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« J’ai été traité comme un criminel en prison », dénonce un jeune du Centre Batshaw

Le Centre Batshaw vu de l'extérieur.

Les Centres de la jeunesse et de la famille Batshaw (Centres Batshaw) font partie du réseau de la santé et des services sociaux du Québec.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Un adolescent autochtone envisage de déposer une plainte pour violation des droits de la personne après avoir été contraint de s'isoler dans une pièce aveugle située au sous-sol d'un centre de protection de la jeunesse à Montréal.

Au bord des larmes, l'adolescent a raconté le cauchemar qu’il a vécu au printemps dernier quand une quarantaine préventive contre la COVID-19 lui a été imposée par son foyer, lequel fait partie des Centres de la jeunesse et de la famille Batshaw.

J'ai décidé de rendre les choses publiques parce que je réalise enfin que ce qu'ils ont fait est horrible et que cela est arrivé à d'autres jeunes Autochtones, à des personnes de minorités visibles dans le système, en fait à tous les jeunes. Et ce n'est tout simplement pas correct, a-t-il dénoncé en conférence de presse, mercredi.

L'adolescent n'a pas été en contact avec un cas confirmé de COVID-19, mais il a été identifié comme un cas suspect après avoir été envoyé à l’école par erreur, celle-ci étant fermée.

J'étais clairement [puni] pour être rentré tard de l'école, et j'ai été traité comme un criminel en prison, en isolement, s’est indigné l’élève, en précisant qu’il lui aura fallu attendre plusieurs jours avant d’obtenir un test de dépistage de la COVID-19.

Il a mentionné que son téléphone portable et son ordinateur lui avaient été confisqués, et qu'il s’était senti coincé dans une pièce sans fenêtre. Il a ajouté que quatre jours se sont écoulés avant qu'il ne soit autorisé à sortir prendre l'air.

Soutien de défenseurs des droits

La conférence de presse de mercredi a été organisée par le Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR). Le groupe a annoncé qu'il aiderait l'adolescent à déposer une plainte auprès de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse et demanderait d'ouvrir une enquête sur la façon dont l'élève autochtone a été traité.

Fo Niemi devant une voiture.

Fo Niemi, directeur général du Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR)

Photo : Radio-Canada

Linda See, directrice de la Direction de la protection de la jeunesse du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l'Ouest-de-l'Île-de-Montréal, a assuré en entrevue qu'un enfant confié au centre ne serait jamais forcé de rester à l'intérieur 24 heures sur 24.

Aucun enfant n'a jamais été empêché de sortir de l'unité pour prendre l'air, a-t-elle déclaré à CBC, ajoutant que cela constituerait une violation de leurs droits.

Quelques semaines après l'isolement de l'adolescent, le CIUSSS de l'Ouest-de-l'Île de Montréal a examiné les événements, selon un document obtenu par CBC News.

Le professeur, de dos.

Au printemps dernier, le professeur de l'adolescent autochtone s'est indigné des conditions de vie de son élève au Centre Batshaw.

Photo : Radio-Canada

Il a établi que le foyer avait suivi les protocoles de COVID-19 en vigueur au printemps. Son rapport conteste également plusieurs des affirmations de l'adolescent. Il indique que ce dernier a bien pu utiliser un ordinateur et qu'il a eu accès à de l'air frais dans la cour deux fois par jour.

Le rapport reconnaît que l'élève a été détenu dans une pièce sans fenêtre qu'il appelle le nid, parce que d'autres pièces étaient occupées. Il a également indiqué que la paroi vitrée de la chambre de l'élève lui permettait de bénéficier d'un peu de lumière du jour depuis le couloir voisin.

La commission est satisfaite de ces conclusions et de ce résultat, évoque le rapport qui clôt le dossier.

Je veux de la dignité

Mercredi, l'élève a expliqué avoir eu plusieurs brèves conversations avec une personne du CIUSSS, mais qu'on ne lui avait pas précisé quel type de plainte il pouvait déposer, ni s'il avait droit à un avocat ou à de l'aide d'un adulte.

« Tout ce que je veux, c'est du respect. Je veux de la dignité. Je veux la sécurité. Nous sommes jeunes, nous sommes autochtones et nous avons encore nos droits de la personne. »

— Une citation de  L'adolescent, sous couvert d'anonymat

Selon Fo Niemi, directeur exécutif du Centre de recherche-action sur les relations raciales, le dépôt d'une plainte auprès de la Commission des droits de la personne est nécessaire : Quelqu'un doit être tenu pour responsable, a-t-il défendu. C'est très, très flagrant, et c'est une situation très, très préoccupante qui ne devrait pas être balayée sous le tapis.

Il a également invité le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux du Québec, Lionel Carmant, à s’exprimer sur cette affaire.

Fin septembre, le Foyer pour femmes autochtones de Montréal a suspendu sa collaboration avec un comité consultatif de Batshaw, estimant que nombre de ses préoccupations concernant le racisme systémique dans les services de protection de la jeunesse n'avaient pas encore été prises en compte.

Linda See, directrice de la protection de la jeunesse de Batshaw, a rétorqué que l'organisme avait pris de nombreuses mesures pour adapter ses services aux jeunes Autochtones dont il a la charge, et ce, grâce aux conseils de plusieurs groupes locaux.

D'après les informations de Jennifer Yoon, CBC

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