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Wildhood, un film autochtone et queer

Des gens à l'extérieur du bâtiment qui accueille le TIFF.

Le film de Bretten Hannam est diffusé à l'occasion du TIFF.

Photo : Reuters / MARK BLINCH

La Presse canadienne

Le cinéaste bispirituel Bretten Hannam espère que son nouveau film Wildhood inspirera et ouvrira des portes à un plus grand nombre d'artistes autochtones, en particulier ceux de la communauté LGBTQ.

Présenté au Festival international du film de Toronto (TIFF), Wildhood est l'histoire de Link, un adolescent métis, et de ses demi-frères. Alors qu'ils s'enfuient de leur père violent, ils décident de partir à la recherche de la mère mi’kmaq de Link, qu'il croyait morte.

L'acteur Phillip Lewitski, de descendance française, ukrainienne et mohawk, interprète le rôle de Link, le personnage principal. Avery Winters-Anthony incarne Travis, le jeune demi-frère de Link, et Joshua Odjick joue Pasmay, un danseur de pow-wow qu'ils rencontrent en chemin.

Bretten Hannam est Mi'kmaq et bispirituel, un terme utilisé par certains Autochtones pour décrire leur genre, leur sexualité et leur identité.

Autochtone et queer, des identités sources de résistance

Le réalisateur, qui utilise les pronoms il/ils, a déclaré que la réalisation de son film lui a pris plus de temps que prévu, en partie à cause de la résistance de l'industrie aux projets portés par la communauté autochtone et queer.

Il se souvient avoir été confronté à des critiques sur les éléments LGBTQ du film lors des premières réunions de présentation.

J'ai laissé quelques personnes le lire et leur réaction n'a pas été très enthousiaste, a déclaré le réalisateur de 37 ans lors d'une récente entrevue.

Le cinéaste a grandi à Kespukwitk, en Nouvelle-Écosse, dans le sud de la province, où il réside toujours.

Il a fait ses débuts dans le cinéma après y avoir été exposé dans le cadre d'un programme d'animation lorsqu'il était plus jeune.

Des bateaux dans la marina de Sydney, en Nouvelle-Écosse.

Le réalisateur est originaire de la Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada / Christian Noël

Wildhood devient une histoire très puissante en raison de ce voyage pour se reconnecter, a-t-il déclaré. Cette histoire parle de la connaissance, de savoir qui vous êtes, d'où vous venez et où est votre place.

Tout au long du film, Link et ses compagnons voyagent à travers l'étendue rurale de la Nouvelle-Écosse.

Bretten Hannam dit s'identifier au voyage intérieur de Link, qui se rapproche de son héritage mi'kmaq après l'avoir ignoré pendant des années.

Malheureusement, je n'ai pas grandi dans une communauté. Je n'ai pas grandi avec ma langue, je n'ai pas grandi en sachant ces choses, explique-t-il.

Cependant, depuis une dizaine d'années, il est parti à la rencontre de sa culture mi'kmaq.

Mon but, avec tout ce que je fais, est de construire un pont et de nous relier les uns aux autres, pas seulement entre les personnes, mais aussi avec la terre sur laquelle nous vivons et les animaux qui nous entourent, assure-t-il.

Avec pour toile de fond les collines rustiques et luxuriantes de l'ouest de la Nouvelle-Écosse, le film a été conçu dans le respect de l'environnement.

L’un des producteurs, Gharrett Patrick Paon, a déclaré qu'il était très important pour lui d'essayer de combler une lacune dans le monde du cinéma en décrivant la vie du Canada atlantique.

J'ai senti que c'était l'occasion d'apporter une contribution à la fois à la communauté du cinéma indépendant en Nouvelle-Écosse et à la communauté Mi'kmaq. C'était un projet qui en valait la peine, croit-il.

M. Hannam partage ce sentiment. Il précise aussi que la représentation des Autochtones au cinéma est le fruit de campagnes de désinformation.

Quand j'étais jeune et que je regardais des films, les seuls Autochtones que je voyais étaient dans les westerns-spaghettis. Ce ne sont pas des Autochtones qui jouent, ce sont des Italiens et parfois ils sont très mal maquillés, argumente le réalisateur.

Il espère que son travail inspirera et ouvrira des portes à d'autres cinéastes pour montrer la vie des Autochtones.

Il y a tellement d'histoires et elles méritent toutes d'être racontées, conclut-il. Wildhood sera projeté les 12, 17 et 18 septembre au Festival international du film de Toronto.

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