avenir socioéconomique des Premières Nations et les enjeux territoriaux.

Dans quelques jours, les élus et représentants des communautés d’affaires des Premières Nations et du Québec et de la société civile seront en effet réunis pour échanger sur les moyens d’accélérer la croissance économique de nos nations, trop longtemps restées en marge du développement au Québec. Nous remercions toutes les entreprises et organisations qui ont accepté de prendre part à cet exercice et qui manifestent des engagements concrets pour une pleine participation des Autochtones à l’économie.

Le contexte dans lequel nos peuples évoluent présentement nécessite un important redressement, notamment afin d’éliminer l’énorme fossé qui sépare les conditions de vie des Autochtones de celles de la population du reste de la province. Pour concrétiser ce coup de barre que nous devons collectivement donner, nous devons parler de plusieurs enjeux trop souvent occultés, dont la crise du logement dans nos communautés, le taux de chômage trois fois plus élevé pour nos populations et l’accès difficile au financement pour nos entrepreneurs.

Et comme le développement économique est indissociable de notre avenir socioéconomique, il faut en parler!

Nous tenons à le rappeler aujourd’hui, parce que nous avons trop souvent vécu ce type de rencontres où le gouvernement du Québec tentait de se défiler et ne voulait pas reconnaître ce lien intrinsèque entre nos territoires et le développement socioéconomique de nos communautés.

Au-delà de l’opportunité que nous présente ce grand rendez-vous économique, il est essentiel pour nous de réitérer notre détermination à faire respecter nos droits, nos territoires ancestraux et notre autonomie gouvernementale. Les principes fondamentaux qui doivent guider les relations entre nos gouvernements et celui du Québec sont clairs :

  • Le droit au consentement préalable, libre et éclairé dans la prise de décision des gouvernements non autochtones pour tout projet ayant un impact sur nos territoires et nos ressources;
  • Le droit à la cogestion, de gouvernement à gouvernements, par des pratiques de gestion conjointes et respectueuses du territoire, incluant la prise de décision;
  • Le respect par les gouvernements non autochtones des liens sacrés qui existent pour nos nations entre l’occupation du territoire, le développement du territoire, l’utilisation de nos ressources et la conservation de nos modes de vie, de nos langues et cultures;
  • Le droit aux avantages économiques, notamment le partage des ressources naturelles et la perception de redevances quant à l’exploitation passée, présente et future de nos territoires et nos ressources.

L’événement du Grand cercle économique des Peuples autochtones et du Québec sera ainsi une belle occasion pour le gouvernement Legault de se démarquer de ses prédécesseurs en faisant preuve de bravoure politique pour aborder les questions qui concernent nos territoires ancestraux et nos ressources. Si le Québec jouit d’un statut économique qui peut faire l’envie d’autres gouvernements, c’est beaucoup en raison de l’exploitation des ressources sur nos territoires. N’est-il pas grand temps que les Premières Nations jouissent des mêmes opportunités?

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