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Itinérance : Denis Coderre promet 600 logements sociaux pour les Autochtones

Trente-six millions de dollars seraient spécifiquement consacrés à la lutte contre l’itinérance à Montréal.

Dans une rue, Denis Coderre devant des micros, avec Benoit Langevin derrière lui.

Denis Coderre accompagné de son porte-parole en matière d'itinérance, Benoit Langevin

Photo : Radio-Canada

Maria-Louise Nanipou
Maud Cucchi

S’il est élu maire de Montréal, Denis Coderre soutiendra la création de 600 nouveaux logements destinés aux membres des Premières Nations et aux Inuit au cours des quatre ans du mandat municipal. Une promesse qui est reçue avec scepticisme par la directrice du Foyer pour femmes autochtones.

Il faut être réaliste et pragmatique, a commenté le chef d’Ensemble Montréal au sujet de ces 600 nouveaux logements, auxquels s’ajouteraient 1200 autres dans la lutte contre l’itinérance à Montréal.

L’ex-maire mise aussi sur le maintien de mesures déjà en place telles que la halte-chaleur du square Cabot, dont le sort demeure inconnu après le 1er décembre.

Ce n’est pas une tente qu’il nous faut, c’est un édifice! a répliqué vertement Nakuset, directrice générale du Foyer pour femmes autochtones. Sinon, c’est une solution de fortune. Qu’allons-nous faire? Laisser dehors 180 personnes qui s’y présenteront?

Portrait de Nakuset dans un parc urbain à l'automne.

Nakuset, directrice générale du Foyer pour femmes autochtones

Photo : Radio-Canada

En attendant la construction des nouveaux logements sociaux promis, Denis Coderre dit vouloir soutenir les organismes communautaires dans leurs services d’aide au logement. Il compte ainsi pérenniser les hébergements d’urgence et les haltes d'accueil, qu'il souhaite ouverts en tout temps.

S'il est élu, il affirme aussi qu'il maintiendra le poste de commissaire autochtone à la Ville de Montréal.

En outre, l’offre de centres de consommation contrôlée d'alcool – ou wet shelters – sera bonifiée, a-t-il indiqué sans fournir davantage de précisions.

L’ex-maire compte aussi doubler le nombre de patrouilleurs de l’Équipe de soutien aux urgences psychosociales (ESUP) et de l’Équipe mobile de référence et d’intervention en itinérance du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Enfin, le candidat Coderre veut lancer des projets pilotes en santé urbaine, en collaboration avec la Ville d’Ottawa, pour lutter contre la crise des opioïdes.

Parmi les promesses électorales annoncées vendredi, 36 millions de dollars seraient spécifiquement consacrés à la lutte contre l’itinérance à Montréal.

Cette somme reste insuffisante, prévient David Chapman, directeur général de Résilience Montréal. Entre septembre 2020 et septembre 2021, l'organisme d'aide aux itinérants a vu la demande doubler, notamment en ce qui a trait aux distributions de repas.

M. Chapman défend une offre plurielle à destination des itinérants, pour un équilibre des services entre les recours d'urgence et les solutions d'hébergement à plus long terme, dit-il, ce que la compétition entre organismes pour obtenir des subventions n'aide pas, selon lui.

Crédibilité en berne

À la seule évocation du nom Coderre, Nakuset peine à contenir sa colère. La directrice générale du Foyer pour femmes autochtones n’a toujours pas digéré son instrumentalisation médiatique, dit-elle, de la grande marche pour la Journée nationale pour la vérité et la réconciliation, où le candidat a organisé une conférence de presse et annoncé la réhabilitation de la statue de John A. MacDonald à l'endroit même où elle a été renversée.

Ça a vraiment détourné les Autochtones de lui, estime-t-elle. Il essaie d’être notre allié, mais là, il s’est tiré une balle dans le pied.

« Il agit comme s’il se souciait de nous. C’est du grand n’importe quoi. Il essaie de s’acheter des voix parmi les Autochtones. »

— Une citation de  Nakuset, directrice générale du Foyer pour femmes autochtones

Quant aux diverses promesses annoncées en matière d’itinérance, Nakuset rétorque que ce sont des organismes comme le sien qui font réellement évoluer la situation : Nous sommes ceux qui agissent, qui comprennent vraiment les enjeux, poursuit celle qui se dit toutefois prête à travailler avec le prochain maire élu, quel qu'en soit le parti.

Conseils d'un chef

Dans sa conférence de presse, le candidat à la mairie Denis Coderre a également souligné le tragique décès de Raphaël André, mort gelé l’hiver dernier, qui a donné lieu à la mise en place de la tente du square Cabot.

En réaction à la mention de Raphaël André, Réal McKenzie, le chef de la communauté de Matimekush-Lac John (Schefferville), a précisé que le rôle d'un chef, c'est d'avoir à cœur les intérêts et les besoins des gens et d'agir à titre de père de la communauté. Les aînés lui ont appris cette lucidité à la fois humaine et culturelle, précise-t-il.

« Il devrait être évident, pour Denis Coderre, que sa priorité, c'est d'être à la fois aidant et soucieux de répondre aux besoins de tous les citoyens de Montréal, allochtones et Autochtones. Il doit donner un sens à ce rôle de maire qu'il vise. En tant que chef, je mets en avant les traditions et la solidarité selon la définition de nos grands sages. »

— Une citation de  Réal McKenzie, chef de la communauté de Matimekush-Lac John
Réal McKenzie en gros plan.

Le chef de la communauté de Matimekush-Lac John, Réal McKenzie

Photo : Radio-Canada / LAURENCE ROYER

Les élections municipales visent à pourvoir les postes de maires de la Ville et des arrondissements de la métropole, ainsi que ceux de conseillers municipaux, soit 103 personnes élues jusqu’en 2025.

L’élection se déroulera le samedi 6 et le dimanche 7 novembre, de 9 h 30 à 20 h. Les électeurs pourront aussi voter par anticipation les 30 et 31 octobre, de 9 h 30 à 20 h.

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