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Voix autochtones d’aujourd’hui : la nouvelle exposition permanente du Musée McCord

Le vidéo d'une femme.

Des témoignages en langues autochtones sont présentés à l'entrée de l'exposition.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Voix autochtones d’aujourd’hui : savoir, trauma, résilience prend racine au Musée McCord, à Montréal, pour les prochaines années à partir de samedi. En rencontrant plusieurs Autochtones par le biais de leurs témoignages écrits et vidéo, les visiteurs trouveront la réponse à la question : comment être leur allié?

La nouvelle exposition permanente est racontée par les Premières Nations et Inuit eux-mêmes. Plus de 700 personnes de 18 nations autochtones au pays ont été rencontrées par la commissaire de l’exposition, Elisabeth Kaine, en collaboration avec l’organisme autochtone La Boîte Rouge Vif.

Elisabeth Kaine.

Elisabeth Kaine, Huronne-Wendat et commissaire de l’exposition « Voix autochtones d'aujourd'hui : savoir, trauma, résilience.»

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Ce qui distingue le plus cette exposition des autres qui ont été faites sur les Autochtones, c’est que celle-ci donne tout l’espace aux Autochtones pour qu’ils s’expriment, souligne le conservateur Cultures autochtones du Musée McCord, Jonathan Lainey.

Transmission du savoir par les objets

En entrant dans l’exposition, les premiers témoignages se font entendre sous forme de vidéo au centre d’une pièce dont les murs font acte de forêt. Ensuite, on entre dans la première section de l’exposition, celle des savoirs.

Un homme regarde l'exposition.

La première partie de l'exposition porte sur les savoirs des peuples autochtones.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Ceux-ci sont partagés grâce à des objets qui sont contextualisés avec des témoignages d’Autochtones dans une perspective contemporaine.

Ce sont les objets qui parlent dans une exposition comme celle-là, on s’est laissé inspirer par eux pour conceptualiser l’exposition, explique Jonathan Lainey.

Le collaborateur innu, Jean St-Onge, a sélectionné 400 objets pour l’exposition sur un total de 16 000. Ces objets sont présentés en alternance, une rotation est faite chaque année pour assurer leur préservation.

Les objets parlent de notre ingéniosité comme peuples, de nos connaissances techniques, de notre science et de notre créativité qui nous a permis de créer des objets absolument extraordinaires, souligne Elisabeth Kaine.

Il y a aussi des objets qui parlent des drames et des injustices politiques, ajoute celle qui est également cotitulaire de la Chaire UNESCO en transmission culturelle chez les Premiers Peuples.

Une projection d'arbres morts sur un mur.

La deuxième partie de l'exposition porte sur les traumas vécus par les Autochtones.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Narration du vécu au nous

La deuxième partie de l’exposition accueille les visiteurs dans une salle sombre qui aborde les traumatismes subis par les Premières Nations et Inuit suite à la colonisation. Les textes qui racontent ces histoires sont écrits au nous.

L’exposition se démarque, car ce n’est pas le musée qui explique l’histoire, ce sont les Autochtones qui prennent la parole. Dans un contexte de musée, ce n’est pas commun comme façon de faire. Les institutions muséales veulent habituellement que leur voix soit mise de l’avant, explique Jonathan Lainey.

Jonathan Lainey.

Jonathan Lainey, Huron-Wendat et conservateur, Cultures autochtones au Musée McCord.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Plusieurs témoignages écrits et vidéo expliquent, entre autres, la Rafle des années 60, les pensionnats pour Autochtones, la situation des femmes autochtones disparues et assassinées, ainsi que la perte des modes de transport d’autrefois.

C’est une section importante pour comprendre les défis auxquels on doit faire face en ce moment. Avec l'accumulation de tous ces événements, on se demande comment un peuple peut survivre à ça et on comprend mieux toutes les conséquences que ça a sur nos vies actuelles, confie Elisabeth Kaine.

La lumière après la noirceur

C’est une œuvre de l’artiste wendat Ludovic Boney qui ouvre la dernière section de l’exposition, sous le thème de la résilience. Il s’agit d’une zone d’espoir qui vise à donner aux gens la conviction qu’ils peuvent travailler avec les Autochtones vers un avenir meilleur pour tout le monde.

Une sculpture.

Le sculpteur huron-wendat Ludovic Boney désire faire passer le message, à travers son œuvre, que la collaboration entre les Autochtones et les allochtones est essentielle.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

On veut que ce soit une exposition qui donne le goût de la rencontre. Il n’y aura pas de réconciliation s’il n’y a pas de rencontre. Dans cette rencontre qu’on propose, nous désirons que les gens soient curieux de connaître autant nos histoires plus lumineuses que nos histoires plus sombres, confie Elisabeth Kaine.

Tout au long de l’exposition, on parle beaucoup des peuples nomades. Je trouve que c’est une métaphore intéressante avec la rencontre qu’on veut créer, parce que pour se rencontrer il faut se déplacer, ajoute la commissaire de l’exposition.

Mme Kaine termine avec un souhait : que plus d’importance soit accordée aux philosophies des Premières Nations et Inuit, car selon elle, notre société peut en tirer plusieurs enseignements pour l’avenir.

À la fin octobre, une section présentée par Radio-Canada s’ajoutera à l’exposition. La société de production autochtone Terre Innue exposera des témoignages sur différentes thématiques qui concernent les Autochtones dans le monde contemporain.

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