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Projet de loi 96 : Kanesatake redoute « une pression additionnelle » sur son peuple

La communauté mohawk veut s'assurer qu'un esprit de collaboration et de respect mutuel accompagnera la vaste réforme linguistique.

Simon Jolin-Barrette, ministre responsable de la Langue française.

Le ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, à la tête du projet de loi 96

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Maud Cucchi

En français et en kanien'kéha, la communauté mohawk de Kanesatake a exprimé ses vives inquiétudes quant à l'impact du projet de loi 96 sur sa langue et sa culture lors de la dernière journée des audiences publiques, jeudi, autour de la vaste réforme de la loi 101, ou Charte de la langue française.

Ça fait des centaines d'années, maintenant, que notre langue est sous pression, des pressions très, très, très difficiles, a soutenu le chef Jeremy Teiawenniserahte Tomlinson devant les parlementaires de l'Assemblée nationale.

Dans un exposé au temps de parole limité à dix minutes, M. Tomlinson a voulu s'assurer que cette réforme politique n'accroîtra pas davantage la vulnérabilité des cultures autochtones, dont la sienne.

On demande plutôt que, dans votre projet de loi, soit incluse une section, un texte qui laisserait l'ouverture à la collaboration, à la discussion avec les peuples autochtones afin d'assurer que nous ne serons pas négativement impactés par vos actions pour protéger votre langue et votre culture, a demandé le chef mohawk aux élus de la commission.

En rappelant l'histoire coloniale, Jeremy Teiawenniserahte Tomlinson n'a pas manqué de raviver le souvenir de l'entreprise d'éradication des langues et des cultures autochtones au Canada et d'insister sur les efforts colossaux, aujourd'hui, pour tenter d'y remédier.

Le problème avec le projet de loi n° 96, c'est que ça va amener beaucoup plus de pression sur nos communautés, sur nos peuples, pour pouvoir préserver nos langues.

Une citation de :Jeremy Teiawenniserahte Tomlinson, chef de la communauté mohawk de Kanesatake

En somme, il a dit reconnaître et même applaudir les efforts des Québécois pour protéger leur culture et leur langue, à condition que cette démarche ne se fasse pas au détriment des Autochtones.

Inquiétudes des communautés anglophones

Le chef était accompagné de la directrice du centre culturel Tsi Ronterihwanónhnha, à Kanesatake, Hilda Nicholas, qui a fait résonner le kanien'kéha aux débats en français. Il l'a présentée comme l'une des rares locutrices engagées dans la revitalisation et la pratique de la langue à Kanesatake et dans les communautés avoisinantes de Kahnawake, Akwesasne et Tyendinaga.

Il a ensuite relayé les revendications de la Coalition des Premières Nations anglophones du Québec, qui regroupe 11 communautés depuis sa création en 2012. Ces dernières veulent surtout s'assurer que les services en santé et sociaux resteront à la fois disponibles et compréhensibles pour tous les Autochtones.

La coalition souhaite ainsi que toute documentation essentielle à la sécurité et au bien-être des membres des Premières Nations soit traduite en anglais afin que les contenus soient facilement accessibles et compris.

Elle demande aussi que Québec autorise des exceptions linguistiques pour tous les professionnels travaillant exclusivement sur les réserves, afin que leur embauche soit plus facile pour les Premières Nations.

Un homme accorde une entrevue par visioconférence.

Le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), Ghislain Picard

Photo : Radio-Canada

Quelques jours auparavant, l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) avait manifesté sa franche opposition au projet de loi 96 devant la commission parlementaire, jugeant que la réforme continuait à mettre en péril la réussite éducative des enfants des Premières Nations.

Une véritable relation de gouvernement à gouvernement est incompatible avec ce que propose ici le gouvernement Legault, et incompatible avec l’essentielle réconciliation avec les Premières Nations, avait alors dénoncé le chef Ghislain Picard.

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