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Controverse au sujet du poinçonnage des homards pêchés par des Autochtones

Une boîte pleine de homards.

Pêche et Océans Canada indique que 13 000 homards ont été marqués à l'aide d'une perforatrice de papier depuis le lancement, ce mois-ci, du projet pilote dans la baie St Marys, en Nouvelle-Écosse

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Radio-Canada

En Nouvelle-Écosse, un pêcheur de la Première Nation Sipekne'katik a été réprimandé par son chef de bande, alors qu'on le voyait sur Facebook jeter des caisses de homards bagués, dans le port de Digby, afin de protester contre la perforation des queues de homards par les autorités fédérales.

Dans la vidéo, le pêcheur en question, Robert Syliboy, s'oppose à une nouvelle mesure de conformité du ministère Pêches et Océans Canada (MPO) qui oblige à perforer la queue du homard avec une poinçonneuse à papier.

Cette méthode vise à identifier les homards pêchés en vertu des permis de pêche ASR (pêche à des fins alimentaires, sociales et rituelles). Ce permis octroie notamment à des nations le droit de pêcher en dehors des périodes de pêche habituelles, mais interdit la revente des captures.

Dans la vidéo, M. Syliboy affirme que les agents du ministère nuisent aux homards en perçant des trous dans leurs nageoires caudales.

« Ils meurent si vite que le chargement que nous avons ici maintenant ne peut même pas rentrer chez nous, nous devons donc les jeter au quai le plus proche. »

— Une citation de  Robert Syliboy dans une vidéo publiée sur Facebook
Une partie de la queue a été poinçonnée, ce qui laisse une marque.

Dans l'État du Maine, une technique similaire force les pêcheurs à effectuer une entaille en V et à relâcher les homards femelles qui portent des oeufs.

Photo : Facebook

M. Syliboy et un autre homme jettent ensuite plusieurs caisses de homard à partir du quai de Digby, un village de l'ouest de la Nouvelle-Écosse. Beaucoup de homards, sinon tous, ont encore des élastiques sur leurs pinces, ce qui empêche l'animal de se nourrir ou se défendre.

Déversement de protestation inacceptable

Mike Sack, chef de la Première Nation Sipekne'katik, a fait une déclaration à CBC News à la suite de la publication de la vidéo. Cette façon de faire n'est pas acceptable dans le cadre des pratiques de notre pêcherie et le pêcheur sera rencontré, indique la déclaration.

Nous attendons de nos pêcheurs qu'ils adhèrent aux principes de conservation et de protection les plus élevés possibles et grâce à notre formation et à notre planification continues, la conformité sera toujours un aspect clé de notre plan de gestion des pêches.

Mike Sack sur le quai.

Mike Sack, chef de Sipekne’katik, le 9 septembre 2021 à Saulnierville, en Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada

Le chef Sack n'était pas le seul à visionner la vidéo, qui fait aussi l'objet d'une étude par le ministère.

Pêches et Océans Canada indique être au courant de cette vidéo et prend les mesures d'enquête appropriées, a indiqué la porte-parole Lauren Sankey dans une déclaration écrite.

Elle a ajouté que les permis ASR exigent que le homard rejeté soit remis à la mer avec le moins de dommages possible. Comme cette affaire fait partie d'une enquête en cours, aucun autre détail ne sera fourni pour le moment.

Le chef soutient que la perforation est nocive

Le chef Sack n'est pas satisfait de la façon dont les captures ont été rejetées dans la vidéo, mais il est d'accord avec l'affirmation de M. Syliboy selon laquelle les perforations nuisent aux homards.

« Cette pratique ne s'est pas avérée sûre ou durable et, malheureusement, nous avons maintenant la preuve qu'elle est préjudiciable au homard avec les taux de mortalité observés dans les prises de nos pêcheurs. »

— Une citation de  Mike Sack, chef de la Première Nation Sipekne'katik


Le perçage de trous de part en part favorise les bactéries, les infections et affaiblit le homard. Cela a malheureusement conduit certains pêcheurs à perdre et à retourner leurs prises dans l'océan, a-t-il déclaré.

Pêches et Océans Canada affirme que 13 000 homards ont été marqués à l'aide d'une perforatrice de papier depuis le lancement du projet pilote dans la baie St Marys ce mois-ci, afin de protéger l'intégrité de la pêche ASR.

Les agents des pêches remontent les casiers, marquent les homards et les remettent dans le casier qui est replacé à l'eau. Cela simplifie les inspections, selon le ministère qui ajoute n'avoir connaissance d'aucune preuve que le marquage physique des queues compromet la santé du homard.

Le cas du Maine

Dans l'État du Maine, une technique similaire force les pêcheurs à effectuer une entaille en V et à relâcher les homards femelles qui portent des œufs.

Des études menées en 1995 et 2000 ont montré que le nombre de homards femelles à entaille en V augmentait dans le Maine, explique Chris Cash, porte-parole du Lobster Institute de l'Université du Maine.

« J'ai donc l'impression que ces statistiques à elles seules démontrent le succès et la viabilité de l'encoche en V et ne causent pas de dommages importants aux homards. »

— Une citation de  Chris Cash, porte-parole du Lobster Institute de l'Université du Maine.

Le directeur et scientifique Robert Wahle a également publié une déclaration sur la pratique. Puis-je dire sans aucun doute que le fait d'entailler une queue n'augmente pas le risque d'infection ou de maladie? Non, a-t-il mentionné.

Mais je pense qu'avec cette approche, les avantages quant aux performances de reproduction du homard l'emportent sur les risques, a-t-il ajouté.

D'après un texte de Paul Withers, CBC News

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