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La réconciliation enflamme les échanges lors du débat des chefs en anglais

Portrait des cinq chefs réunis dans un photomontage.

Les chefs des principaux partis fédéraux, de gauche à droite : Justin Trudeau (Parti libéral), Erin O'Toole (Parti conservateur), Jagmeet Singh (Nouveau Parti démocratique), Yves-François Blanchet (Bloc québécois) et Annamie Paul (Parti vert).

Photo : CBC / (Andrej Ivanov/AFP/Getty Images, Adrian Wyld/The Canadian Press, Patrick Doyle/Reuters, Patrick Doyle/Reuters, Sean Kilpatrick/The Canadian Press)

Gabrielle Paul

Plus corsé que le débat en français, tenu la veille, le débat des chefs en anglais de jeudi soir a été ponctué de vifs échanges, notamment sur le racisme systémique.

Lors de cet exercice, la réconciliation a par ailleurs été discutée pendant son propre segment, contrairement au débat de la veille, où les enjeux autochtones partageaient un segment avec l'identité et la culture.

Les tensions sont notamment survenues lorsque la journaliste Melissa Ridgen, d'APTN News, a questionné Yves-François Blanchet du Bloc québécois sur le racisme systémique, alors qu'il avait été confronté sur cette question plus tôt dans le débat.

M. Blanchet a rappelé qu'il reconnaissait cette réalité. Qu'est-il arrivé? C'est devenu un outil politique utilisé pour dire que le Québec est xénophobe, a-t-il déploré en qualifiant au passage le débat de toxique et agressif.

Une déclaration qui n’a pas manqué d’estomaquer les autres chefs. La cheffe du Parti vert, Annamie Paul, a par la suite appelé M. Blanchet à s’éduquer davantage sur ce sujet.

M. Blanchet a estimé être insulté sans qu'il ne puisse répliquer.

Un peu plus tard dans le débat, Yves-François Blanchet a pu notamment s'exprimer sur la Loi sur les Indiens et sa potentielle abolition.

Les Premières Nations et les Québécois ont quelque chose en commun, a-t-il affirmé. Ils sont prisonniers de documents qu'ils n'ont jamais signés. Toute relation entre nations devrait pouvoir être organisée selon des traités ou des ententes.

Bilan Trudeau de nouveau montré du doigt

Justin Trudeau a été appelé à défendre le bilan de son gouvernement concernant, entre autres, les femmes autochtones disparues ou assassinées et l'eau potable.

Nous avons mis sur pied l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) alors que les précédents gouvernements l'ont évitée, a-t-il dit. Nous avons ensuite travaillé avec des groupes de femmes autochtones et de leaders autochtones pour créer un plan d'action en collaboration.

À la suite de cette déclaration, le chef du NDP Jagmeet Singh a fait référence aux contestations judiciaires controversées d'Ottawa impliquant des enfants des Premières Nations.

Ça me peine, mais les appels à la justice sont là et M. Trudeau n’a pas agi en conséquence, a notamment dit le chef néo-démocrate. Et vous ne pouvez pas dire certaines choses un jour et poursuivre des enfants autochtones devant les tribunaux le lendemain.

M. Singh adore sortir cette ligne alors qu'elle est fausse, a rétorqué M. Trudeau. Nous nous sommes engagés à dédommager les enfants qui ont pu subir de telles choses.

M. Trudeau a par la suite rappelé, une fois de plus, les 109 avis sur la qualité de l'eau que son gouvernement a pu résoudre.

Oui, il y a plus à faire, a-t-il dit. Il y a toujours plus à faire, mais 109 avis concernant la qualité de l'eau potable ont été levés, des milliers d'enfants autochtones vont maintenant en classe dans des écoles nouvelles ou rénovées, plus d'accords ont été signés et plus d'argent a été investi.

Sur ces questions, la cheffe du Parti vert, Annamie Paul, a déclaré que la réconciliation autochtone ne devrait pas être traitée comme un buffet, choisissant quels droits devraient être accordés aux Premières Nations.

On ne peut parler de réconciliation et empêcher des pêcheurs mi’kmaw de vivre de leur pêche, a dit Mme Paul. On ne peut pas non plus parler de réconciliation tout en traînant des Autochtones devant les tribunaux et en construisant des pipelines sur leurs terres.

Aussi questionné par Melissa Ridgen, le chef conservateur Erin O'Toole a dû défendre le refus de son parti d'appuyer la mise en œuvre de la Déclaration des Nations unies sur les peuples autochtones.

Notre problème avec la déclaration est la définition de consentement préalable, libre et éclairé, a-t-il dit. Ça ne doit pas empêcher la formation de partenariats et la création d'opportunités. Je souhaite que les Autochtones puissent jouir de richesses intergénérationnelles, plutôt que de traumatismes.

D'autre part, M. O'Toole a entre autres dit qu'il aimerait voir le drapeau canadien, en berne depuis quelques mois pour marquer les découvertes de tombes anonymes sur les terrains des anciens pensionnats, hissé à nouveau le 30 septembre, pour souligner la Journée nationale pour la vérité et la réconciliation.

Avec les informations de La Presse canadienne

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