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Changements bien accueillis dans les portefeuilles consacrés aux Autochtones

Justin Trudeau et Marc Miller se prennent mutuellement par l'épaule.

Marc Miller, député de Ville-Marie—Le Sud-Ouest—Île-des-Sœurs, à Montréal, succède à Carolyn Bennett comme ministre des Relations Couronne-Autochtones.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Le premier ministre Justin Trudeau a dévoilé mardi le Cabinet de son troisième mandat, et il a nommé de nouveaux titulaires aux portefeuilles consacrés aux questions autochtones. Marc Miller, qui était aux Services aux Autochtones, est remplacé par Patty Hajdu, et il prend la tête du ministère des Relations Couronne-Autochtones.

On en a fait beaucoup, mais il en reste tant à faire, a affirmé le premier ministre Justin Trudeau lors d'une conférence de presse où il a rappelé que la réconciliation avec les Autochtones devait être dans les réflexions à chaque moment, chaque étape.

« Toute cette équipe derrière moi s'engage à en faire davantage et accélérer la cadence en partenariat avec les Autochtones. »

— Une citation de  Justin Trudeau

Néanmoins, il n'a pas voulu répondre à une question d'une journaliste qui lui demandait si son gouvernement allait faire appel de la décision de la Cour fédérale qui a débouté Ottawa il y a près d'un mois. La cour avait confirmé des décisions rendues par le Tribunal canadien des droits de la personne (TCDP) relativement à l'indemnisation d'enfants des Premières Nations retirés de leur famille. Le fédéral a jusqu'à vendredi pour se décider.

La nouvelle ministre des Services aux Autochtones, Patty Hajdu, a d'ailleurs précisé que les litiges ne servent pas les enfants autochtones et qu'il y a beaucoup de conversations à avoir. Nous allons les avoir très rapidement, a-t-elle promis.

Selon Justin Trudeau, ce nouveau Cabinet fort et diversifié donne suite aux priorités des Canadiens et fait avancer le Canada pour le bien de tous.

Carolyn Bennett à la Santé mentale

Justin Trudeau a répondu à l’appel du Nouveau Parti démocratique (NPD) et de certains dirigeants autochtones l'exhortant à se débarrasser de Carolyn Bennett, qui était la ministre des Relations Couronne-Autochtones depuis août 2017.

Elle ne faisait plus l'unanimité sur les dossiers autochtones, et certains l’accusaient de ne pas respecter l’engagement du gouvernement libéral en faveur de la réconciliation.

Carolyn Bennett devient donc ministre responsable de la Santé mentale et est remplacée par Marc Miller, qui était à la tête des Services aux Autochtones depuis 2019.

En conférence de presse, le nouveau ministre des Relations Couronne-Autochtones a d'ailleurs été questionné sur le climat toxique dénoncé par d'anciens employés dans ce ministère lorsque Mme Bennett était à sa tête.

Préférant parler de manière générale, et évoquant des cas de racisme systémique, comme dans beaucoup d'institutions, Marc Miller a reconnu que du travail était nécessaire. C'est une chose sur laquelle [les sous-ministres] se concentrent, car ils savent que c'est un problème. Ils doivent s'en débarrasser dans certaines parties de la fonction publique, surtout dans celles qui sont les emblèmes de la réconciliation.

Marc Miller a d'ailleurs relaté avoir bénéficié d'énormément de conseils de son personnel autochtone quand il était ministre des Services aux Autochtones. Une bonne partie d'entre eux m'a guidé sur cette voie et m'a sauvé la peau un certain nombre de fois, a-t-il reconnu.

Il a salué le travail de sa prédécesseure. Sans son soutien, a-t-il déclaré, il ne serait pas la personne qu'il est aujourd'hui. Il a notamment indiqué que son appui avait été important dans l'engagement du gouvernement à l'égard du Principe de Joyce, qui vise à garantir à tous les peuples autochtones le droit à un accès équitable aux services sociaux et de santé.

Je n'ai pas le luxe d'une seule priorité!

Questionné sur la première chose à laquelle il allait s'attaquer dans son nouveau poste, Marc Miller a répondu n'avoir malheureusement pas le luxe d'une seule priorité.

Il a ensuite évoqué toute la question de la confiance à établir et à maintenir avec les Premières Nations, en précisant que la relation a été brisée avant même que le Canada n'existe. Elle a été brisée à cause du vol de terres et il est temps de [les] rendre. C'est juste la réalité de la chose [...] C'est facile à dire, plus difficile à faire!, a-t-il admis.

Se disant légèrement optimiste, il estime avoir réussi à créer de la confiance avec les communautés pendant les deux ans passés aux Services aux Autochtones, surtout grâce à la gestion de la pandémie. Il pense pouvoir transposer cette confiance dans son nouveau ministère pour commencer à agir rapidement. Car il y a urgence de réparer, a-t-il soulevé, en faisant notamment référence aux revendications territoriales.

Aller au fond des choses sur la question des pensionnats

Il est aussi revenu sur la question des pensionnats pour Autochtones, rappelant que chaque site est différent et [que] chacun a une histoire unique et horrible.

Quant aux questionnements sur des documents toujours gardés secrets par Ottawa, le ministre Miller a parlé de problèmes de confidentialité. Or, du même souffle, il a dit qu'il ne fallait pas hésiter à être assez ouvert sur ce fait.

Il s'est dit prêt à travailler avec son ministère pour aller au fond des choses, si jamais le fédéral détenait vraiment quelque chose.

« Ce ne sont pas des sujets complexes, mais des sujets sur lesquels nous devons aller au fond des choses pour le bien de ce que nous sommes en tant que pays, mais aussi et surtout pour le bien de ceux qui en souffrent encore. »

— Une citation de  Marc Miller, ministre des Relations Couronne-Autochtones
Patty Hajdu lors de son assermentation.

Patty Hajdu, députée de Thunder Bay–Supérieur-Nord, en Ontario, passe de la Santé aux Services aux Autochtones.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Patty Hajdu, députée de Thunder Bay–Supérieur-Nord, était quant à elle ministre de la Santé depuis octobre 2019. Elle hérite du ministère des Services aux Autochtones et devient aussi ministre responsable de l'Agence fédérale de développement économique pour le Nord de l'Ontario.

Mme Hadju a rappelé avoir déjà travaillé sur les questions autochtones, notamment au début des consultations sur l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) et relativement au financement de la formation professionnelle et de l'éducation des Autochtones.

Elle considère que son nouveau poste représente l'immense honneur de servir les peuples autochtones du pays.

« Je pense que c'est un rôle essentiel dans les efforts de notre gouvernement pour faire avancer la réconciliation »

— Une citation de  Patty Hajdu, ministre des Services aux Autochtones

En 2017, le ministère des Affaires autochtones avait été scindé en deux : l'un s'occupant davantage des problèmes de bien-être des Autochtones, dont la santé et l’eau potable; l'autre se chargeant des droits issus des traités, et des relations de nation à nation. La recommandation visant à scinder les ministères découlait de la Commission royale sur les peuples autochtones, qui a soumis son rapport en octobre 1996.

Le Métis Dan Vandal reste à la tête des Affaires du Nord, poste qu'il occupe depuis 2019.

Réactions positives

L'annonce de ce nouveau Cabinet a plutôt été bien accueillie. La cheffe nationale de l'Assemblée des Premières Nations (APN), RoseAnne Archibald, dit avoir hâte de poursuivre le travail déjà entamé avec le ministre Marc Miller. Elle accueille aussi positivement la ministre Patty Hajdu.

Dans un courriel envoyé à Espaces autochtones, RoseAnne Archibald dit aussi apprécier les efforts continus du ministre Dan Vandal ainsi que sa représentation en tant que seul membre autochtone du nouveau Cabinet.

« J'espère que ces personnes et tous les ministres du Cabinet travailleront aux côtés des Premières Nations pour trouver un chemin de guérison. »

— Une citation de  RoseAnne Archibald, cheffe nationale de l'Assemblée des Premières Nations

Sur Twitter, la Nation métisse de l'Ontario a aussi félicité les ministres Hajdu et Miller, précisant avoir hâte de travailler avec eux et avec tout le Cabinet pour apporter de réels changements pour nos citoyens et nos collectivités.

L'Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) a elle aussi félicité les titulaires des portefeuilles touchant directement les Autochtones. Ces nominations sont de bons pas en avant pour la réconciliation, a estimé la présidente de l'AFAC, Lorraine Whitman.

Une assermentation parsemée de références autochtones

L'assermentation s'est tenue devant la nouvelle gouverneure générale, Mary May Simon, première Autochtone à représenter la monarchie britannique en 154 ans d'histoire.

Les ministres applaudissent.

Le premier ministre Justin Trudeau et la gouverneure générale Mary May Simon se présentent devant les ministres nouvellement assermentés.

Photo : Radio-Canada / Justin Tang

Une Inuk de Baker Lake, au Nunavut, a allumé le qulliq, une lampe traditionnelle inuit utilisée lors de moments importants. Elle a veillé sur le qulliq tout au long de la cérémonie.

Juste avant l'assermentation des 38 ministres, une aînée anichinabée, Claudette Commanda, a fait une prière implorant les ministres d'avoir la force d'avancer avec respect et dans la vérité. Elle a aussi demandé d'honorer les enfants qui nous ont précédés, car les enfants sont sacrés.

Nous avons la responsabilité de les aimer, d'en prendre soin et de veiller à ce que tous les enfants comptent, a-t-elle conclu, faisant visiblement référence aux enfants survivants, mais aussi décédés dans les pensionnats pour Autochtones.

Les musiciens métis Alicia et Liam Blore, respectivement violoniste et guitariste, sont venus jouer un morceau de musique pendant l'assermentation.

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