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Chronique

Les promesses pour la réconciliation : nos attentes sont grandes

Une femme dans une salle de bain montre des moisissures sur le plafond et le mur

L'amélioration des conditions de logement dans les communautés autochtones constitue une promesse à réaliser de manière urgente.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Kijâtai-Alexandra Veillette-Cheezo

À chaque élection, j’ai espoir que les réalités autochtones deviennent des priorités pour les chefs des partis et qu’on discute des solutions pour le bien-être de nos communautés. C’est également ce que j’ai écrit dans ma première chronique sur le sujet. Maintenant que le premier ministre Justin Trudeau a été réélu, regardons ce qui a été promis dans une perspective de réconciliation.

Le chef de l’APNQL a souligné l’importance que ces élections deviennent une invitation à la réconciliation. Quelles sont alors les promesses du parti libéral à cet égard?

Sur la plateforme du parti, les priorités en matière de réconciliation sont : un meilleur appui aux victimes des pensionnats pour Autochtones, l’élimination des avis à long terme sur l’eau potable, la lutte contre le racisme systémique, une stratégie de logement autochtone et le bien-être des enfants et des familles autochtones.

Voici quelques engagements pris par le parti qui, j’espère, seront tenus.

  • Un investissement de 2 milliards de dollars sera consacré à une stratégie de santé mentale et de bien-être fondée sur les particularités des Premières Nations, des Inuit et de la Nation Métisse. 

  • Un soutien sera donné aux communautés voulant exercer leur compétence en matière de services à l’enfance et à la famille en poursuivant l’application de la Loi concernant les enfants, les jeunes et les familles des Premières Nations, des Inuits et des Métis (loi c-92) 

  • Tous les avis d'ébullition sur l’eau potable seront levés dans les communautés autochtones restantes.

  • Un premier centre national du logement autochtone sera conçu et financé. En plus de l’élaboration d’une nouvelle stratégie de logement autochtone.

La santé mentale

Au sein des communautés, la guérison est une valeur centrale. Plus de ressources en santé mentale m’apparaissent comme un soutien nécessaire pour la guérison des blessures du passé qui font partie encore de nos réalités actuelles.

Je parle ici des survivants des pensionnats et du traumatisme intergénérationnel causés par les multitudes stratégies d’assimilations qui affectent nos familles. Sans mentionner non plus les effets que la pandémie a créés au niveau de la santé mentale.

La protection de l’enfance

Nous sommes les mieux placés pour nous occuper de nos enfants. La nation atikamekw a pu le démontrer. Alors la mise en œuvre de la loi C-92 est très importante non seulement pour l’autodétermination des nations, mais aussi pour renforcer nos liens au sein de nos familles et protéger nos enfants.

L’accès à l’eau potable

Je suis encore en questionnement à propos de la levée des avis d'ébullition de l’eau potable dans les communautés autochtones. Plus précisément, je ne trouve pas ça normal que des milliers de personnes n'aient pas encore accès à l’eau potable.

109 avis à long terme ont été levés, certes, mais la promesse d’y remédier complètement avait été faite en 2015. En juillet, le gouvernement conclut une entente de principe pour régler le recours collectif national en lien avec l’eau potable.

Est-ce normal qu’il ait fallu un recours collectif pour faire agir le gouvernement plus rapidement pour l’accès à l’eau potable? Il y a donc de grandes attentes devant cette promesse.

Le logement

Il y a également un grand besoin au niveau du logement au sein des communautés autochtones, mais également en dehors des communautés. N’oublions pas que plus de la moitié des Autochtones vivent en milieu urbain. Il est donc nécessaire qu’une stratégie de logement soit développée pour en améliorer le nombre, mais aussi la qualité de ceux qui existent. Je suis curieuse de savoir ce qui en sortira.

Le travail se poursuit

Il n’y a pas de réconciliation sans l’autodétermination des nations autochtones. Il est alors primordial que le gouvernement tienne ses promesses tout en collaborant avec les communautés autochtones.

D’autres initiatives législatives fédérales devront être développées afin d’appuyer l’autodétermination des Premiers Peuples et l’inscrire clairement dans la réalité politique canadienne. C’est ce que l’APNQL a déclaré dans son communiqué de presse (Nouvelle fenêtre) le lendemain des élections.

Ces nouvelles lois devraient être autant d'opportunités de réconciliation avec les nations autochtones vivant sur le territoire nommé Canada et son gouvernement. L’Assemblée des Premières Nations a notamment sorti un document intitulé Le chemin de la guérison : Priorités fédérales de 2021 pour renforcer et reconstruire les Premières Nations qui, j’espère, deviendra un outil nécessaire pour le travail vers la réconciliation.

Beaucoup de chemin a été fait ces dernières années vers la guérison de nos communautés et la réparation de nos liens. Il est important de ne pas l’oublier tout en poursuivant ce qui a été entamé.

J’ai vu plusieurs voix autochtones s’élever lors de cette campagne électorale. On a parlé lors des débats de certains enjeux et on nous a écoutés.

Même si on aurait pu en parler plus, nous sommes sans aucun doute à un autre endroit qu’il y a 30 ans. Alors oui, M. Trudeau, c’est ensemble que nous avançons et nos attentes face à vos promesses sont grandes.

Les choses avancent tranquillement, mais sûrement.

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