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Le vote des Autochtones peut changer la donne, selon des artistes

Des peluches et des pancartes avec des messages en appui aux Autochtones.

Devant le parlement d'Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Hugo Bélanger

Les artistes autochtones sont une pièce essentielle dans la construction de l'identité contemporaine des Premières Nations. Ils prennent la parole, dénoncent, contestent et produisent des œuvres qui se démarquent par leur originalité, tant au cinéma qu'en littérature, en poésie, en musique ou au théâtre. Espaces autochtones en a rencontré quelques-uns au sujet de leurs attentes dans cette élection fédérale.

Ce qui ressort, c’est l’inquiétude des artistes face à la participation autochtone au vote du 20 septembre. Comme a écrit l’auteur ojibwé Drew Hayden Taylor dans le Global News, pour beaucoup d'Autochtones, c’est comme décider s’ils devraient parler à leur ex-conjointe, qui a brisé leur cœur une fois, voire même plusieurs fois.

Alors que Stephen Harper était encore au pouvoir, il n’y a jamais eu autant de votes autochtones pour le sortir de cette position de leadership, ajoute l’artiste multidisciplinaire Caroline Monnet.

« Le vote autochtone a une influence et peut faire basculer les élections. »

— Une citation de  Caroline Monnet, artiste multidisciplinaire de Kitigan Zibi

On fait partie de la société et tous les enjeux qui sont traités par le gouvernement nous touchent et nous affectent dans notre vie de tous les jours, ajoute Caroline Monnet.

Un homme tatoué aux bras et portant une casquette est assis devant une table et regarde la caméra.

Quentin Condo, alias Q-052

Photo : Seana Pasic

Le rappeur mi’kmaw Quentin Condo compare les élections à un champ de bataille : nous sommes dans une situation particulière où nous pouvons choisir notre ennemi.

Pour lui, les différents gouvernements ont prouvé maintes et maintes fois qu’ils n’ont pas les intérêts des Autochtones à cœur, mais il est possible d’au moins choisir un adversaire qui va rendre la bataille plus facile.

Imagine si n’importe quel sportif pouvait décider contre quel adversaire il se battrait, il prendrait l’opportunité de choisir, ajoute le rappeur.

Des belles promesses

Pourquoi les Autochtones ne se sentent pas plus concernés par les élections? Quentin Condo vous répondra également par une question : vous souvenez-vous la dernière fois où le gouvernement a rempli les promesses qu’il avait faites aux Autochtones et a prouvé qu’il avait un réel désir de respecter leurs droits?

Selon les artistes rencontrés, le gouvernement ne prend pas de mesures audacieuses et c’est ce qui prouve que le gouvernement n’est pas sincère lorsqu’il dit se préoccuper du bien-être des peuples autochtones au Canada,

Caroline Monnet

Caroline Monnet, artiste anicinabé.

Photo : ICI ARTV

On a accès au registre des personnes impliquées [dans la mort d'enfants dans les pensionnats], ça ne devrait pas être difficile de trouver les responsables, ajoute Caroline Monnet, qui a réalisé entre autres le film Bootleggers, qui sera dans les salles de cinéma cet automne.

Eau potable, mise en place des recommandations de la Commission de vérité et réconciliation, recherche des corps d’enfants enterrés près des pensionnats : trop souvent déçus par ces belles promesses, les Autochtones ne semblent plus se sentir interpellés par cette mascarade qui se répète sans cesse, explique Drew Hayden Taylor.

« Dans ma langue, on appelle ça "la lune des nombreuses promesses" »

— Une citation de  Drew Hayden Taylor, auteur de la Première Nation de Curve Lake

Les beaux programmes électoraux ne sont que des distractions, nous dit Quentin Condo.

Il explique que, pour que les communautés autochtones reprennent du pouvoir, il faut mettre des efforts pour qu'elles deviennent de plus en plus autonomes. Comment? En reconnaissant les droits territoriaux.

La première chose qu’on doit faire, c’est honorer les traités, de cette façon, on sera en contrôle de notre argent et nous pourrons le dépenser dans les projets et les services qui feront avancer nos communautés, ajoute le rappeur.

Si on a du changement dans les 30 prochaines années, ce sera grâce aux traités qui sont respectés, ajoute celui qui a aussi occupé le rôle de chef de Gesgapegiag le temps de deux mandats.

Pour lui, ça passe par l’éducation. Il faut que les communautés autochtones soient assez fortes pour défendre leurs intérêts auprès des gouvernements. Et c’est pourquoi Quentin Condo encourage les Autochtones à aller voter : nos warriors se promènent maintenant avec des diplômes universitaires.

Le meilleur scénario pour le rappeur mi'kmaw serait un gouvernement minoritaire pour qu’il n'ait pas le pouvoir absolu et, surtout, qu'il consulte les Premières Nations, Métis et Inuit dans les décisions qui les concernent.

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