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La Grande Marche pour la protection des forêts franchit la ligne d’arrivée à Québec

Politiques environnementales, solidarité des peuples et protection de la biodiversité doivent marcher main dans la main, clament les participants.

Une pancarte intitulée «Arbres autochtones allochtones allié.es».

La Grande Marche pour la protection des forêts s'est clôturée au parc de la Pointe-aux-Lièvres de Québec.

Photo : Radio-Canada

Maud Cucchi

Valeureux, certains marcheurs sont partis début septembre de l'Outaouais et ont parcouru depuis « un p’tit 500 km » par tous les temps. D’autres les ont rejoints en cours de route, animés du même désir de protéger les forêts du Québec et de soutenir les Premières Nations dans leur approche environnementale.

À petits pas ou à grandes foulées, tous ont terminé leur parcours à Québec, samedi. Ils rencontreront les élus dans quelques jours.

Leurs revendications? Appuyer la création d’une centaine d’aires protégées dans le sud du Québec et faire pression pour que d’autres mesures de protection du territoire soient rapidement adoptées.

On demande un observatoire des forêts indépendant pour rebâtir un lien de confiance entre la population et les gestionnaires des forêts, déclare Patrick Gravel, l’un des organisateurs de ce mouvement citoyen qui prône aussi des mesures immédiates pour une meilleure protection de la biodiversité.

Marche pour la protection des forêts

Une rencontre est prévue mardi avec le ministre de l’Environnement, Benoit Charette. Je crois qu’il y a de l’ouverture, espère M. Gravel, tout en rappelant que le gouvernement Legault s’est engagé à transformer 30 % du territoire du Québec en aires protégées d'ici 2030.

On ne peut pas que protéger le nord du Québec et dire qu’on protège la biodiversité, parce que la biodiversité se concentre dans le sud, souligne le marcheur-organisateur, tout affairé à accueillir les participants au parc de la Pointe-aux-Lièvres, à Québec.

Plusieurs affichent leurs origines autochtones, comme Madeleine Saïga, du clan du Bison blanc, précise-t-elle, qui a marché les dix premiers kilomètres avec l'intime conviction que les arbres sont le poumon de la Terre maman.

Madeleine Saïga bien emmitouflée.

Madeleine Saïga s'est jointe aux premiers pas du mouvement.

Photo : Radio-Canada

La question des aires protégées touche de nombreuses nations autochtones, observe à son tour M. Gravel. Avec l’histoire des pensionnats, avec tout ce qui a rapport au racisme, on s’excuse, mais qu’est ce qu’on fait pour protéger le cœur de leur culture, qui est la relation à la nature?

« Je crois que les aires protégées, c’est une façon de dire qu’on les considère et qu’on considère leurs valeurs, c’est une façon de fraterniser. C’est pour ça qu’ils vont être là aujourd’hui, c’est qu'on a considéré leurs besoins. »

— Une citation de  Patrick Gravel, l’un des organisateurs de la Grande Marche

Samedi après-midi, malgré la pluie, l’événement a réuni familles et amis, Autochtones et allochtones, jeunes militants ou grands baroudeurs comme Gilles Hotte, marcheur octogénaire au long cours (il a parcouru plus de 500 kilomètres!) convaincu que la cause est très bonne [...] pour la Terre, notre Terre nourricière.

Terre mère : l’appellation revient dans de nombreux témoignages, particulièrement chez les membres des Premières Nations, qui ont parfois fait plusieurs heures de route pour manifester leur soutien au mouvement. Dans la foule, les slogans juxtaposent les revendications : Ensemble pour la protection des forêts et de l’identité innue, ou encore : Arbres autochtones allochtones allié.e.s.

Le symbole de la Grande Marche sur la proue du canot.

La canot à l'effigie de la Grande Marche

Photo : Radio-Canada

Yvan Boivin, canoteur originaire de la communauté atikamekw de Manawan, expose fièrement l’une de ses dernières réalisations à l’effigie de la Grande Marche. Le canot, c’est l’union de tous, ça aide à rejoindre les bords. Être là, c’est montrer que nous, les Atikamekw, on existe encore, on est encore là, dit-il.

Outre la démonstration d’un savoir-faire ancestral, ce militant engagé est aussi venu réclamer des réponses du gouvernement Legault au sujet de ses revendications environnementales.

M. Boivin a participé à un barrage, cet hiver, pour manifester son opposition à un projet minier et à des coupes forestières. Son groupe avait demandé un moratoire de cinq ans sur ces coupes, sans obtenir de réponse.

Yvan Boivin dans sa voiture.

Yvan Boivin, de la communauté de Manawan

Photo : Radio-Canada

« Il faut laisser une chance à notre Terre mère de renaître un peu, ainsi que la faune [...] Il y a un délogement de la faune, c’est grave. »

— Une citation de  Yvan Boivin, canoteur militant

Comme lui, plusieurs membres des Premières Nations ont fait le déplacement pour exprimer leur solidarité au mouvement et rappeler l’importance de prendre soin des forêts.

Politiques environnementales, solidarité des peuples et protection de la biodiversité doivent marcher main dans la main, disent-ils. À l’instar d'Andrée Levesque Sioui, dont le nom traditionnel wendat, Kwe’dokye’s, signifie celle dont la voix flotte sur l’eau, qui rappelle, en s’adressant à la foule au micro, qu’on est tous reliés ensemble et aux éléments.

Cette marche n’en est qu’à ses premiers pas, pressent l’organisateur Patrick Gravel. Ce qui vient de se bâtir-là, c’est un mouvement national, se réjouit-il. Presque tous les groupes environnementaux se sont mis ensemble, les nations autochtones, les citoyens, les enfants des écoles, alors ça ne peut que grandir en conscience à l’époque où l'on est.

Avec les informations de Colin Côté-Paulette

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