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Pensionnats pour Autochtones : les évêques du Canada promettent 30 millions $

Le corbeau tourbillonne autour du clocher.

La Conférence des évêques catholiques du Canada a présenté la semaine dernière ses excuses aux Premières Nations pour les abus commis dans les pensionnats pour Autochtones.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Après avoir présenté des excuses officielles aux victimes des pensionnats pour Autochtones la semaine dernière, la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) s'engage désormais à verser 30 millions de dollars pour favoriser le processus de guérison et de réconciliation.

Ces fonds, qui seront accordés sur une période pouvant aller jusqu'à cinq ans, serviront à financer des programmes destinés à améliorer la vie des survivants, de leurs familles et de leurs communautés, en consultation avec les Premières Nations, les Métis et les Inuit de chaque région du pays.

Les évêques souhaitent que ces initiatives permettent un apaisement des traumatismes causés par le système des pensionnats.

Le président de la Conférence des évêques catholiques du Canada, Mgr Raymond Poisson, a indiqué que cette enveloppe de 30 millions de dollars était le résultat d'un consensus unanime sur le fait que les institutions catholiques devaient faire plus et de manière encore plus concrète pour réparer les torts du passé.

Pour répartir cette somme et déterminer un calendrier de distribution, la CECC compte travailler de concert avec les peuples autochtones. Les discussions présentes avec les dirigeants locaux seront utiles pour discerner les programmes qui apporteront le soutien le plus efficace, a affirmé le vice-président de la Conférence, Mgr William McGrattan.

« Il n'y a aucune démarche qui puisse éliminer la douleur ressentie par les survivants et survivantes des pensionnats. Mais [...] en travaillant en collaboration là où nous le pouvons, nous espérons apprendre à marcher ensemble pour une espérance renouvelée. »

— Une citation de  Mgr William McGrattan, vice-président de la CECC

Après que des survivants, des leaders des Premières Nations et le premier ministre Justin Trudeau lui-même eurent multiplié les appels à l'Église catholique du Canada, la pressant de reconnaître les torts que ses membres avaient causés aux Autochtones, la CECC a présenté ses excuses le 24 septembre.

Pour la première fois, les évêques canadiens prenaient la responsabilité de la souffrance vécue dans les pensionnats [pour Autochtones] du Canada.

Leur déclaration en avait laissé plus d'un sur leur faim, dont la cheffe nationale de l'Assemblée des Premières Nations (APN), RoseAnne Archibald, qui s'était dite « déçue » de ce que la CECC n'aille pas plus loin.

Comme Mme Archibald, d'anciens pensionnaires et chefs autochtones souhaitaient voir la CECC passer de la parole aux actes.

Des excuses papales réclamées

Les demandes des survivants ne se résument pas qu'à la reconnaissance des évêques et au soutien financier : ils attendent du pape François des excuses officielles. C'est ce que réclament en leur nom l'APN et l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador.

Dans le rapport de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, publié en 2015, l'appel à l'action 58 stipule que le pape devrait présenter, au nom de l’Église catholique romaine, des excuses aux survivants, à leurs familles ainsi qu’aux collectivités concernées pour les mauvais traitements sur les plans spirituel, culturel, émotionnel, physique et sexuel que les enfants des Premières Nations, des Inuits et des Métis ont subis dans les pensionnats dirigés par l’Église catholique.

Bien qu'il ait « exprimé sa douleur » après la découverte de sépultures anonymes d'enfants autochtones près des terrains d'anciens pensionnats cet été, le pape François n'est pas allé jusqu'à présenter ses excuses.

Après la découverte des restes de 215 enfants sur le terrain de l'ancien pensionnat de Kamloops à la fin mai, des Premières Nations ont indiqué avoir trouvé des centaines de tombes anonymes à Marieval, en Saskatchewan, et près de Cranbrook, en Colombie-Britannique.

En un peu plus d'un mois, la découverte de 1148 sépultures d'enfants autochtones a été annoncée. Les drapeaux canadiens, qui ont été mis en berne d'un bout à l'autre du pays en hommage aux survivants et aux disparus, flottent encore à ce jour à mi-mât au-dessus des édifices fédéraux.

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