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« Joyce valide ce qu’on a toujours vécu en tant que femmes autochtones »

Carol Dubé devant l'hôpital de Joliette en compagnie d'une photo de la mère de famille, un an après la mort de celle-ci.

Carol Dubé devant l'hôpital de Joliette en compagnie d'une photo de la mère de famille, un an après la mort de celle-ci.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Les Autochtones et leurs représentants enfoncent le clou : le gouvernement Legault doit reconnaître l’existence du racisme systémique comme le préconise la coroner chargée de l’enquête sur les circonstances de la mort de Joyce Echaquan. Dans leurs rangs, personne ne comprend l'entêtement du gouvernement.

On le savait. On les a entendus, les propos racistes, a dit Viviane Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec, en évoquant les conclusions de la coroner Géhane Kamel.

La coroner estime dans son rapport que le racisme est l’une des causes du décès de la mère de famille atikamekw survenu il y a un an, à l’hôpital de Joliette.

Mme Michel insiste une nouvelle fois pour que le gouvernement reconnaisse qu’il y a du racisme systémique au Québec. Je n’arrive pas à comprendre ce gouvernement. Les partis d’opposition ont réussi sans mal à le reconnaître. C’est déplorable de la part du gouvernement, a-t-elle poursuivi.

Joyce Echaquan a validé ce qu’on a toujours vécu en tant que femmes autochtones.

Une citation de :Viviane Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec

Elle a estimé que la prochaine étape consisterait à adopter le Principe de Joyce.

De son côté, la sénatrice Michèle Audette pense que le rapport de Mme Kamel met la pression sur le gouvernement, mais aussi sur les institutions.

Michèle Audette.

Michèle Audette plaide pour que les institutions prennent en considération le rapport de la coroner et ses recommandations.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

En entrevue à RDI, le Dr Stanley Vollant a dit accueillir les conclusions de la coroner de façon très favorable.

Pour nous, c’est évident qu’il y a beaucoup de préjugés. Cela a des préjudices pour la santé des Premières Nations. Le problème n'est pas juste québécois, il est canadien, a ajouté le chirurgien.

Il a assuré que les systèmes de fonctionnement des institutions sont basés sur un historique colonial de 150 ans.

Le médecin Stanley Vollant a offert ses recommandations lors des audiences de l'enquête sur la mort de Joyce Echaquan.

Le médecin Stanley Vollant a offert ses recommandations lors des audiences de l'enquête sur la mort de Joyce Echaquan.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Jolianne Ottawa, une infirmière qui travaille au dispensaire de Manawan, a confié qu'elle n'a pas été étonnée par les conclusions de Géhane Kamel.

Un moment, faut se rendre à l'évidence. C'était audacieux de la part de la coroner de s'adresser directement au gouvernement, a-t-elle dit.

La jeune Atikamekw confie aussi ses impressions sur le premier ministre François Legault.

Dernièrement, c'est incroyable comme il est exaspéré. Il a l'air tanné. Pour lui, on est une roche dans son soulier en ce moment.

Une citation de :Jolianne Ottawa, infirmière

Gabrielle Vachon Laurent, agente culturelle au Centre d’amitié autochtone de Trois-Rivières et Innue de Pessamit, plaide aussi pour que le gouvernement reconnaisse l’existence du racisme systémique.

On est à un point de rencontre. Il faut dialoguer, s'exclame-t-elle.

Devant le Centre d’amitié autochtone de Lanaudière, trois Atikamekw de Manawan ont elles aussi exprimé un certain soulagement.

Marie-Pierrette Moar habite Joliette depuis 2009 et assure avoir elle-même été victime de racisme. Ça fait mal, car ça fait longtemps qu’on vit le racisme. Depuis la mort de Joyce, tout le monde me regarde. J’aimerais que ça apporte un changement, même dans les écoles, a-t-elle dit.

Des gens se recueillent en marge de la cérémonie célébrant le premier anniversaire du décès de Joyce Echaquan à l'hôpital de Joliette.

La mort de Joyce Echaquan a secoué toutes les communautés autochtones du Québec.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

L'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec a également réagi. Son président, Luc Mathieu, a rappelé les mesures disciplinaires qui ont été prises contre l'infirmière qui a tenu les propos racistes contre Mme Echaquan.

La reconnaissance du gouvernement concernant le racisme systémique est une décision qui lui appartient. Nous, on a jugé que c'était important, on trouve qu'il y en a notamment envers les Premières Nations et les Inuit.

Une citation de :Luc Mathieu

Il a toutefois ajouté que reconnaître l'existence du racisme systémique ne suffit pas. Des actions doivent suivre, selon le président.

Enfin, le CISSS Lanaudière indique accueillir avec ouverture le rapport de la coroner. Maintenant, en respect de la famille et des proches de Mme Echaquan et considérant que Mme Kamel présentera son rapport mardi prochain, nous ne commenterons pas celui-ci avant cette date, a ajouté la direction.

Avec les informations d'Amélie Desmarais, Marie-Laure Josselin et Olivier Bachand

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