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[Lettre ouverte] Les Atikamekw dénoncent les coupes forestières «démesurées »

Le Conseil des Atikamekw de Manawan et le Conseil de la Nation Atikamekw annoncent un moratoire unilatéral sur les coupes forestières, reprochant le non-respect des droits autochtones par les industries extractives et notamment par les entreprises forestières.

Coupes forestières dans le territoire atikamekw de Wemotaci.

Un camion transportant du bois dans le territoire atikamekw.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Lettre ouverte

Un texte du grand chef de la Nation Atikamekw, Constant Awashish, du chef de Manawan, Paul-Émile Ottawa, et des chefs de territoires : Aurèle Dubé, Bruno Dubé, Henri Dubé, Isidore Dubé, Jean-Jacques Dubé, Paul Dubé, Paul-Émile Dubé, Armand Echaquan, Robert Echaquan, Denis Flamand, Jean-Guy Flamand, Léon Flamand, Maxime Flamand, Rodrigue Jacob, Gaston Moar, Hervé Moar, Jean-Pierre Moar, Paul Nequado, Jean-Louis Néwashish, Michel Néwashish, Jacquelin Ottawa, Jean Ottawa, Jean-Yves Ottawa, Joseph Ottawa, Mario Ottawa, Paul-Émile Ottawa, Almas Petiquay, Basil Petiquay, Alain D. Quitich, Léo Quitich et Viateur Quitish.

Dans un communiqué, les Conseil des Atikamekw de Manawan et le Conseil de la Nation Atikamekw estiment que les activités extractives sans consentement libre et éclairé des Atikamekw ni partage équitable des bénéfices économiques sont explicitement acceptées par les gouvernements et par une application dérisoire de la Loi sur l’aménagement durable du territoire forestier.

Ils ont donc déclaré un moratoire et ont envoyé une lettre au premier ministre du Québec, François Legault. Une copie a été transmise au ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, au ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, et à celui de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien.

Monsieur le Premier ministre,

Le 23 mars 2021, le Chef Paul-Émile Ottawa, du Conseil des Atikamekw de Manawan, écrivait aux ministres Pierre Dufour, Jonathan Julien et Ian Lafrenière sur la nécessité de décréter un moratoire sur les coupes forestières exercées sur nos terres ancestrales, suivant l’appel des chefs de territoires de Manawan et dont la lettre vous est partagée en annexe.

Pour seule réponse, nous avons reçu un accusé de réception, au contenu vraisemblablement automatisé.

Ces coupes forestières sont abusives, démesurées et faites sans égard à nos droits. Les aménagements forestiers sont insensibles à notre mode de vie et à notre capacité d’exercer nos activités traditionnelles.

Cette pratique qui va à l’encontre de nos droits doit cesser immédiatement.

Sur le Nitaskinan, les compensations versées par les compagnies forestières à notre communauté sont bien en deçà de la moyenne qui s’établit dans le reste du Canada. Nous restons loin d’une contrepartie juste et équitable, malgré les tentatives de compenser certains chefs de territoire par le déneigement de quelques accès forestiers et la fourniture de bois de chauffage.

La pauvreté n’est pas un phénomène naturel : l’application de nos droits inhérents pour retrouver les assises d’une économie traditionnelle est fondamentale, un fait que la Commission royale sur les peuples autochtones reconnaissait déjà il y a 35 ans et que la Cour suprême a confirmé au travers de jugements répétés en faveur d’un exercice absolu de nos droits traditionnels.

Nous exigeons aujourd’hui le développement d’une nouvelle relation entre le gouvernement, l’industrie et nous. Il faut un appel à l’industrie forestière pour prendre en considération ce qui convient de nommer une dépossession et d’avancer vers un équilibre des intérêts économiques plus juste et plus équitable.

Les ententes qui ont été convenues en Colombie-Britannique avec les Premières Nations Boston Bar, Ditidaht et Comox comptent parmi les exemples d’une progression des relations de nation à nation, en plus de donner une nouvelle dimension aux politiques de développement durable.

Nous sommes aujourd’hui devant l’obligation d’imposer un moratoire sur les coupes forestières.

Nous vous prions, monsieur le Premier ministre, de recevoir nos salutations.

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