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La cause autochtone rayonne jusqu’en Europe

Des personnes sur une scène.

Plusieurs Autochtones ont donné différentes représentations artistiques à l'occasion de la Foire du livre de Francfort.

Photo : Gracieuseté

Les découvertes de sépultures anonymes dans l'ouest du pays, le Canadien de Montréal qui dit désormais jouer en territoire non cédé… Ces événements d’actualité poussent les Européens à s’intéresser de plus en plus aux questions autochtones. La foire du livre de Francfort en est une preuve.

Ils ne savaient pas que la colonisation s’est passée comme ça. Ils se demandent pourquoi le gouvernement ne fait rien. C’est ce qui a marqué Michel Jean, auteur du livre Kukum qui vient d’être traduit en allemand, lors de son passage à Francfort.

L’Innu de Mashteuiatsh est présentement à la Foire du livre de Francfort, en Allemagne qui se tient jusqu’au 24 octobre. Il s’agit de l’un des plus grands événements littéraires en Europe.

Michel Jean devant une caméra.

L'auteur innu Michel Jean a donné plusieurs entrevues aux médias allemands.

Photo : Gracieuseté : Michel Jean

Cette année, le Canada est l’invité d’honneur. Il est représenté par plusieurs auteurs, dont des Autochtones : Michel Jean, J.D. Kurtness, Joséphine Bacon ou encore Paul Seesequasis.

La gouverneure générale Mary Simon était aussi sur place pour représenter le Canada et a fait un discours. Elle a notamment rappelé les réalités autochtones du moment.

Dans le Nord et dans toutes les régions du Canada, les peuples autochtones réaffirment leur présence sur le territoire et revendiquent leur identité. Nous nous efforçons de reconnaître et d’accepter un chapitre sombre et douloureux de notre histoire – de notre véritable histoire, a-t-elle dit.

Mary Simon et Angela Merkel.

La gouverneure générale Mary Simon a rencontré l'ancienne chancelière Angela Merkel lors de son voyage en Allemagne. Elle s'est rendue à Berlin et à Francfort.

Photo : Gracieuseté : Gouverneure générale du Canada

Elle a d’ailleurs encouragé les visiteurs à aller à la rencontre des auteurs autochtones présents.

Le discours a en tout cas marqué Michel Jean, qui a souligné que certains passages ont été prononcés en inuktitut.

Elle a parlé dans une langue autochtone, au nom du Canada, dans un événement international… c’était très touchant, explique-t-il.

Le centre-ville de Francfort avec des maisons typiques et une grande fontaine.

Le Canada était le pays à l'honneur à la foire du livre de Francfort 2021.

Photo : Gracieuseté

Michel Jean sent aussi un accueil très positif et intéressé de la part du public allemand.

La différence cette année, c’est que, puisque le Canada est à l’honneur, il y a beaucoup d’intérêt pour nous, explique Michel Jean lors d’une entrevue. Il évoque l’accueil chaleureux que son livre Kukum a reçu outre-Atlantique.

J’ai fait beaucoup d’entrevues dans les médias allemands, j’ai participé à beaucoup d’événements. Ça n’aurait pas forcément été le cas avant, indique-t-il.

Selon lui, beaucoup de Canadiens pensent que les Européens ont une vision très folklorique des peuples autochtones. Mais ça ne serait pas le cas, selon lui. Ils s’intéressent vraiment à notre histoire, ils écoutent, dit-il.

Les événements de Kamloops y sont sûrement pour quelque chose. La découverte de 215 tombes non marquées près d'un ancien pensionnat pour Autochtones en Colombie-Britannique, puis d'autres sépultures anonymes ailleurs dans la province et en Saskatchewan, ont eu un écho en Europe.

Joséphine Bacon, dans le studio de <i>Tout un matin</i>.

L'Innue Joséphine Bacon était aussi à l'honneur à la Foire du livre de Francfort.

Photo : Radio-Canada / Martin Ouellet

On se réjouit de cet intérêt. Les Autochtones veulent que ces histoires se sachent, on cherche des alliés partout, ajoute encore l’auteur innu.

Lorsque les gens viennent à son stand et que la discussion se fait, Michel Jean est aussi intéressé sur l’actualité du Canadien de Montréal.

En début de semaine, l’équipe a annoncé qu’elle mentionnerait, au début de chaque match qui se déroule dans la métropole, être en territoire non cédé. Une nouvelle qui a suscité de vifs débats au Québec.

Les Allemands ne comprennent pas la réaction des Québécois, ils trouvent ça ridicule. Ils ne comprennent pas pourquoi les Canadiens ne sont pas capables d’accepter ça, dit-il.

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