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Elle écrit un livre pour préserver une prononciation ancestrale de l’inuktitut

Une jeune Autochtone a consigné son dialecte dans un livre en mémoire de son arrière-grand-père, et dans l'espoir que les jeunes de sa région connaissent bien les prononciations spécifiques à leurs communautés.

Ocean Pottle-Shiwak attise des flammes avec un bâtonnet.

Ocean Pottle-Shiwak est une Inuk de Rigolet, au Labrador.

Photo : Facebook / Ocean Pottle-Shiwak

Radio-Canada

Ocean Pottle-Shiwak, une Inuk de 18 ans, a publié un livre sur un dialecte inuktitut dans l'espoir de préserver les prononciations uniques de sa langue natale avant qu'elles se perdent.

Ilinniasonguvutit: Inuktitut – c’est son titre – propose de retranscrire le dialecte inuktitut local de Rigolet, la petite communauté d'où l'autrice est originaire, dans le nord du Labrador.

La jeune femme a participé cette année au programme annuel d'alphabétisation d'été destiné à lutter contre la glissade de l'été, selon l’expression consacrée, soit la période de vacances pendant laquelle les élèves oublient une partie de ce qu'ils ont appris à l'école.

Plutôt que de s’en tenir aux révisions usuelles, Mme Pottle-Shiwak a décidé de créer son propre ouvrage et d’y consigner le dialecte inuktitut local de Rigolet.

L'idée lui est venue en parcourant les ressources dont disposait son professeur d'inuktitut. Elle a alors remarqué que, parmi les dictionnaires et les manuels disponibles, aucun ne rendait compte du dialecte local.

Le dialecte de Rigolet est en quelque sorte mort avec mon arrière-grand-père, alors j'ai voulu le faire revivre, explique fièrement Mme Pottle-Shiwak. Il a été un très bon mentor pour moi, poursuit-elle, je l'ai toujours admiré.

La couverture du livre Ilinniasonguvutit : Inuktitut.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pour l'instant, les copies imprimées sont réservées aux habitants de Rigolet.

Photo : Brenna McIntyre

L’étudiante évoque la variété des dialectes en inuktitut, tous compréhensibles pour ses locuteurs, mais dont les différences se glissent subtilement dans l’orthographe et la prononciation. Celle de rouge ou de merci, par exemple, est légèrement différente dans le dialecte de Rigolet et dans celui des autres communautés.

Un outil rare et précieux

À l'échelle gouvernementale, l’initiative fait mouche. Pour Roberta Baikie-Andersen, directrice adjointe du département de l'éducation du gouvernement du Nunatsiavut (au nord du Labrador), cette publication constitue une excellente ressource et un document important.

La native de Rigolet a d'emblée été séduite par la démarche de consignation de ce dialecte qui renforce sa préservation auprès des générations futures.

Elle rappelle que certains programmes communautaires s'efforcent d'enseigner la langue, une gageure quand les locuteurs se font rares.

C'est aussi une ressource que l'on peut comparer avec d'autres qui existent déjà, dit-elle. [Mes enfants] peuvent ainsi comparer les deux et savoir qu'il existe des différences et qu'il est important de les préserver, souligne Mme Baikie-Andersen, mère de trois enfants.

Le gouvernement du Nunatsiavut a également publié deux livres dans un effort de préservation culturelle et travaille à l’élaboration d'un troisième. Toute personne intéressée par le partage d'histoires ou de langues devrait mettre ses idées sur papier, conseille Mme Baikie-Andersen.

« Plus nous en publions, plus les gens en ont à leur disposition dans leur vie quotidienne. Nous espérons que davantage de personnes, notamment les plus jeunes, commenceront à se familiariser avec cette langue et à l'utiliser plus régulièrement. »

— Une citation de  Roberta Baikie-Andersen, directrice adjointe au gouvernement du Nunatsiavut

Mme Pottle-Shiwak espère quant à elle que le projet aura une influence positive sur d'autres jeunes membres de la communauté de Rigolet et au-delà.

La jeune autrice d'Ilinniasonguvutit: Inuktitut aimerait bien que sa démarche en inspire d’autres, surtout de sa génération, pour qu'ils sachent qu'on n'est pas trop jeunes pour aider à préserver notre culture et pour défendre notre langue et notre peuple.

Avec les informations de Heidi Atter, de CBC News

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