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Malgré le rapport de la coroner, Legault ne croit toujours pas au racisme systémique

François Legault parle debout à l'Assemblée nationale.

François Legault est critiqué pour avoir alimenté la partisanerie lors d'un échange à l'Assemblée nationale qui concernait les enjeux autochtones, dans la foulée du premier anniversaire du décès de Joyce Echaquan.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

S'il reconnaît que le racisme systémique a déjà existé à l'époque des pensionnats pour Autochtones, le premier ministre François Legault estime que ce type de situation, « où le racisme part d'en haut, des dirigeants, et englobe tout un système », n'existe plus au Québec.

Le chef caquiste a réagi mardi à la publication du rapport de Géhane Kamel sur la mort de Joyce Echaquan, un décès où le racisme systémique a joué un rôle soutient la coroner.

Dictionnaire à l'appui, M. Legault a martelé que la définition de systémique est quelque chose de relatif à un système dans son ensemble.

Pour moi, un système c’est quelque chose qui part d’en haut. Est-ce qu'il y a quelque chose qui part d’en haut et qui est communiqué partout dans le réseau de la santé pour que le personnel soit discriminatoire? C’est non.

Une citation de :François Legault, premier ministre du Québec

Je me mets à la place des Autochtones qui ont été victimes de racisme. Je peux comprendre, quand ça arrive souvent, qu’on puisse se dire qu’il y a un système, organisé par en haut, qui fait qu’on traite de façon différente les Autochtones, a-t-il encore ajouté.

La coroner derrière un micro.

Lors de la période de questions pour expliquer son rapport sur la mort de Joyce Echaquan, la coroner Géhane Kamel s'est adressée directement et avec émotion à Marie Wasianna Echaquan Dubé, la fille de Mme Echaquan.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

À la question de savoir ce que cela coûterait au gouvernement de concéder l'existence du racisme systémique, M. Legault a répondu : Pourquoi je reconnaîtrais une situation qui n’est pas exacte selon moi?

Question de sémantique

Si le Parti québécois préfère désormais parler de « racisme institutionnel », le Parti libéral et Québec solidaire exigent toujours que le gouvernement Legault reconnaisse l'existence du racisme systémique.

Le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, a estimé que la coroner a outrepassé son mandat en soulignant un biais idéologique et une volonté de tirer des conclusions sociologiques.

Comme le gouvernement caquiste de François Legault, le PQ refuse de reconnaître l’existence du racisme systémique.

Deux femmes se tiennent par la taille et l'épaule.

Des proches se recueillent en marge de la cérémonie commémorant le premier anniversaire du décès de Joyce Echaquan, à l'hôpital de Joliette.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Faisant référence au racisme institutionnel, le porte-parole du PQ en matière autochtone, Martin Ouellet, parle d'une définition plus rassembleuse.

On est capables de circonscrire ça à un endroit, à un lieu, à un département. Il est faux de penser que le racisme systémique existe dans tous les centres hospitaliers du Québec. Et dans son rapport, la coroner parle justement de l'institution de Joliette, a-t-il commenté.

Manon Massé, députée de Québec solidaire et porte-parole en matière d'affaires autochtones, avoue ne pas comprendre la pirouette sémantique du PQ.

Ça ne marche pas. C'est l'inverse de ce que dit la coroner et la commission Viens. Si telle est la définition, ça ne me semble pas aller dans le sens de ce qui est vécu par les personnes autochtones. Joyce n'a pas vécu du racisme juste à l'hôpital de Joliette, a-t-elle lancé.

La porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, en marge de la conférence de presse de la coroner Géhane Kamel concernant le dévoilement de son rapport sur la mort de Joyce Echaquan.

La porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, était présente lors de la conférence de presse de la coroner Géhane Kamel.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Elle a aussi réagi aux propos tenus par M. Legault. Je me serai attendue de la part du premier ministre qui est si fier d'être québécois, qu'il se retourne vers les institutions qui nous dictent comment on devrait comprendre les choses, à savoir, la commission des droits de la personne. Mme Kamel utilise cette définition, pas celle du Petit Robert, a-t-elle mentionné.

Contacté par Espaces autochtones, Gregory Kelley, député libéral et porte-parole en matière d'affaires autochtones, a souligné que la plupart des Québécois sont d’accord pour dire qu’il y a du racisme systémique. Ils sont à l’aise avec ce mot.

Optimiste, il pense que le gouvernement finira par plier et reconnaître que les Autochtones sont victimes de racisme systémique. D’ici là, il faut agir, a-t-il ajouté.

Mme Kamel était très émue lors de cette conférence de presse. Elle a tenu à souligner que bien que tout le monde se focalise sur sa première recommandation (reconnaissance du racisme systémique) il ne faut pas oublier les autres qui sont tout aussi importantes, notamment celle d'avoir suffisamment de personnel pour prendre soin des patients.

Sincèrement, j’espère que ce qu’on retiendra c’est que Joyce, par sa mort, nous a laissé un héritage extrêmement important. Il serait triste que son décès ait fait en sorte que l'on n'ait rien compris. Si j’avais un seul appel à faire, c’est que comme société, nous pouvons faire en sorte de se tendre la main, a-t-elle dit.

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